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Le Projet Seddeya

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Champagne halal pour le ramadhan, n'importe quoi

Champagne Halal : 'la marque islam se vend bien'
Entretien avec la sociologue Florence Bergeaud-Blackler

En septembre prochain, le "Cham'Alal", un champagne sans alcool certifié Halal sera commercialisé en France et dans le monde à l'occasion du début du Ramadan. Florence Bergeaud-Blackler, sociologue spécialisée dans la consommation religieuse, analyse pour Saphirnews l'entrée d'un tel produit sur le marché français et son impact sur les français musulmans.


Saphirnews. : AprÚs la biÚre Halal, une société anglaise va lancer à la rentrée le champagne « Halal » sur le marché français, pensez-vous que le succÚs sera au rendez-vous ?
Florence Bergeaud-Blackler, sociologue à l'unité d'anthropologie de l'université d'Aix-Marseille.
Florence Bergeaud-Blackler, sociologue à l'unité d'anthropologie de l'université d'Aix-Marseille.
Florence Bergeaud-Blackler : Il est possible qu’un certain consumĂ©risme, motivĂ© avant tout par de la curiositĂ©, explique l’achat de champagne ‘halal’ sans alcool, mais je ne pense pas que ce sera un succĂšs massif pour des raisons qui tiennent Ă  la nature du champagne et Ă  son usage.
La garantie ‘halal’ n’est pas stable, les consommateurs ont depuis des annĂ©es des doutes sur la vĂ©racitĂ© des allĂ©gations halal. Commerce et religion ne font pas bon mĂ©nage dans les esprits. Le champagne halal serait certainement plus acceptable dans un contexte de confiance entre consommateurs et producteurs halal, ce qui n’est pas le cas en France jusqu’à aujourd’hui.
Ensuite il y a l’usage. Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisĂ© pour cĂ©lĂ©brer des Ă©vĂ©nements de façon ponctuelle. On peut penser que le champagne halal aurait son utilitĂ© pour permettre Ă  des individus musulmans de partager sur le mĂȘme lieu de convivialitĂ© avec des non- musulmans lors d’une fĂȘte ou d’une cĂ©lĂ©bration.
Mais on voit mal aujourd’hui l’usage de ce succĂ©danĂ© de champagne dans les familles lors de fĂȘtes religieuses musulmanes. Car le caractĂšre festif de la rupture du jeĂ»ne est trĂšs relatif en France et dans les pays Ă  minoritĂ©s musulmanes. Le champagne halal correspond peut-ĂȘtre Ă  une demande des pays musulmans oĂč le ramadan est obligatoire et oĂč l’aspect festif de la rupture du jeĂ»ne allĂšge un peu la pression sociale et les frustrations accumulĂ©es dans la journĂ©e, oĂč les valeurs occidentales parce que tenues Ă  distance ne sont pas perçues comme menaçantes, au moins pour les plus riches.
En France, le mois de ramadan est un temps communautaire, oĂč les liens se resserrent autour de la religion, oĂč il faut faire preuve d’endurance pour ne pas cĂ©der Ă  la tentation de boire ou de manger dans la journĂ©e, dans un cadre sĂ©cularisĂ© qui lĂ©gitimement ne fait pas de concession Ă  la religion. Je doute fort que le champagne halal, tout comme le foie gras halal soient invitĂ©s Ă  la table du ftour. Nous verrons bien cependant.

