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Algérie : Bac 2008, un trÚs bon cru

Plus de 50% des candidats inscrits ont obtenu leur diplĂŽme

Les rĂ©sultats du baccalaurĂ©at 2008 ont Ă©tĂ© « exceptionnels » en AlgĂ©rie. Cette performance peut ĂȘtre liĂ©e aux rĂ©formes engagĂ©es en 2003 dans l’Education nationale.

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Les États-Unis veulent sĂ©duire les banlieues françaises

Les États-Unis veulent sĂ©duire les banlieues françaises Version imprimable SuggĂ©rer par mail
Publié le 19 juillet 2008
Les États-Unis veulent sĂ©duire les banlieues françaises
Karim Zeribi, PS, Ă  la Maison Blanche
A
prĂšs avoir repĂ©rĂ© les leaders des minoritĂ©s noires et musulmanes, le dĂ©partement d'État leur finance des sĂ©jours pour les convertir aux valeurs amĂ©ricaines.

Il est loin, le temps oĂč «l'AmĂ©rique des ghettos» faisait figure de repoussoir en France. DĂ©sormais, les États-Unis exercent une vĂ©ritable fascination chez certains leaders des minoritĂ©s. Qui vont se former au lobbying communautaire outre-Atlantique, avec l'aide du dĂ©partement d'État amĂ©ricain. Blacks, Beurs, musulmans, la trentaine dynamique, ils sont dĂ©sormais les chouchous de l'ambassade amĂ©ricaine Ă  Paris, dĂšs lors qu'ils occupent une position d'influence dans la vie associative, les mĂ©dias ou la politique. Les attentats du 11 Septembre, tout comme les Ă©meutes qui ont embrasĂ© les banlieues françaises en 2005, ont cristallisĂ© la crainte de voir les fils d'immigrĂ©s se radicaliser. Depuis, le gouvernement des États-Unis cherche Ă  tisser des «liens Ă©troits avec les minoritĂ©s musulmanes en Europe».

Condoleezza Rice a spĂ©cialement confiĂ© cette mission Ă  Dan Fried lors de sa prise en main des affaires europĂ©ennes, en mai 2005. Ce dernier a concentrĂ© ses efforts sur la France, oĂč vit la plus forte proportion de musulmans. Il a rencontrĂ© en novembre dernier Ă  l'ambassade Ă  Paris une dĂ©lĂ©gation essentiellement composĂ©e de MaghrĂ©bins et de Noirs de France. Parmi eux, Ali LaĂŻdi, spĂ©cialiste du renseignement Ă©conomique et du terrorisme islamique Ă  l'Iris (Institut des relations internationales et stratĂ©giques), SaĂŻd Branine, directeur du site musulman oumma.com, HervĂ© Mbouguen, Ă©galement animateur d'un site Web, grioo.com, dĂ©diĂ© aux Noirs, Fayçal Douhane, du conseil national du Parti socialiste, en charge des questions de diversitĂ©. «Nous souhaitons mieux comprendre la situation des minoritĂ©s en France et les aider aussi», assure James Bullock, conseiller culturel Ă  l'ambassade.

 

«Le but n'est pas de convaincre, mais d'initier»

 

Pour cela, les AmĂ©ricains proposent leur modĂšle, celui de l'affirmative action (traduit par «discrimination positive» en français). Ils espĂšrent faire avancer, parmi les minoritĂ©s, «leur conception du monde. Ils croient qu'ils doivent Ă©clairer l'humanité», reconnaĂźt Amirouche LaĂŻdi, adjoint au maire UMP de Suresnes et prĂ©sident du club Averroes, qui promeut la diversitĂ© dans les mĂ©dias. En 2006, il a passĂ© trois semaines aux États-Unis, comme international visitors leadership, une des initiatives lancĂ©es dans le sillage du plan Marshall pour «rapprocher les peuples». À la demande du visiteur, un programme de rencontres et de visites d'au moins cinq États est Ă©tabli. Depuis les annĂ©es 1960, les États-Unis ont ainsi envoyĂ© 1 900 jeunes leaders français dĂ©couvrir leur pays. Ces derniĂšres annĂ©es, ils se sont concentrĂ©s sur les minoritĂ©s. «On cible des personnalitĂ©s qui ne connaissent pas l'AmĂ©rique. Le but n'est pas de convaincre, mais d'initier», assure James Bullock, qui a sĂ©lectionnĂ© des dizaines de leaders des pays arabes oĂč il exerçait avant d'ĂȘtre en poste Ă  Paris. «Cela n'en fait pas toujours des alliĂ©s, mais au moins nous pouvons parler le mĂȘme langage et c'est important dans les nĂ©gociations», reconnaĂźt-il. Certains organes de presse ont cru voir la main de la CIA, Ă  la recherche d'informateurs dans nos banlieues. En rĂ©alitĂ©, les agents amĂ©ricains ont bel et bien enquĂȘtĂ© en Europe ces derniĂšres annĂ©es pour mettre Ă  jour le profil des terroristes de l'Ancien Continent. Mais ces voyages relĂšvent de la politique classique menĂ©e par le dĂ©partement d'État, Ă  travers les ambassades, ou par des fondations privĂ©es.

Dans quelques jours, la prĂ©sidente de Ni putes ni soumises, Sihem Habchi, la prĂ©sidente d'un centre culturel islamique du Nord et peut-ĂȘtre un imam seront Ă  leur tour «initiĂ©s». Pour Ă©viter les mauvaises surprises, l'ambassade amĂ©ricaine a coutume de consulter le ministĂšre de l'IntĂ©rieur, qui valide, informellement, les candidats pressentis. Parmi eux, peu de leaders au profil religieux et beaucoup de responsables politiques comme Karim Zeribi, Ă©lu PS Ă  Marseille qui a fait le voyage en mai. AprĂšs trois semaines de rencontres avec des spĂ©cialistes de l'intĂ©gration ou de la lutte contre les discriminations, mais aussi des plongĂ©es dans les ghettos urbains, sans aucune censure, Karim Zeribi est revenu
 conquis. «J'avoue que j'ai changĂ© d'avis : d'autant que les fameux quotas ethniques, si dĂ©criĂ©s en France, n'existent plus vraiment aux USA. »AprĂšs dix Ă  quinze ans de politique coercitive de quotas, la diversitĂ© s'est, selon lui, installĂ©e, et l'affirmative action s'est assouplie. «Quand je regarde la Halde, chargĂ©e de promouvoir l'Ă©galitĂ© en France, sans compter le moindre reprĂ©sentant de la diversitĂ© dans la direction, je me rends compte que les grandes dĂ©clarations françaises sur l'Ă©galitĂ© rĂ©publicaine sont stĂ©riles», reprend cet ancien chevĂšnementiste, dĂ©sormais sĂ©duit par le «pragmatisme amĂ©ricain».

 

«J'ai appris Ă  ĂȘtre dĂ©complexé»

 

La victoire de Barack Obama finit d'emporter l'adhĂ©sion de l'Ă©lu socialiste : «C'est une sociĂ©tĂ© en mouvement.» Tandis que la France fait «la part belle aux conservateurs, de gauche comme de droite». DĂ©sormais, Karim Zeribi croit Ă  un «modĂšle intermĂ©diaire : il faut arrĂȘter de nier les communautĂ©s et plutĂŽt leur dire quelles sont les rĂšgles du jeu». ConcrĂštement, il accepte que l'on situe les individus en fonction de leur origine sociale, gĂ©ographique mais aussi d'une autodĂ©finition de leur couleur ou de leur origine. Une façon, dit-il, de «photographier la sociĂ©tĂ© française». Et d'y importer les mĂ©thodes amĂ©ricaines. La bataille des statistiques ethniques, qui ne fait que commencer en France, dispose maintenant de dĂ©fenseurs formĂ©s sur place. MĂȘme si nos Ă©lites françaises proposent toujours de l'accommoder Ă  la mode rĂ©publicaine.

Au sein du Club AverroĂšs, Amirouche LaĂŻdi a repris l'idĂ©e de comptabiliser les minoritĂ©s dans les mĂ©dias, comme le font tous les groupes de pression amĂ©ricains pour traquer les discriminations. «Mais nous faisons aussi du qualitatif : on ne s'intĂ©resse pas seulement aux chiffres, mais aux rĂŽles tenus par exemple.» Quelle que soit leur cause, les leaders issus de l'immigration en voyage aux States reviennent acquis aux politiques proactives, au lobbying : «J'ai empruntĂ© aux AmĂ©ricains leur façon de jouer un mĂ©dia contre l'autre, de montrer les bons Ă©lĂšves
 et de dĂ©signer les mauvais Ă  l'opinion», assure Amirouche LaĂŻdi. La mĂ©thode des classements s'avĂšre plus efficace que les dĂźners en ville.

