Le sos des sans-papiers algériens
par Beur / Beurette MaghrĂ©bine - Seddeya, mardi 1 juillet 2008 à 20:53 | Tribune Libre
Une ong française alerte le président Bouteflika
Le collectif français des travailleurs et travailleuses sans-papiers de lâassociation Droit devant ont saisi le prĂ©sident algĂ©rien Abdelaziz Bouteflika, le 25 juin, par lettre pour alerter les autoritĂ©s dâAlger sur la situation des travailleurs sans-papiers algĂ©riens en France. Les militants de ce collectif demandent au chef de lâEtat « que soit mis fin Ă la politique de dĂ©livrance des laissez-passer par les consulats algĂ©riens en France ».
Ce collectif interpelle Ă©galement M. Bouteflika pour que le gouvernement algĂ©rien intervienne auprĂšs de Paris pour lui demander de mettre fin Ă la « discrimination inacceptable », et ce, en procĂ©dant Ă la rĂ©gularisation de tous les travailleurs sans-papiers algĂ©riens en France. Concernant les laissez-passer dĂ©livrĂ©s par les consulats algĂ©riens, le collectif, coprĂ©sidĂ© par monseigneur Jacques Gaillot et le professeur Albert Jacquard, explique que lâadministration française doit disposer dâun document de voyage (passeport ou laissez-passer consulaire) pour pouvoir procĂ©der Ă une expulsion. Or, lit-on dans la lettre adressĂ©e Ă M. Bouteflika, « la plupart des sans-papiers Ă©tant dĂ©pourvus de passeport valide, lâadministration française se tourne donc quotidiennement vers les consulats algĂ©riens pour obtenir lesdits laissez-passer et, bien trop souvent, ces consulats accĂšdent aux demandes françaises. Chaque expulsion est un drame personnel, une vie brisĂ©e ».
« Câest aussi bien souvent une catastrophe pour la famille restĂ©e au pays qui jusque-lĂ bĂ©nĂ©ficiait de lâargent rapatriĂ©. Câest enfin un vĂ©ritable racket organisĂ© par lâEtat français, qui encaisse, aprĂšs les avoir expulsĂ©s, les cotisations sociales (maladie, chĂŽmage, retraite) versĂ©es par les travailleurs sans-papiers durant leur sĂ©jour en France », rappelle le collectif. Le prĂ©sident algĂ©rien est Ă©galement sensibilisĂ© par le collectif sur la volontĂ© de lâEtat français de ne pas rĂ©gulariser les travailleurs sans-papiers algĂ©riens. Pour rappel, la loi française du 20 novembre 2007 a introduit la possibilitĂ© de rĂ©gulariser des travailleurs et travailleuses sans-papiers sur la base de leurs fiches de paye ou dâune promesse dâembauche.
500 travailleurs ont pu bĂ©nĂ©ficier de cette disposition aprĂšs une grĂšve et une large mobilisation. Ce ne sera pas le cas pour les employĂ©s sans-papiers algĂ©riens puisque le gouvernement français invoque le fait que lâaccord franco-algĂ©rien du 27 dĂ©cembre 1968, qui rĂ©git la dĂ©livrance des titres de sĂ©jours aux AlgĂ©riens rĂ©sidant en France, ne prĂ©voit pas cette possibilitĂ© de rĂ©gularisation par le travail. « Il sâagit Ă lâĂ©vidence dâune dĂ©cision politique arbitraire, puisque lâadministration française dispose dâun pouvoir discrĂ©tionnaire en matiĂšre de rĂ©gularisation. Il y a donc manifestement une discrimination spĂ©cifique Ă lâencontre des travailleurs sans-papiers algĂ©riens », estiment les signataires de la lettre. « Nous savons les pressions intenses, politiques et Ă©conomiques, que le gouvernement français exerce pour imposer Ă tout prix sa politique ââdâimmigration choisieââ, qui sâinscrit dans la continuitĂ© du colonialisme. Refuser cette politique est une impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© pour ces milliers de citoyennes et citoyens algĂ©riens qui, au regard de lâhistoire, ont la lĂ©gitimitĂ© de vivre et travailler en France », ont conclu les militants du collectif français.