Les boissons sans alcool type jus de fruits ou sodas sont théoriquement Halal et offrent une grande variété de choix, pourquoi ce marché des imitations halal de boissons alcoolisées se développe t-il selon vous ?
F.B. : Depuis que le Halal business s’est globalisĂ©, c'est-Ă -dire une dizaine d’annĂ©es, l’industrie agro-alimentaire offre des versions halal de recettes de pays non musulmans vers les pays musulmans Ă  pouvoir d’achat Ă©levĂ©, les pays du Golfe en particulier. Elle se tourne Ă  prĂ©sent vers les minoritĂ©s religieuses de l’Europe occidentale, les troisiĂšmes gĂ©nĂ©rations qui ont un pouvoir d’achat relativement plus Ă©levĂ© que dans les pays d’origine. Il est Ă©vident que la rĂ©islamisation des enfants issus de l’immigration opĂ©rĂ©e dans les annĂ©es 90 - sans doute accĂ©lĂ©rĂ©e, voire exacerbĂ©e, par la mĂ©diatisation des attentats de New York, de Madrid et de Londres - favorisent la composante protestataire, identitaire, politique de l’Islam. Cela constitue une aubaine pour l’agro-alimentaire en constante recherche de niches. La marque « islam » se vend particuliĂšrement bien auprĂšs de ces populations, et cela sans coĂ»ts de communication. Ceux-ci sont pris en charge par l’actualitĂ© et surtout sa mĂ©diatisation. Cela est d’autant plus facile que cet islam identitaire, reflĂ©tant ou non une conviction religieuse, s’appuie sur un discours de rupture avec les cultures d’origine.
On peut ensuite s’interroger sur la stratĂ©gie marketing adoptĂ©e. Proposer du ZamZam cola, du Mecca- Cola est une chose, proposer un ersatz de boisson alcoolisĂ©e est autre chose qui va un peu plus loin. Je dirai que l’industrie agro-alimentaire est encore en phase d’exploration de ces nouveaux marchĂ©s, ce n’est pas sĂ»r qu’elle se lance dans une production massive, en Europe en tout cas.

Avoir sa coupe de champagne « halal » 
 n'est-ce pas une façon pour les musulmans de s'intĂ©grer Ă  la sociĂ©tĂ© et de ne pas se sentir « exclus » d'une fĂȘte ?
F.B. : Ne pas se sentir exclu, dans le sens oĂč quelqu’un Ă  penser Ă  votre particularitĂ© religieuse ? Vous restez quand mĂȘme quelqu’un de particulier, pas forcĂ©ment intĂ©grĂ©. En rĂ©alitĂ© cela pose plus de problĂšmes que cela n’en rĂ©sout, car pour ceux que l’alcool ne gĂȘnait pas, la pression va s’accroitre. Ils n’auront plus d’excuse puisqu’un produit halal sera prĂ©vu pour eux. Ce marchĂ© des produits islamiques cible la communautĂ© musulmane dans tous les domaines : la nourriture, l’habillement, le maquillage, la mĂ©decine. Il devient dĂšs lors de plus en plus difficile d’échapper aux normes qu’elles diffusent, et de plus en plus difficile de conserver une attitude personnelle vis-Ă -vis de sa religion, de vivre son islamitĂ© de façon intime, ce qui est pourtant l’attitude la plus adaptĂ©e dans notre sociĂ©tĂ© sĂ©cularisĂ©.
Je pense que ces logiques consumĂ©ristes vont Ă  l’encontre de l’effort nĂ©cessaire d’approfondissement du rapport au religieux qu’ont entrepris les musulmans dans un espace laĂŻc culturellement diffĂ©rent, et qui donnent parfois de beaux rĂ©sultats. Dans le livre « Self-islam » d’Abdennour Bidar, l'auteur montre que la communautĂ© musulmane de France a de prĂ©cieuses ressources du fait justement de la pluralitĂ© qui la compose. Il faut s’en fĂ©liciter et Ă©viter que cette diversitĂ©, cette richesse ne soient appauvries par le ritualisme imposĂ© par le marketing.
La question de l’exclusion est toute autre, et ne se rĂ©sout pas par l’imitation. Il est absurde de penser que l’on va s’intĂ©grer parce qu’on singe le dominant. Le marchĂ© ne travaille pas Ă  l’intĂ©gration, alterne homogĂ©nĂ©isation et diffĂ©renciation pour accroitre sa rentabilitĂ©, il fonctionne au contraire sur les principes de simplification, d’imitation, d’identification et d’exclusion.