La pression constante que maintient maintenant AverroĂšs porte, selon lui, ses fruits. Des prĂ©sentateurs connus et de couleur sont apparus sur les Ă©crans ces derniĂšres annĂ©es, tout comme des acteurs. Les États-Unis soutiennent et financent ces initiatives en France. «C'est le partenaire avec lequel je travaille le plus ici», dit simplement Amirouche LaĂŻdi. L'ambassade amĂ©ricaine a Ă©galement soutenu Olivier Laouchez dĂšs 2005, aprĂšs qu'il eut créé sa tĂ©lĂ©vision cĂąblĂ©e Trace, dĂ©diĂ© aux cultures urbaines et trĂšs marquĂ©e par la culture afro-amĂ©ricaine, notamment la musique. «En France, une grande banque m'a fait comprendre que je devais passer la main, si je voulais que Trace grandisse. Un Noir numĂ©ro 1, c'Ă©tait impossible. En revanche, une banque amĂ©ricaine me finance depuis le dĂ©but», raconte ce militant, qui ne voit que des avantages au systĂšme amĂ©ricain et plaide pour «des quotas de rattrapage Ă  la tĂ©lĂ©vision : car la France est l'un des pays les plus discriminants au monde».

Il loue Ă©galement l'intĂ©gration par les communautĂ©s religieuses ou associatives qu'il a observĂ©e lĂ -bas. «Il faut arrĂȘter l'hypocrisie : les communautĂ©s existent, mĂȘme en France. “Qui se ressemble s'assemble”.»

Statistiques ethniques, quotas, mais aussi actions en justice qui, mĂȘme dĂ©boutĂ©es, permettent d'intimider : les leaders militants de la cause noire en France s'inspirent aussi largement du mouvement amĂ©ricain. L'ambassade a jouĂ© les bons offices pour mettre en contact la plus vieille association noire amĂ©ricaine, NAACP, avec le Conseil reprĂ©sentatif des associations noires (Cran), naissant, en 2005. «Cela a Ă©tĂ© trĂšs important, quelqu'un croyait en nous alors que les Noirs eux-mĂȘmes doutaient», raconte Georges-Louis Tin, fondateur du Cran, qui s'Ă©tait dĂ©jĂ  initiĂ© Ă  l'activisme anglo-saxon autour de la cause homosexuelle. «J'ai appris Ă  ĂȘtre dĂ©complexĂ© sur les questions de genre et de race.» Tandis que les institutions françaises ont longtemps mĂ©prisĂ© ces lobbies naissants, les AmĂ©ricains les soutiennent clairement et mettent Ă  disposition un rĂ©seau et un savoir-faire. L'AmĂ©rique est en passe de retrouver son aura. À une rĂ©serve prĂšs : la brutalitĂ© d'une sociĂ©tĂ© sans filet social, que tous les leaders hexagonaux refusent
 en bons Français.


Source


Champagne halal pour le ramadhan, n'importe quoi

Champagne Halal : 'la marque islam se vend bien'
Entretien avec la sociologue Florence Bergeaud-Blackler

En septembre prochain, le "Cham'Alal", un champagne sans alcool certifié Halal sera commercialisé en France et dans le monde à l'occasion du début du Ramadan. Florence Bergeaud-Blackler, sociologue spécialisée dans la consommation religieuse, analyse pour Saphirnews l'entrée d'un tel produit sur le marché français et son impact sur les français musulmans.


Saphirnews. : AprÚs la biÚre Halal, une société anglaise va lancer à la rentrée le champagne « Halal » sur le marché français, pensez-vous que le succÚs sera au rendez-vous ?
Florence Bergeaud-Blackler, sociologue à l'unité d'anthropologie de l'université d'Aix-Marseille.
Florence Bergeaud-Blackler, sociologue à l'unité d'anthropologie de l'université d'Aix-Marseille.
Florence Bergeaud-Blackler : Il est possible qu’un certain consumĂ©risme, motivĂ© avant tout par de la curiositĂ©, explique l’achat de champagne ‘halal’ sans alcool, mais je ne pense pas que ce sera un succĂšs massif pour des raisons qui tiennent Ă  la nature du champagne et Ă  son usage.
La garantie ‘halal’ n’est pas stable, les consommateurs ont depuis des annĂ©es des doutes sur la vĂ©racitĂ© des allĂ©gations halal. Commerce et religion ne font pas bon mĂ©nage dans les esprits. Le champagne halal serait certainement plus acceptable dans un contexte de confiance entre consommateurs et producteurs halal, ce qui n’est pas le cas en France jusqu’à aujourd’hui.
Ensuite il y a l’usage. Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisĂ© pour cĂ©lĂ©brer des Ă©vĂ©nements de façon ponctuelle. On peut penser que le champagne halal aurait son utilitĂ© pour permettre Ă  des individus musulmans de partager sur le mĂȘme lieu de convivialitĂ© avec des non- musulmans lors d’une fĂȘte ou d’une cĂ©lĂ©bration.
Mais on voit mal aujourd’hui l’usage de ce succĂ©danĂ© de champagne dans les familles lors de fĂȘtes religieuses musulmanes. Car le caractĂšre festif de la rupture du jeĂ»ne est trĂšs relatif en France et dans les pays Ă  minoritĂ©s musulmanes. Le champagne halal correspond peut-ĂȘtre Ă  une demande des pays musulmans oĂč le ramadan est obligatoire et oĂč l’aspect festif de la rupture du jeĂ»ne allĂšge un peu la pression sociale et les frustrations accumulĂ©es dans la journĂ©e, oĂč les valeurs occidentales parce que tenues Ă  distance ne sont pas perçues comme menaçantes, au moins pour les plus riches.
En France, le mois de ramadan est un temps communautaire, oĂč les liens se resserrent autour de la religion, oĂč il faut faire preuve d’endurance pour ne pas cĂ©der Ă  la tentation de boire ou de manger dans la journĂ©e, dans un cadre sĂ©cularisĂ© qui lĂ©gitimement ne fait pas de concession Ă  la religion. Je doute fort que le champagne halal, tout comme le foie gras halal soient invitĂ©s Ă  la table du ftour. Nous verrons bien cependant.

Les boissons sans alcool type jus de fruits ou sodas sont théoriquement Halal et offrent une grande variété de choix, pourquoi ce marché des imitations halal de boissons alcoolisées se développe t-il selon vous ?
F.B. : Depuis que le Halal business s’est globalisĂ©, c'est-Ă -dire une dizaine d’annĂ©es, l’industrie agro-alimentaire offre des versions halal de recettes de pays non musulmans vers les pays musulmans Ă  pouvoir d’achat Ă©levĂ©, les pays du Golfe en particulier. Elle se tourne Ă  prĂ©sent vers les minoritĂ©s religieuses de l’Europe occidentale, les troisiĂšmes gĂ©nĂ©rations qui ont un pouvoir d’achat relativement plus Ă©levĂ© que dans les pays d’origine. Il est Ă©vident que la rĂ©islamisation des enfants issus de l’immigration opĂ©rĂ©e dans les annĂ©es 90 - sans doute accĂ©lĂ©rĂ©e, voire exacerbĂ©e, par la mĂ©diatisation des attentats de New York, de Madrid et de Londres - favorisent la composante protestataire, identitaire, politique de l’Islam. Cela constitue une aubaine pour l’agro-alimentaire en constante recherche de niches. La marque « islam » se vend particuliĂšrement bien auprĂšs de ces populations, et cela sans coĂ»ts de communication. Ceux-ci sont pris en charge par l’actualitĂ© et surtout sa mĂ©diatisation. Cela est d’autant plus facile que cet islam identitaire, reflĂ©tant ou non une conviction religieuse, s’appuie sur un discours de rupture avec les cultures d’origine.
On peut ensuite s’interroger sur la stratĂ©gie marketing adoptĂ©e. Proposer du ZamZam cola, du Mecca- Cola est une chose, proposer un ersatz de boisson alcoolisĂ©e est autre chose qui va un peu plus loin. Je dirai que l’industrie agro-alimentaire est encore en phase d’exploration de ces nouveaux marchĂ©s, ce n’est pas sĂ»r qu’elle se lance dans une production massive, en Europe en tout cas.

Avoir sa coupe de champagne « halal » 
 n'est-ce pas une façon pour les musulmans de s'intĂ©grer Ă  la sociĂ©tĂ© et de ne pas se sentir « exclus » d'une fĂȘte ?
F.B. : Ne pas se sentir exclu, dans le sens oĂč quelqu’un Ă  penser Ă  votre particularitĂ© religieuse ? Vous restez quand mĂȘme quelqu’un de particulier, pas forcĂ©ment intĂ©grĂ©. En rĂ©alitĂ© cela pose plus de problĂšmes que cela n’en rĂ©sout, car pour ceux que l’alcool ne gĂȘnait pas, la pression va s’accroitre. Ils n’auront plus d’excuse puisqu’un produit halal sera prĂ©vu pour eux. Ce marchĂ© des produits islamiques cible la communautĂ© musulmane dans tous les domaines : la nourriture, l’habillement, le maquillage, la mĂ©decine. Il devient dĂšs lors de plus en plus difficile d’échapper aux normes qu’elles diffusent, et de plus en plus difficile de conserver une attitude personnelle vis-Ă -vis de sa religion, de vivre son islamitĂ© de façon intime, ce qui est pourtant l’attitude la plus adaptĂ©e dans notre sociĂ©tĂ© sĂ©cularisĂ©.
Je pense que ces logiques consumĂ©ristes vont Ă  l’encontre de l’effort nĂ©cessaire d’approfondissement du rapport au religieux qu’ont entrepris les musulmans dans un espace laĂŻc culturellement diffĂ©rent, et qui donnent parfois de beaux rĂ©sultats. Dans le livre « Self-islam » d’Abdennour Bidar, l'auteur montre que la communautĂ© musulmane de France a de prĂ©cieuses ressources du fait justement de la pluralitĂ© qui la compose. Il faut s’en fĂ©liciter et Ă©viter que cette diversitĂ©, cette richesse ne soient appauvries par le ritualisme imposĂ© par le marketing.
La question de l’exclusion est toute autre, et ne se rĂ©sout pas par l’imitation. Il est absurde de penser que l’on va s’intĂ©grer parce qu’on singe le dominant. Le marchĂ© ne travaille pas Ă  l’intĂ©gration, alterne homogĂ©nĂ©isation et diffĂ©renciation pour accroitre sa rentabilitĂ©, il fonctionne au contraire sur les principes de simplification, d’imitation, d’identification et d’exclusion.