Par AdlĂšne Meddi
Source: El Watan
Le collectif français des travailleurs et travailleuses sans-papiers de lâassociation Droit devant ont saisi le prĂ©sident algĂ©rien Abdelaziz Bouteflika, le 25 juin, par lettre pour alerter les autoritĂ©s dâAlger sur la situation des travailleurs sans-papiers algĂ©riens en France. Les militants de ce collectif demandent au chef de lâEtat « que soit mis fin Ă la politique de dĂ©livrance des laissez-passer par les consulats algĂ©riens en France ».
Ce collectif interpelle Ă©galement M. Bouteflika pour que le gouvernement algĂ©rien intervienne auprĂšs de Paris pour lui demander de mettre fin Ă la « discrimination inacceptable », et ce, en procĂ©dant Ă la rĂ©gularisation de tous les travailleurs sans-papiers algĂ©riens en France. Concernant les laissez-passer dĂ©livrĂ©s par les consulats algĂ©riens, le collectif, coprĂ©sidĂ© par monseigneur Jacques Gaillot et le professeur Albert Jacquard, explique que lâadministration française doit disposer dâun document de voyage (passeport ou laissez-passer consulaire) pour pouvoir procĂ©der Ă une expulsion. Or, lit-on dans la lettre adressĂ©e Ă M. Bouteflika, « la plupart des sans-papiers Ă©tant dĂ©pourvus de passeport valide, lâadministration française se tourne donc quotidiennement vers les consulats algĂ©riens pour obtenir lesdits laissez-passer et, bien trop souvent, ces consulats accĂšdent aux demandes françaises. Chaque expulsion est un drame personnel, une vie brisĂ©e ».
« Câest aussi bien souvent une catastrophe pour la famille restĂ©e au pays qui jusque-lĂ bĂ©nĂ©ficiait de lâargent rapatriĂ©. Câest enfin un vĂ©ritable racket organisĂ© par lâEtat français, qui encaisse, aprĂšs les avoir expulsĂ©s, les cotisations sociales (maladie, chĂŽmage, retraite) versĂ©es par les travailleurs sans-papiers durant leur sĂ©jour en France », rappelle le collectif. Le prĂ©sident algĂ©rien est Ă©galement sensibilisĂ© par le collectif sur la volontĂ© de lâEtat français de ne pas rĂ©gulariser les travailleurs sans-papiers algĂ©riens. Pour rappel, la loi française du 20 novembre 2007 a introduit la possibilitĂ© de rĂ©gulariser des travailleurs et travailleuses sans-papiers sur la base de leurs fiches de paye ou dâune promesse dâembauche.
500 travailleurs ont pu bĂ©nĂ©ficier de cette disposition aprĂšs une grĂšve et une large mobilisation. Ce ne sera pas le cas pour les employĂ©s sans-papiers algĂ©riens puisque le gouvernement français invoque le fait que lâaccord franco-algĂ©rien du 27 dĂ©cembre 1968, qui rĂ©git la dĂ©livrance des titres de sĂ©jours aux AlgĂ©riens rĂ©sidant en France, ne prĂ©voit pas cette possibilitĂ© de rĂ©gularisation par le travail. « Il sâagit Ă lâĂ©vidence dâune dĂ©cision politique arbitraire, puisque lâadministration française dispose dâun pouvoir discrĂ©tionnaire en matiĂšre de rĂ©gularisation. Il y a donc manifestement une discrimination spĂ©cifique Ă lâencontre des travailleurs sans-papiers algĂ©riens », estiment les signataires de la lettre. « Nous savons les pressions intenses, politiques et Ă©conomiques, que le gouvernement français exerce pour imposer Ă tout prix sa politique ââdâimmigration choisieââ, qui sâinscrit dans la continuitĂ© du colonialisme. Refuser cette politique est une impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© pour ces milliers de citoyennes et citoyens algĂ©riens qui, au regard de lâhistoire, ont la lĂ©gitimitĂ© de vivre et travailler en France », ont conclu les militants du collectif français.
Par AdlĂšne Meddi
Source: El Watan