Dans le cas d'un mariage entre musulmans par exemple, l'absence – officielle - de boissons alcoolisĂ©es ne semblait jusqu'alors ne pas poser problĂšme aux fidĂšles, l'introduction de « champagne halal » ne va-t-il pas ĂȘtre vĂ©cue par certains comme une imita
F.B. : Je crois que l’absence d’alcool n’est toujours pas un problĂšme. Je doute que ce champagne halal y change quoi que ce soit. Dans ce contexte, le champagne "Halal" sera perçu comme un dĂ©tournement et dans ce sens perçu comme illicite pour certains. Mais il ne faut sans doute pas gĂ©nĂ©raliser.

Selon vous, comment les français musulmans vont-ils accueillir ce nouveau produit ?
F.B. : Les plus pratiquants n’y verront certainement aucun intĂ©rĂȘt. Les autres, je dirai avec mĂ©fiance, avec curiositĂ©, mais pas avec enthousiasme, et permettez moi d’ajouter avec une certaine dĂ©ception pour ceux qui connaissent le champagne dans sa version traditionnelle


Le champagne halal ne risque t-il pas d'avoir plus de succÚs que la biÚre halal du fait de sa valeur ajoutée : il est synonyme de richesse, de luxe et donc d'une certaine classe sociale ?
F.B. : Dans un contexte musulman, oui trùs certainement ! Car le champagne sera comme ailleurs un symbole de distinction, mais ici, je crois que cela sera vu plutît comme de l’arrogance. Mais nous verrons bien !

Voir aussi :
[ Lancement du champagne Halal Ă  l'heure du Ramadan 2008]
[ Consommation halal : "un des marchés les plus prometteurs du monde"]


La HALDE sanctionne le jeu des 7 familles.

"Devant la réalité des nouvelles parentalités, les schémas normatifs ne sont plus à l'odre du jour, ils correspondent à des représentations rétrogrades qu'il convient d'éloigner des jeunes générations".

C'est par ces mots que la Haute AutoritĂ© de Lutte contre les Discriminations et pour l'ÉgalitĂ© (HALDE) a fait savoir que les traditionnels "jeux des sept familles" seraient bientĂŽt en voie d'interdiction, en tout cas sous cette forme.
En effet, le célÚbre jeu de société met en scÚne des couples et des filiations obligatoirement hétérosexuels, ce qui provoque la réprobation de Louis Schweitzer, président de la HALDE. "Les familles d'aujourd'hui ne ressemblent plus à cet antique modÚle ; si ce jeu devait continuer d'exister, alors il devrait prendre en compte la multimodalité de la famille moderne : couples homosexuels, concubins, familles multiculturelles, configurations polygames, etc., mais aussi couples sans descendance, adoptions, familles recomposées, et mÚres porteuses sont désormais la marque de notre identité sociétale, ce que nos enfants doivent intégrer dÚs la plus petite enfance, y compris par le biais du jeu".

Les fabricants ont jusqu'à 2010 pour proposer une nouvelle édition "plus citoyenne et plus représentative de la Diversité".

Discrimination Ă  l'embauche, encore une

La sociĂ©tĂ© Daytona, spĂ©cialisĂ©e dans la mise Ă  disposition d’hĂŽtesses de vente et de commerciaux pour de grandes marques comparaĂźtra Ă  Nanterre pour discrimination raciale et fichage ethnique de salariĂ©s.

1 pour les EuropĂ©ens blancs, 2 pour les MaghrĂ©bins, 3 pour les Noirs et 4 pour les Asiatiques, c’est sur la base de ce classement, dĂ©couvert par un collaborateur en 2002, que SOS Racisme s’est constituĂ©e partie civile dans cette affaire. L’association veut aussi voir Daytona condamnĂ©e pour avoir rĂ©percutĂ© sur son personnel les exigences “raciales” de ses clients. SOS Racisme affirme apporter la preuve de cette attitude discriminatoire par un document qui dĂ©taillait les critĂšres des hĂŽtesses permanentes. Outre les qualitĂ©s de “politesse et courtoisie” et de “physique agrĂ©able”, figurait la mention: “de nationalitĂ© française” et “pure white” (blanche pure).

(source)