Dans le cas d'un mariage entre musulmans par exemple, l'absence – officielle - de boissons alcoolisĂ©es ne semblait jusqu'alors ne pas poser problĂšme aux fidĂšles, l'introduction de « champagne halal » ne va-t-il pas ĂȘtre vĂ©cue par certains comme une imita
F.B. : Je crois que l’absence d’alcool n’est toujours pas un problĂšme. Je doute que ce champagne halal y change quoi que ce soit. Dans ce contexte, le champagne "Halal" sera perçu comme un dĂ©tournement et dans ce sens perçu comme illicite pour certains. Mais il ne faut sans doute pas gĂ©nĂ©raliser.

Selon vous, comment les français musulmans vont-ils accueillir ce nouveau produit ?
F.B. : Les plus pratiquants n’y verront certainement aucun intĂ©rĂȘt. Les autres, je dirai avec mĂ©fiance, avec curiositĂ©, mais pas avec enthousiasme, et permettez moi d’ajouter avec une certaine dĂ©ception pour ceux qui connaissent le champagne dans sa version traditionnelle


Le champagne halal ne risque t-il pas d'avoir plus de succÚs que la biÚre halal du fait de sa valeur ajoutée : il est synonyme de richesse, de luxe et donc d'une certaine classe sociale ?
F.B. : Dans un contexte musulman, oui trùs certainement ! Car le champagne sera comme ailleurs un symbole de distinction, mais ici, je crois que cela sera vu plutît comme de l’arrogance. Mais nous verrons bien !

Voir aussi :
[ Lancement du champagne Halal Ă  l'heure du Ramadan 2008]
[ Consommation halal : "un des marchés les plus prometteurs du monde"]


La HALDE sanctionne le jeu des 7 familles.

"Devant la réalité des nouvelles parentalités, les schémas normatifs ne sont plus à l'odre du jour, ils correspondent à des représentations rétrogrades qu'il convient d'éloigner des jeunes générations".

C'est par ces mots que la Haute AutoritĂ© de Lutte contre les Discriminations et pour l'ÉgalitĂ© (HALDE) a fait savoir que les traditionnels "jeux des sept familles" seraient bientĂŽt en voie d'interdiction, en tout cas sous cette forme.
En effet, le célÚbre jeu de société met en scÚne des couples et des filiations obligatoirement hétérosexuels, ce qui provoque la réprobation de Louis Schweitzer, président de la HALDE. "Les familles d'aujourd'hui ne ressemblent plus à cet antique modÚle ; si ce jeu devait continuer d'exister, alors il devrait prendre en compte la multimodalité de la famille moderne : couples homosexuels, concubins, familles multiculturelles, configurations polygames, etc., mais aussi couples sans descendance, adoptions, familles recomposées, et mÚres porteuses sont désormais la marque de notre identité sociétale, ce que nos enfants doivent intégrer dÚs la plus petite enfance, y compris par le biais du jeu".

Les fabricants ont jusqu'à 2010 pour proposer une nouvelle édition "plus citoyenne et plus représentative de la Diversité".

Discrimination Ă  l'embauche, encore une

La sociĂ©tĂ© Daytona, spĂ©cialisĂ©e dans la mise Ă  disposition d’hĂŽtesses de vente et de commerciaux pour de grandes marques comparaĂźtra Ă  Nanterre pour discrimination raciale et fichage ethnique de salariĂ©s.

1 pour les EuropĂ©ens blancs, 2 pour les MaghrĂ©bins, 3 pour les Noirs et 4 pour les Asiatiques, c’est sur la base de ce classement, dĂ©couvert par un collaborateur en 2002, que SOS Racisme s’est constituĂ©e partie civile dans cette affaire. L’association veut aussi voir Daytona condamnĂ©e pour avoir rĂ©percutĂ© sur son personnel les exigences “raciales” de ses clients. SOS Racisme affirme apporter la preuve de cette attitude discriminatoire par un document qui dĂ©taillait les critĂšres des hĂŽtesses permanentes. Outre les qualitĂ©s de “politesse et courtoisie” et de “physique agrĂ©able”, figurait la mention: “de nationalitĂ© française” et “pure white” (blanche pure).

(source)


"Beurisme" et médiocrité raciste franco-maghrébine

"Beurisme" et médiocrité raciste franco-maghrébine

par antiphoiĂȘ, le 19/03/2007

 

Salam Ô'Aleïkoom!


Ces temps ci, j'entends beaucoup de discours type du beur colonisé d'esprit qui ne sait que dire "mirci! mirci!" a la France et a la "Démagocratie". Ca devient plus que accablant.

MĂȘme des maghrĂ©bins qui se prĂ©tende "libĂ©rĂ©" usent de la rhĂ©torique populaire selon laquelle les arabes banlieusards sont des mĂ©chants congĂ©nitaux et qui faudrait les recadrer avec violence, d'ou le discours sarkozyste consensuel.

Le problÚme chez les maghrébins, a majorité berbÚre d'origine montagnard n'ayant pas eu une éducation solide, c'est juste l'éducation et que l'éducation mais il se peut qu'il y est des exemples qui échappe a la rÚgle mais trés peu.

Il y a un facteur psychotique de colonialisibité trés important. On étiquette a tort "arabes voleurs" ou "arabes violents" ceci est une variante des stéréotypes francais fanatiquement anti-arabe qui trouve ses sources depuis la propagande de la pseudo-victoire de Charles Martel sur les sarrazins. Ce débat médiocre et plat est strictement franco-francais, au contraire dans les pays anglo-saxons, la diaspora arabe du Moyen-Orient (Liban, Syrie, Egypte...) est trés dynamique et surtout fait partie d'une couche sociale et intellectuelle trés haute, aux USA a part les teroristes du 11 septembre, les arabes sont quasi inconnu dans les prisons, résérvés aux noirs et aux latinos, les moyen-Orientaux font partie de la haute société.

Les "beurs" , les "beurettes" et autres nullitĂ©s franco-beuresque sont un cahin-caca identitaire strictement français, encore une mĂ©diocritĂ© bien française...Quand je voit comme je le mentionnait plus haut les diasporas arabes, libanaises, Egyptiennes, faire leurs places dans les pays anglo-saxons, les arabes Orientaux sont loin de ces broutilles cacaboudesque a la francaise, ils se moquerait bien de ces petites guĂ©guerre mouloudienne marocco-algĂ©rienne, sans parler de cette frontiĂšre imaginaire tracĂ© par le "beur" pseudo-integrĂ© dans le moule laÎciste et qui ne veut pas partager son privilĂšge avec le "blĂ©dard" immigrĂ© post-mittĂ©randien qui sent pas bon et qui fait rappeler honteusement au "beur intĂ©grĂ©" ses origines campagnardes.

Le "blĂ©dard" est le mirroir horrible que le "beur intĂ©grĂ©" veut a tout prix brisĂ© pour plaire au de paternis "gaulois", mais le "gaulois" ne fait pas dans l'anthropologie maghrĂ©bine appliquĂ©. Pour lui il y a l'autre, le barbare de Rome adaptĂ© a Paris-intra muros, blĂ©dard-beur, il n'en a cure ce n'est qu'un subterfuge inter-maghrĂ©bin, mĂȘme si le beur intĂ©grĂ© s'achĂšte du gel a prix d'or pour aplatir sa chevelure crĂ©pue, le fashion Victim "gaulois" daignera accepter le "beur intĂ©grĂ©" que si l'allĂ©geance est significative.

Racisme ordinaire, bien francais, décaféiné...

La "beurette intĂ©grĂ©e" dans tout ca fera tout pour ĂȘtre "intĂ©grĂ©" mĂȘme a servir d'objet exotique pour son patron, voir Rachida dati la sarkozyste ou les ni putes ni soumises, la "beurette intĂ©grĂ©" devra satisfaire les dĂ©sirs saugrenues du "Gaulois" quelques danses orientales et quelques couscous pour courroner le tout, et voila notre "beurette intĂ©grĂ©" acceptĂ© dans la rĂ©publique, on pleurera son "sacrifice" et sa "libĂ©ration" du joug paternel et islamo-oppressif.Ca mĂ©ritera quelque larme de croodile. Je conseille a tous d'Ă©viter la France, MĂ©diocritĂ©, nĂ©o-colonialisme prĂ©sent dans tous les esprits, petites panoplies et petites blagues populaires dans les bistrots "Eh Rachida! kwa! kwa!" au boulot avec quelques franchouillards mĂ©ditatif "toujours en retard le bougnoule!".

Un conseil a mes amis marocains, algériens et Tunisiens: Evitez la france et son fanatisme anti-arabe excité ces temps ci par l'Hongrois Sàrkozy.

Patientez mes chers frĂšres! Je vous conseille inutilement, car vous n'ĂȘtes plus dupe, de stimuler toute votre matiĂšre grise au Canada ou en Angleterre, dans ces pays la mes frĂšres, si votre anglais et chĂątiĂ© d'accent Kabyle ou Marrakchi ils ne se foutrons pas de votre gueule au contraire ils chercheront en a connaitre sur vous, SabrĂ»! Patientez mes frĂšres de France qui vous faites humiliez et avilir a chaque fois que vous essayez de parler le Francais avec votre accent exotique. Le jour ou nos dictateurs tomberont on pourra tous revenir pour crĂ©er une nouvele Bayt-Al-Hikma et Ă©lever Baghdad au rang de CitĂ© du savoir et des sciences! CE jour la viendra!

salam

Reconnaissance identitaire ou caractĂšre ethnocentrique?

Jusqu'oĂč peut-on fĂ©dĂ©rer afin de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts d'une communautĂ©?

C'est la question qui se pose actuellement au Maroc suite à la décision de la Cour administrative de Rabat de dissoudre le Parti Démocrate Amazigh marocain (PDAM) jeudi dernier.

Cette décision s'appuie sur la loi marocaine qui interdit tout parti politique fondé sur des critÚres ethnique ou linguistique.

Et c'est précisément là que se situe le problÚme pour le PDAM. En effet, cette formation défend la reconnaissance identitaire et statutaire berbÚre au Maroc qu'elle estime représenter 50% à 60% de la population marocaine.

S'il est vrai que de nombreux exemples passés montre qu'il n'est jamais bon de cloisonner des groupes ethniques (surtout au niveau politique), il n'en reste pas moins que la défense et la reconnaissance des communautés est un sujet qu'on ne peut éviter.

Or c'est bien la politique qui permet de régir les statuts et les droits de la population. Alors comment agir dans ces conditions?

Le débat du bien-fondé de la dissolution du PDAM n'est pas le sujet qui m'intéresse ici. Toutefois, c'est un exemple qui soulÚve surtout une question de fond supplémentaire.

Finalement, n'y-a-t-il pas un amalgame entre le repli sur un groupe ethnique ou linguistique et la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts d'une communautĂ©?

Jusqu'oĂč peut-on aller, d'un point de vue politique, pour dĂ©fendre une communautĂ© sans apparaĂźtre comme une menace ethnocentrique?

Et d'ailleurs, a-t-on jamais eu la réponse à cette question?

Les Collabeurs

Bonjour Ă  tous,

Un article caustique de l'excellent Marc-Edouard Nabe, à lire et à relire. Le ton est démentiel et le diagnostic imparable... Délectez-vous.

Source: "J'enfonce le Clou", Editions Le Rocher, 2004.

 

LES COLLABEURS

J'en veux Ă  ces «Arabes» français (c'est «Arabes» qu'il faut mettre entre guillemets, pas «français» !) qui pourraient ouvrir leur gueule et qui la ferment. Plus ces lĂąches, colonisĂ©s dans l'Ăąme au point de se laisser traiter de «beurs», sont connus, plus ils se taisent. Ils Ă©coutent sans sourciller — et quelquefois sans moustacher – leurs patrons rĂ©pĂ©ter que les attentats en Irak et en Palestine sont inspirĂ©s par la haine reli­gieuse pour l'Occident, que ce sont les Musulmans d'abord qui en font les frais et en particulier les femmes, et autres conneries dĂ©magocratiques... Les Arabes intĂ©grĂ©s sont des esclaves volontaires qui participent Ă  l'entreprise industrielle de dĂ©sislamisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Moins de Coran et repli identi­taire sur des traditions injustifiĂ©es. VoilĂ  pourquoi je les appelle dĂ©sormais des Collabeurs.

    Les Arabes, les Français ne les emploient que pour dire du mal de leurs frĂšres. C'est le seul boulot au fond qu'on daigne leur trouver. Faire de la propagande contre les Musulmans. Chacun Ă  son niveau y va de sa petite dĂ©solidarisation. Avant, on exploitait les Arabes en leur mettant un marteau-piqueur entre les mains pour qu'ils dĂ©foncent la chaussĂ©e. Maintenant, ils doivent eux-mĂȘmes ĂȘtre les marteaux-piqueurs qui dĂ©foncent l'islam vĂ©ritable. C'est toujours de la main-d'oeuvre, ni plus ni moins. Quel que soit le statut social auquel on fait semblant de le laisser accĂ©der, l'Arabe le plus lettrĂ©, le plus professoral, le plus universitaire, se retrouve au service du LaĂŻc.

Non seulement ils sont collabos, mais ils vantent les mĂ©rites de la collaboration, ils savent trĂšs bien que sans ça ils resteraient de pauvres Arabes humiliĂ©s. Ils prĂ©fĂšrent devenir de riches Arabes humiliants. Et puis. sr «engagement» pour la «Paix» dans ce qu'ils osent encore appeler la «Palestine» est un gage de plus de leur succĂšs. Plus ils comprendront IsraĂ«l, moins IsraĂ«l les prendra pour des cons. L'essentiel est qu'ils crachent dans le bouillon du couscous. Alors, ils seront sĂ»rs de conti­nuer Ă  casser la graine. Les collabeurs ont tous tellement peur de perdre leur place ! Au moins, qu'ils expliquent pourquoi dire certaines choses les priverait de leur boulot... MĂȘme pas.

On l'a bien vu dans l'affaire DieudonnĂ©. Seuls les plus naĂŻfs ont avouĂ© que ce serait dangereux pour leur carriĂšre de sou-tenir le Camerounais antisioniste. Le voilĂ , l'antisĂ©mitisme inconscient qui passe aux aveux. Si on pense que ne pas se dĂ©marquer de quelqu'un qui est accusĂ© d'ĂȘtre antisĂ©mite est prĂ©judiciable Ă  son emploi dans le show-biz, c'est qu'on admet que ce show-biz est dirigĂ© par des gens qui voient de l'antisĂ©mitisme partout. Les collabeurs rĂ©vĂšlent sans le vouloir le fond de leur pensĂ©e qui n'est autre que le fameux clichĂ© qu'ils font semblant de pourfendre et qu'ils alimentent par leur autocensure: ce sont les Juifs qui dirigent le show-business et tout le monde dĂ©pend d'eux. Les requins ricanent. Je suis persuadĂ© que les plus malins des producteurs prĂ©fĂšrent encore DieudonnĂ© et sa grande gueule aux faux culs qui se dĂ©solidarisent de lui par peur de per ' e leur croĂ»te

Dans le spectacle, il y en a un paquet de collabeurs à avoir désavoué leur camarade ! Fellag par exemple, le drolatique Kabyle a joué au dernier des chameaux en reprochant à Dieudonné d'avoir «dépassé la limite». Evidemment, pour lui c'est facile de faire marrer en racontant des histoires algériennes, bien dégagé et pas seulement derriÚre les oreilles, dans de petits spectacles plus tendres que cruels.

Et le petit nouveau Tomer Sisley qui estime qu'« on ne peut pas rire de tout». Lui ne prend aucun risque, il arrive sur scĂšne et d'emblĂ©e il dit: «Je suis juif et arabe.» Il est le seul – avec ceux qui ne sont pas arabes – Ă  trouver ça drĂŽle. Tout va bien pour lui, qu'est-ce qu'il y a de marrant ? Vrai ou faux, le doute subsiste et il en bĂ©nĂ©ficie pour faire passer son mes-sage de «rigolo» qui fait semblant de ne pas comprendre pourquoi il peut tout dire dĂ©sormais. A lui on ne reproche pas de faire des sketches pas drĂŽles.

    Dans le genre «intello», il y a aussi Malek Chebel avec sa tĂȘte de cocu du Coran ! Il n'arrĂȘte pas de dire «merci, merci» aux Occidentaux qui daignent l'accepter dans leur clan en tant que traĂźtre absolu, multipliant les manifestes et les dic­tionnaires sur un islam aseptisĂ© et intĂ©grationniste. Chebel se dit «radical de la modĂ©ration », un «prof beur» qui est pour la «concorde»! Malek Chebel qui prĂŽne l'« islam des LumiĂšres» ! BientĂŽt, il va nous dire que la RĂ©volution fran­çaise Ă©tait avant tout islamique, islamique modĂ©rĂ©e bien sĂ»r. Ce collabeur se rĂ©jouit que des imams soient expulsĂ©s et attend que l'État et les intellectuels se soudent davantage pour combattre les extrĂ©mistes de son pays ! On rĂȘve ! C'est les mille et une saloperies !

Super-collabeurs Ă©galement, les commentateurs professionnels des problĂšmes du Proche-Orient... Grandes gueules de l'antiterrorisme ! Tous ces spĂ©cialistes qui ne voyagent jamais ! «C'est tout Ă  fait symptomatique de ce qui se passe dans la rĂ©gion», disent-ils. On en voit tous les jours dans l'Ă©mission C dans l'air, la bien nommĂ©e, oĂč toujours les mĂȘmes thĂ©ori­ciens du carnage viennent faire du catastrophisme sans jamais prendre parti. À cĂŽtĂ© d'une barbouze toujours habillĂ© en Jacquard, il y a deux anciens des forces libanaises: un Ă  fine moustache trĂšs serveur de soupe, et surtout un autre Ă  proverbes avec une gueule de traviole. Sa bouche, Ă  force de se tordre pour mentir, va finir par passer de l'autre cĂŽtĂ© de sa tĂȘte et se retrouver sur sa nuque ! Ça lui donne un air dĂ©goĂ»tĂ©, mais c'est lui qui est dĂ©goĂ»tant... Lorsqu'ils ne se gourent pas sur les Ă©vĂ©nements, ces deux-lĂ  noircissent le tableau face Ă  un Yves Calvi dont le boulot est de s'Ă©bahir devant l'actualitĂ© et de traduire en langage journalistique leurs topos erronĂ©s ! Gueule-Tordue est d'autant plus «collabeur» qu'il n'est pas «beur»! Il dit toujours aux Blancs : «excusez-moi», ce qui veut dire: «Pardon, mes frĂšres arabes.»

Mais le pire de tous, c'est Mohamed Sifaoui, dĂ©lateur pro­fessionnel, taupe des occidentalistes, mouchard dans l'Ăąme, infiltreur corrompu qui se fait passer pour un hĂ©ros parce qu'il traite Bush, Sharon et Ben Laden de «fascistes»... EmployĂ© du pire journalisme, faux cul absolu, il espionne les imams avec des camĂ©ras cachĂ©es. Sifaoui se prĂ©sente comme enquĂȘteur «au pĂ©ril de sa vie» et les mĂ©dias le reçoivent les larmes aux yeux et les paumes pleines d'applaudissements. Il faudrait rĂ©curer ses casseroles Ă  celui-lĂ  aussi, parce qu'il doit en avoir de belles Ă  son cul !

    Les collabeurs sont prĂȘts Ă  tout pour entrer dans le cĂ©nacle mĂ©diatico-politique, car ils adorent la politique. Il n'y a pas que Malek Boutih le Tom Pousse-au-crime, celui que tous les banlieusards appellent «Malek Bounty» (noir dehors et blanc dedans). Il y a aussi sa «soeur» Loubdna MĂ©liane, l'hĂ©roĂŻne de «Ni Putes Ni Soumises», un titre de film non porno Ă©rigĂ© en slogan fĂ©ministo-laĂŻc. «Ni Putes Ni Soumises» devait forcĂ©-ment s'associer Ă  SOS Racisme et Ă  Fun Radio. Ni Putes Ni Soumises ! Quand on s'intĂ©resse un peu Ă  la dĂ©nĂ©gation on sait ce que ça veut dire. Ça veut dire putes et soumises bien sĂ»r. Attention, pas «putes» au sens des Putains, arabes ou pas, qui se prostituent, avec ou sans mac, pour plein de raisons que les «Ni Putes Ni Soumises» ignorent et mĂ©prisent. Non, pute, au sens de «faire la pute» pour obtenir ce qu'elles veulent. Les Putes sont des putes comme on est Ă©crivain ou musicien de jazz, mais les «Ni Putes Ni Soumises» font les putes, nuance.

Ce mouvement est une insulte aux grandes Putains et aussi l'aveu que ces petites mijaurĂ©es du parti socialiste, en mal de reconnaissance mĂ©diatique, sont totalement soumises, et plus encore, se servent de quelques exemples de malheureuses filles arabes persĂ©cutĂ©es par leur frĂšre ou leur pĂšre ignorants pour avoir un bon prĂ©texte de bouffer enfin Ă  tous les rĂąteliers. La petite MĂ©liane elle aussi veut sa part de gĂąteau. Collabeurette, elle dĂ©teste au fond toute forme de rĂ©volte, surtout si celle-ci prend l'aspect d'un voile. N'est-elle ni intelligente ni courageuse pour comprendre et dire que la plupart des filles musulmanes le portent non pas par obscurantisme, mais par signe ostenta­toire d'indignation contre la «modernité» occidentale? Elles se radicalisent par provocation et goĂ»t enfantin de la libertĂ© contre leurs parents adeptes, par intĂ©rĂȘt, d'un islam soluble dans la pseudo-dĂ©mocratie Ă  l'occidentale : c'est ça la vĂ©ritĂ©.

Les «Ni Putes Ni Soumises », il faut voir leur comitĂ© de parrainage : les «intellos» les plus corrompus de ces vingt der­niĂšres annĂ©es, la brochette de connards du monde «libre». Loubna MĂ©liane, aussi vicieuse-prĂ©sidente de SOS Racisme, c'est la fille des citĂ©s, «française avant tout», et qui dĂ©teste qu'on lui rappelle ses origines, mais qui a fait tout son beurre (sans jeu de mots) sur elles. Elle veut ĂȘtre le nouveau visage souriant de l'intĂ©gration militante ! Elle est surtout mĂ©diatisĂ©e parce que c'est une «bonne cliente» depuis le lycĂ©e : elle a du bagout, la MĂ©liane !

C'est le grand truc des collabeurs, ça: la parlotte creuse. Ils enfilent des phrases longues et «en colĂšre» pour faire croire qu'ils ont quelque chose Ă  dire. Et quelle putasserie ! Dans le genre grande gueule qui vend bien sa salade, le petit Rachid DjaĂŻdani tient le pompon. Quel dĂ©mago culottĂ© ! Ce «bon client» squatte tout ce qu'il peut comme talk-show, jusqu'Ă  gĂȘner les plus chevronnĂ©s mĂ©diateux qui ne peuvent pas le foutre Ă  la porte sans risquer de passer pour anti-beurs. Rachid, qui se veut «écrivain» et non rappeur, balance sa vibes en free style pour mieux pleurnicher de n'ĂȘtre pas encore assez vite une vedette du show-biz... Le complexe des Blancs est tel qu'ils le laissent faire, alors qu'ils pensent que DjaĂŻdani n'est qu'une petite frappe de plus aux dents longues et aux couilles pas encore sorties. Parfait beubeur pour donner l'illusion d'une rĂ©volte arabe Ă  des assemblĂ©es d'antiracistes profession­nels. Son discours Ă  ses «frĂšres», c'est: «Existez, et la tĂ©lĂ© vous fera vivre ! »

Joli programme rĂ©volutionnaire ! Ah, ils sont tous Ă©coeurants. Il n'y a guĂšre que Djamel Bouras peut-ĂȘtre, le judoka chaoui, qui ose un peu l'ouvrir. Et Rachid Taha qui avait fait jadis une parodie de Douce France de Charles Trenet Ă  la sauce arabe. Lui seul semble avoir bien compris. Quand je l'ai rencontrĂ©, il m'a reconnu comme Ă©tant l'Ă©crivain qui Ă©tait allĂ© en Irak. «Je ne t'ai pas vu lĂ -bas !» lui ai-je dit. «Les Arabes n'aiment pas les rebeus... » m'a-t-il rĂ©pondu, lucide. J'aime bien ce complexe franchement avouĂ© ! On est loin de Samy NacĂ©ri embrassant GĂ©rard Darmon avant de quitter le plateau d'Ardisson. Comme il s'Ă©tait cru obligĂ©, chez le mĂȘme, de jurer sur le Coran (avec beaucoup de trĂ©molos) qu'il Ă©pouserait sans problĂšmes une Juive (sĂ©quence coupĂ©e)... Et les Cheb Mami, les Khaled, les Faudel... Tous terrorisĂ©s Ă  l'idĂ©e d'ĂȘtre associĂ©s Ă  de vrais Arabes. Il faut ren­trer dans le lard de tous ces petits cochons !...

Les Tariq Ramadan, les Mohamed LatrĂšche gĂȘnent les collabeurs car ils mettent en pĂ©ril leur petit systĂšme anti-rĂ©vo­lutionnaire et lucratif de collaboration. Le mot d'ordre des Arabes modĂ©rationnistes aprĂšs le 11 septembre, c'est «Chut, surtout ne nous faisons pas remarquer ! » Ils se plaignent ensuite que les Blancs les considĂšrent tous plus ou moins comme des terroristes. Plus ils sont collabos, plus ils grimacent quand on leur rappelle leurs origines, ils mettent ça sur le dos de la lutte contre le racisme, mais c'est sous le poids de l'arri­visme qu'ils croulent. Regardez d'ailleurs comme ils sont ployĂ©s. Toujours alourdis par leur trahison alors que les autres sont droits.

C'est en refusant de s'appeler «beurs» que les Arabes se sentiront un peu plus «français ». MalgrĂ© ça, ils persistent Ă  se revendiquer «beurs» comme si ça les protĂ©geait du racisme, et que ça leur donnait le passeport d'ĂȘtre «moins arabes»...

Zidane est-il le plus grand collabeur ? Pas sĂ»r... Au moins, le footballeur n'est-il pas dupe de lui-mĂȘme: «J'ai de beaux yeux, mais faut pas que je parle...» Zinedine Zidane, le gĂ©nie abruti ! Il y en a quelques-uns comme ça dans le jazz aussi... Sa seule subversion, c'est, parmi les onze, d'ĂȘtre le seul Ă  ne pas chanter La Marseillaise pendant que l'hymne national retentit dans le stade avant le coup d'envoi de chaque match. Est-ce parce que le Kabyle Zizou aurait honte de chanter faux, ou bien parce qu'il aurait honte, en chantant, d'ĂȘtre faux?... De toute façon, ça n'arrivera plus. Zidane vient Ă  l'instant de quitter les Bleus pour aller non pas Ă  Nadjaf, mais Ă  Madrid. C'est dĂ©jĂ  ça ! Non, le roi des «collabeurs », aujourd'hui, tout le monde le connaĂźt : Jamel Debbouze ! Plus qu'une star, un exemple. L'ascension fulgurante du MaghrĂ©bin qui a rĂ©ussi socialement, c'est Jamel qui la reprĂ©sente. Et par le rire, le meilleur moyen de ne jamais faire rĂ©flĂ©chir. Et bien sĂ»r le copinage show-biz tel qu'il existait avant lui, du temps oĂč les Arabes n'avaient pas droit Ă  la parole. Ils croient l'avoir dĂ©sormais grĂące Ă  Jamel, mais la seule parole qu'on leur permet de lancer Ă  la face du bourgeois «amĂ©ricano-sioniste» (comme dirait l'autre), c'est celle de l'ironique petit dĂ©brouillard d'Agadir ou du ouistiti d'Ouarzazate qui bondit de vanne en vanne et qui ne se sert surtout pas de sa puissante notoriĂ©tĂ© pour dire des choses importantes sur son peuple. Et qu'on ne me rĂ©torque pas que les Arabes d'Irak ou de Palestine ne sont pas son peuple !

En secret, Jamel se sent coupable de ne jamais rien dire. Il pourrait le faire, lui, dont le cauchemar trĂšs kafkaĂŻen est qu'on tape Ă  sa porte un matin et qu'on lui demande de tout rendre: «C'est fini, on s'est trompĂ©, c'Ă©tait pas vous.» Bel aveu ! En effet, ce n'Ă©tait pas lui le messie de la cause. Il a fait quelques vagues pour cacher qu'il ne savait pas marcher sur l'eau. Il voulait trop en croquer et plus il Ă©tale son rĂȘve devenu rĂ©alitĂ© (avec un arrivisme bon enfant), plus les esclaves qui s'appel­lent eux-mĂȘmes «Beurs» se rĂ©jouissent Ă  l'idĂ©e que ça pour-rait leur arriver Ă  eux aussi: thunes, bagnoles et gonzesses. Exactement comme les comiques et les acteurs blancs. C'est ça l'idĂ©al? Devenir une fripouille de plus, un alibi antiraciste supplĂ©mentaire pour les NĂ©griers du Spectacle !

Jamel finira comme Coluche par raconter des histoires drĂŽles devant des salles hilares d'avance. C'est le sort des faux subversifs, Ă  la base complexĂ©s socialement. On ne peut pas faire plus beurement correct. Devant DieudonnĂ©, la rĂ©action spontanĂ©e de Jamel sur le plateau a Ă©tĂ© : «T'es le meilleur !» La reculade c'est pour aprĂšs, quand il a pris conscience non pas de l'ignominie du sketch, mais de ses consĂ©quences. Jamel fait le jeu des disproportionnistes. Dans tous les magazines ensuite, il multiplie les propos collabeurationnistes. Par exemple ceux rapportĂ©s par le petit vilain YB qui lui aussi regrette d'avoir dĂ©fendu DieudonnĂ© dans son «roman». Jamel: «MĂȘme ma mĂšre, elle m'en a voulu d'embrasser DieudonnĂ© aprĂšs ce qu'il avait dit.» Ils se foutent de qui, ces Judas d'Allah ? YB fait la pub de son livre au second degrĂ© parce qu'il n'a pas eu le succĂšs espĂ©rĂ© et Jamel, entre deux lĂ©chages de la couronne du roi du Maroc, renie le seul humo­riste qui sacrifie sa carriĂšre de comique pour prendre la dĂ©fense des Arabes ! On l'attend encore le duo sur scĂšne de

Jamel avec Gad Elmaleh – chouchou fuyard – sur le conflit israĂ©lo-palestinien ! Jamel ne s'en sortira pas toujours en ne faisant que le ramadan. Le spectacle s'intitulera «Les Juifs et les Arabes, ils s'aiment bien ». Ce qui veut dire, traduit du lacanien : «Ils se haĂŻssent copieusement.»

On dirait que le seul but des Arabes français, c'est de sur-tout ne pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des voyous. Pour les colla-beurs, les deux ennemis sont Sarkozy et Ben Laden. Le premier les pousse Ă  devenir des voyous et l'autre les en dis­suade. Ils veulent ĂȘtre des gentils garçons qui aiment tout le monde, qui piquent gentiment les filles, qui ne sont surtout pas fanatiques (sauf du fric), qui aiment bien les Français, qui supportent le racisme avec le sourire et qui vont « colpi» en boĂźte de nuit le samedi soir. Des bons gars ! Finalement ce qu'ils aiment, c'est la Play Station et l'abbĂ© Pierre. Tout ce qu'il y a de plus francaoui avec juste une «culture arabe» qui s'est rĂ©duite au thĂ© Ă  la menthe et Ă  la danse du ventre, et un peu de repentance aussi, sans oublier un grand amour de la jeunesse...

Jamel est pour le voile, mais comme c'est dit en dĂ©connant personne ne le lui reproche. Les bien-pensants du Monde, de TĂ©lĂ©rama et du Nouvel Observateur y retrouvent leur compte. Ils essaient de faire le coup du comique politique et social, le bouffon grave qui dit des vĂ©ritĂ©s avec l'Ă©lĂ©gance de l'arle­quinade mais les fourberies de Scapin, on connaĂźt. GrĂące Ă  DieudonnĂ©, il avait l'occasion de devenir vraiment un Arabe subversif. Au lieu de ça, il a reculĂ©, tellement effrayĂ© Ă  l'idĂ©e de retourner Ă  Trappes, de revendre sa Ferrari noire et de ne pas ĂȘtre Ă  l'affiche d'AstĂ©rix 14. Il faut qu'il donne des gages sinon il est foutu. Jamel ne peut rien dire. Un mot Ă  cĂŽtĂ©, et il risque tout.

La devise de Jamel, la vraie, pas l'officielle anti-lepeniste, anti-riches, anti-flics, non, sa vraie direction dans la vie, son moteur personnel, c'est la phrase qu'il marmonne parfois dans sa barbe, pas trop prÚs du micro, et qui résume bien toute son idéologie: «L'amour de ma mÚre et la chatte des meufs.»

Pas de pot, c'est dans le numĂ©ro de Paris Match oĂč Saddam Ă©tait exhibĂ© comme un singe que Jamel a fait l'ouverture. Le gorille et le macaque. Un numĂ©ro de Paris Match particuliĂšre-ment abject. Entre l'Ă©dito d'Alain Genestar (Ô Roger ThĂ©ron oĂč es-tu?), vantant la «victoire» amĂ©ricaine et une sĂ©rie de photos dĂ©nonçant les massacres de Saddam pour bien l'achever au moment de sa capture, Jamel Debbouze en plein triomphe ! Que pense-t-il, Jamel, au cabinet en feuilletant son numĂ©ro de Match, oĂč sur une pleine page, on voit un pauvre Irakien abattu «glorieusement» par les GI Ă  cĂŽtĂ© de sa photo Ă  lui, l'« acteur français le mieux payé» ? Ça ne lui gĂąche pas un peu sa fiertĂ© ? C'est Ă  ça que collaborent le plus les Arabes d'ici, Ă  cette perpĂ©tuelle propagande de dĂ©nigrements, de nĂ©gations, d'insinuations, de dĂ©sinformations, toujours dans le mĂȘme sens du dĂ©sengagement politique et religieux (donc artistique).

Jamel prĂ©sente comme un exploit d'avoir le Coran dans la boĂźte Ă  gants de sa Ferrari mais d'autres Arabes l'avaient sur le tableau de bord d'un Boeing 747. Ça semble ça, le boulot des collabeurs, surtout dissiper l'amalgame. «Vade retro Al-Qaida!» Ils sont tous Ă  vouloir un islam de France, propre et digne, anti-terroriste, friquĂ© et cultivĂ©. DĂ©solĂ©, ça ne suffit pas de lancer une marque de chaussures et d'en savater tous les pla­teaux de tĂ©lĂ©vision entre deux gaudrioles, ou de retourner au Maroc pour renforcer encore la politique culturelle et cinĂ©ma­tographique de ce «grand festival» (base arriĂšre des requins maghrĂ©bo-amĂ©ricains), et lancer au passage des lunettes aux pauvres comme des bonbons.

Au fond, Jamel ne s'en remet pas d'avoir Ă©tĂ© pauvre Ă  Trappes. Mais Trappes n'est pas la bande de Gaza, et bien qu'il se balade maintenant avec sa bande de gasous dans les beaux quartiers zazous, il le sait trĂšs bien, car il est tout sauf con, Jamel. Mais il n'est rien d'autre que «pas con ». Car si ne pas ĂȘtre con, c'est d'accepter de travailler avec des salauds, c'est qu'on est un peu salaud soi-mĂȘme. Avoir ainsi droit Ă  la parole, souvent en direct, dans les meilleures occasions tĂ©lĂ©vi­suelles et faire toujours le mĂȘme numĂ©ro de clown perturba­teur, c'est impardonnable. Son pĂšre Ă©tait agent d'entretien, lui aussi finalement. Jamel est un agent du systĂšme d'Enculerie GĂ©nĂ©rale et il a Ă©tĂ© engagĂ© (Ă  condition qu'il ferme bien sa gueule en ayant l'air de l'ouvrir) pour entretenir le public, lui nettoyer la tĂȘte.

C'est dans le nĂ©ologisme que Jamel est le meilleur. J'espĂšre qu'il sait ce qu'il dit quand il fait du Lacan marocain : «Je suis consĂ©cramĂ©.» En effet... Sa dĂ©formation de mots, son humour est comme celui de tous ses confrĂšres, c'est-Ă -dire une mise en boĂźte des autres et de lui-mĂȘme. Il y en a marre de la mise en boĂźte. On aimerait bien que les pros de la dĂ©rision trouvent autre chose. Qu'ils sortent de leurs boĂźtes ! RĂ©surrection ? Mais ils n'y croient pas assez... Le tchatcheur n° 1 de France sera toujours en banlieue dans sa tĂȘte. Hamdullilah ! Sa gloire, c'est de prendre la parole pour dire qu'il y a trop de cafards dans les citĂ©s. Toujours Kafka. Et s'il les mĂ©tamorphosait en ce qu'ils sont vraiment, ces cloportes ? En Palestine, il n'y en a pas des cafards? Qu'il voyage un peu, Jamel. D'ailleurs, je l'ai rencontrĂ© Ă  la veille de la guerre en Irak...

C'est lĂ  que je suis tombĂ© dessus l'aprĂšs-midi, rue du Four. Il y avait Jamel Debbouze avec ses gardes du corps et Abdel-Kader Aoun aussi... Kader Aoun, c'est le bras droit de Jamel, si j'ose dire. C'est lui sa conscience politique. Juste ce qu'il faut, pas trop quand mĂȘme. Il m'aime bien Kader, il me l'a dit. Seulement, il trouve que je manque de «finesse» (sic!). «Il faut y aller petit Ă  petit, pas aussi frontalement que toi.» Kader me dit aussi que son idole, c'est Mohamed Ali. C'est peut-ĂȘtre parce qu'il tremble... Trente ans de retard ! Moi, ce serait plutĂŽt Mohamed Atta. Jamel nous Ă©coute, il porte une espĂšce de jaquette rouge en feutrine et une casquette orange. — Toi, tu saignes de la littĂ©rature.

On est mardi 18 mars 2003. Je sors de l'agence de voyage avec mon billet pour Damas. Je pars demain et j'ai mon visa pour l'Irak dans la poche. Je fais comme si ça me venait Ă  l'es-prit, moi aussi je suis le roi de l'impro. Je dis Ă  Jamel: «Tiens, ça serait une bonne idĂ©e d'aller en Irak ! Tu devrais y aller, au lieu d'ĂȘtre contre la guerre, tu y vas pendant ! Tu pars avec Zidane. Tous les deux, vous vous installez Ă  l'hĂŽtel Palestine... Les deux Arabes prĂ©fĂ©rĂ©s des Français, ça aurait un certain effet ! » Le comique hĂ©site: «Bagdad c'est pas con. Mais Zidane il faudrait d'abord lui greffer un veaucer.» Il ne va quand mĂȘme pas me dire qu'il a des galas Ă  honorer comme tous les autres «engagĂ©s» du show-biz, qu'il doit enregistrer avec Juliette GrĂ©co comme Miossec ou bien que ses petites filles lui ont demandĂ© de ne pas partir Ă  la guerre comme l'a avouĂ© Francis Lalanne. Ah ! Les enfants utilisĂ©s comme bou­cliers humains pour avoir un bon prĂ©texte de ne pas risquer sa peau !... Non, Jamel est libre. Seulement, il n'est pas trop chaud...

Arborer un tee-shirt «No War in Irak» dans le quartier Mabillon lui suffit comme acte de résistance... Alors, qui y va ? Ah non, pas encore bibi ! D'accord. Jamel et Kader me regardent un peu incrédules mais ils savent bien que j'en suis cap'. Je fais comme si je me décidais là, à l'instant, devant eux, grùce à eux... Salut les mecs, vous m'avez convaincu, je pars demain pour Bagdad !

13 août 2004

 

Comment vivent les Maghrébins de France ?

Encore un petit bijou trouvé sur le net.

Bonne lecture :

1 000 personnes interrogĂ©es : 95% ont des attaches affectives profondes avec le pays d’origine.
40% des rĂ©pondants ont des biens immobiliers dans leur pays d’origine et 32% comptent en avoir. 22% font des transferts d’argent. PrĂšs de la moitiĂ© accorde de l’importance Ă  la pratique religieuse.
Ils s’habillent chez Zara, H&M ou Diesel et se meublent chez Ikea ou Conforama.

Quel style de vie mĂšnent les MaghrĂ©bins de France ? Quelles sont leurs habitudes de consommation ? Ont-ils des attaches avec leur pays d’origine ? Si oui, quelle forme prennent-elles ? Investissent-ils dans leur pays d’origine ? Si oui, quelle forme d’investissements, immobiliers ou d’épargne, font-ils ? Que pensent ces MaghrĂ©bins de leur pays d’origine ? Ces questions, et des dizaines d’autres, ont Ă©tĂ© posĂ©es Ă  un Ă©chantillon de mille personnes appartenant aux trois pays du Maghreb (Maroc, AlgĂ©rie, Tunisie), dans le cadre d’une enquĂȘte rĂ©alisĂ©e en France par le cabinet HEC Junior Conseil pour le compte du magazine Le courrier de l’Atlas (Ă©ditĂ© en France par le groupe CaractĂšres, dont La Vie Ă©co est filiale). Afin d’obtenir un taux de retour satisfaisant, le cabinet qui l’a rĂ©alisĂ©e a ciblĂ© quatre grandes villes : Paris, Lyon, Bordeaux et Marseille, bien connues pour la prĂ©sence d’une importante communautĂ© maghrĂ©bine. De mĂȘme, l’accent a Ă©tĂ© mis sur des quartiers qui connaissent une forte concentration de cette population, comme BarbĂšs Rochechouart pour Paris, ou La porte d’Aix pour Marseille.
Un lien important avec le pays d’origine : l’immobilier et le transfert d’argent

L’un des rĂ©sultats saillants dĂ©gagĂ©s par l’étude est l’attachement profond de la communautĂ© maghrĂ©bine au pays d’origine. 95% des personnes interrogĂ©es conservent des attaches affectives profondes avec le «bled». Parmi les manifestations de ces attaches affectives, les visites que cette communautĂ© effectue au pays d’origine : 45% des rĂ©pondants s’y rendent une Ă  deux fois par an, 30% moins d’une fois par an. Chez qui se rendent-ils ? Essentiellement dans la famille et chez les amis. Plus de la moitiĂ© des rĂ©pondants (56,8%) ont de la famille dans leur pays d’origine, avec laquelle ils entretiennent des relations permanentes. Seulement 7% des interrogĂ©s ont affirmĂ© ne jamais effectuer de visite dans leur pays d’origine.
Un autre lien avec ce dernier se manifeste Ă  travers l’investissement qui y est effectuĂ© par des transferts rĂ©guliers d’argent (22%) et l’achat d’immobilier. Si 40% des rĂ©pondants sont dĂ©jĂ  propriĂ©taires de biens immobiliers dans leur pays d’origine (les deux tiers sous forme de rĂ©sidence secondaire et le tiers sous forme de rĂ©sidence principale), 32% ont l’intention d’en acquĂ©rir.
Il apparaĂźt, note l’étude, que mĂȘme si, en effectif, les employĂ©s sont ceux qui possĂšdent le plus de biens immobiliers dans leur pays d’origine, il reste que la proportion de retraitĂ©s, de professions intermĂ©diaires, d’ouvriers, de sans-emploi, de cadres et d’artisans est significative.

Autre caractĂ©ristique de ces investissements : ce sont essentiellement les personnes nĂ©es au Maghreb qui les rĂ©alisent, ce qui veut dire qu’elles ont un attachement plus profond que les autres Ă  leur pays natal. A l’inverse, seulement 13% des personnes nĂ©es en France et originaires du Maghreb effectuent des transferts d’argent rĂ©guliers, ce qui rĂ©vĂšle l’intĂ©gration de cette catĂ©gorie de population dans le pays d’accueil. Si, d’autre part, environ la moitiĂ© des rĂ©pondants n’effectuent aucun investissement dans leur pays d’origine, ceci est Ă  mettre en relation avec le fait que 50% des personnes interrogĂ©es ont entre 20 et 30 ans. Le type d’investissement le moins prisĂ© est la Bourse. Seulement 3% des rĂ©pondants effectuent des placements en Bourse.
Le transfert d’argent et l’immobilier constituent donc toujours la principale forme d’investissement. Ce constat conforte quelques statistiques dĂ©jĂ  connues sur cette manne d’argent que reçoivent annuellement de leurs ressortissants rĂ©sidant en Europe les trois pays du Maghreb. Ce sont en effet quelque 7 milliards d’euros, selon la Banque europĂ©enne d’investissement (BEI), qui traversent annuellement la MĂ©diterranĂ©e vers les pays du Maghreb. 85 Ă  90% des transferts vers l’AlgĂ©rie, le Maroc et la Tunisie sont en provenance d’Europe. Notons que, dans le monde, 125 millions d’émigrĂ©s transfĂšrent annuellement quelque 230 milliards d’euros vers les pays d’origine.

Les Marocains d’Europe, lit-on justement dans Le courrier de l’Atlas du mois de juin courant, «envoient plus d’argent que les autres MaghrĂ©bins. Annuellement, ce sont prĂšs de 3 milliards d’euros qui sont envoyĂ©s au pays, deux fois plus que par les voisins algĂ©riens et tunisiens. Pour preuve, le nombre de campagnes publicitaires qui vantent les qualitĂ©s des investissements locaux, dans l’immobilier principalement. Le pays a compris, avant les autres, l’importance de conserver un lien, mĂȘme financier, avec sa diaspora. D’ailleurs, les transferts des migrants marocains sont la seconde source de revenus pour l’Etat marocain», mĂȘme si la plus grande part de ce transfert d’argent va vers des secteurs improductifs (consommation des mĂ©nages, Ă©ducation, santĂ©, logement...).
Un autre lien de cette communautĂ© maghrĂ©bine avec le pays d’origine est rĂ©vĂ©lĂ© par le nombre de rĂ©pondants qui se prĂ©parent Ă  passer leurs prochaines vacances d’étĂ© dans le pays d’origine. Plus de la moitiĂ© d’entre eux ont l’intention de s’y rendre cette annĂ©e. 27% ont l’intention de voyager ailleurs qu’en France ou dans leur pays d’origine. Par ailleurs, plus de la moitiĂ© des rĂ©pondants se rendent pour les prochaines vacances d’étĂ© Ă  la mer. Par quel moyen de transport se rendront-ils dans leur pays d’origine ? 45% des rĂ©pondants ont l’intention de voyager en avion et le tiers voyagera en voiture. Quant au budget qui sera consacrĂ© Ă  ces vacances, il oscillera pour 40% des rĂ©pondants entre 1 000 et 2000 euros, un budget infĂ©rieur Ă  1 000 euros pour 36% parmi eux, frais de transport non compris. Au total, note la synthĂšse de l’étude, trois quarts des rĂ©pondants prĂ©voient de dĂ©penser moins de 2 000 euros. La durĂ©e de sĂ©jour va de trois semaines pour 20% Ă  un mois pour 37%.

Autre attache avec le pays d’origine : les habitudes culinaires. 38% mangent rĂ©guliĂšrement (plusieurs fois par semaine) des plats typiques de leur pays d’origine. 30% en mangent une fois par semaine et seulement 8% n’en mangent jamais.

Sur un autre registre, une question posĂ©e a trait Ă  la façon dont la communautĂ© maghrĂ©bine de France considĂšre son pays d’origine : est-il traditionnel ou moderne ? Le statut de la femme y Ă©volue-t-il ou non? Et, question non moins importante : que reprĂ©sente la religion Ă  leurs yeux ? RĂ©sultat : les trois quarts des rĂ©pondants ont estimĂ© que leur pays d’origine Ă©tait «plutĂŽt en Ă©volution», voire «en rĂ©elle Ă©volution». Seulement 19% des rĂ©pondants jugent que leur pays d’origine est moderne tandis que 70% d’entre eux trouvent que le statut de la femme est «plutĂŽt en Ă©volution», voire «en totale Ă©volution».
A la lumiĂšre des deux premiĂšres remarques, les rĂ©pondants laissent croire, constate l’étude, qu’ils «sont soucieux des Ă©volutions qui touchent leur pays d’origine, tout en restant lucides face au parcours qu’il leur reste Ă  accomplir.»

Quant au rapport des MaghrĂ©bins questionnĂ©s sur la religion, l’enquĂȘte rĂ©vĂšle que la moitiĂ© des rĂ©pondants n’accorde qu’une faible importance, voire aucune, Ă  la pratique religieuse. Toutefois, nuance l’enquĂȘte, ce sentiment est comprĂ©hensible car un quart des rĂ©pondants est constituĂ© d’étudiants, «et surtout parce que cette question fait rĂ©fĂ©rence Ă  la pratique religieuse et non pas Ă  la croyance. De fait, vu l’intĂ©rĂȘt qu’ont portĂ© les rĂ©pondants Ă  la question relative Ă  l’apport de la religion dans leur vie quotidienne, et Ă  la quantitĂ© de rĂ©ponses recueillies, on est en mesure d’affirmer que la religion reste le ciment qui soude les familles et apporte bien-ĂȘtre et hygiĂšne de vie aux rĂ©pondants.»

Enfin, si les attaches des MaghrĂ©bins de France vis-Ă -vis de leur pays d’origine sont profondes, cela n’empĂȘche pas que les comportements de consommation de cette catĂ©gorie de la population de l’Hexagone sont marquĂ©s, Ă  des degrĂ©s divers, et au mĂȘme titre que la population d’origine française, par des rĂ©flexes de toute sociĂ©tĂ© de consommation. Ils lisent rĂ©guliĂšrement Ă  27%, 60 % de l’échantillon se rendent frĂ©quemment ou occasionnellement au cinĂ©ma. Il aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant de savoir quel type de films ils prĂ©fĂšrent voir et Ă  quel type de lecture ils s’adonnent. Le théùtre n’est citĂ© Ă  aucun moment dans l’enquĂȘte.
Les deux tiers des personnes interrogĂ©es possĂšdent une voiture et pratiquement tous les mĂ©nages sont Ă©quipĂ©s de tous types d’appareils Ă©lectromĂ©nagers. CĂŽtĂ© ameublement, les MaghrĂ©bins de France aiment dĂ©corer leur foyer Ă  la fois Ă  la façon europĂ©enne et maghrĂ©bine. La marque la plus citĂ©e pour l’ameublement est sans conteste IkĂ©a: la moitiĂ© des rĂ©pondants l’ont citĂ©e. 6% des rĂ©pondants citent Conforama, sachant que seulement 381 personnes ont rĂ©pondu Ă  cette question.

Quant aux marques alimentaires les plus achetĂ©es, les rĂ©pondants citent toutes les marques de grande distribution, et s’approvisionnent comme les autres Français dans les grandes surfaces comme Carrefour (citĂ© en premier lieu), Auchan ou Monoprix.

Concernant les marques des grands groupes, la plus citĂ©e est Danone. Zara, Diesel et H&M sont les plus citĂ©es pour le prĂȘt-Ă -porter. 18% des rĂ©pondants citent Darty comme la marque la plus prisĂ©e en Ă©lectromĂ©nager. Pour les nouveautĂ©s technologiques, les MaghrĂ©bins de France n’échappent pas Ă  la tendance mondiale de consommation. Trois marques, cite l’enquĂȘte, rassemblent trois quarts des rĂ©ponses (un quart chacune) : Samsung, Apple et Sony. En tĂ©lĂ©phonie, Nokia est citĂ©e par 10% des rĂ©pondants.

Les MaghrĂ©bins frĂ©quentent Ă©galement les restaurants, dans une proportion non nĂ©gligeable : un tiers des rĂ©pondants va quatre fois par an ou plus au restaurant (22% n’y vont jamais). Quels types de restaurants? 15% des rĂ©pondants vont principalement dans des restaurants asiatiques. 11% affirment manger dans des restaurants trĂšs diversifiĂ©s. Enfin trois types de restaurants sont citĂ©s chacun par 10% des rĂ©pondants: italiens, français et fast-food.

Cdt,

Carré musulman

Le sujet n'est pas gai mais notre prĂ©sence dans un pays oĂč nous ne trouvons pas toujours notre place se pose. OĂč doit-on ĂȘtre enterrĂ©? Dans ma famille, nous avons toujours procĂ©dĂ© Ă  des rapatriements. Une sĂ©pulture a tout Ă  fait sa place dans notre village. Toutefois ce n'est pas lĂ -bas que nous sommes Ă  longueur de temps et on peut avoir besoin de se recueillir sans vouloir parcourir un millier de kilomĂštres. La France n'a dĂ©jĂ  pas assez de place pour ses tombes alors pour les nĂŽtres. Toutefois il ne me semble pas normal de ne pas rĂ©ellement avoir le choix. Je pense qu'il serait bon d'avoir plus de places dans les cimetiĂšres de France mais comment faire?