Charlie Hebdo, la saga continue....
par Beur / Beurette Maghrébine - Seddeya, samedi 12 juillet 2008 à 00:32 | Medias
Charlie Hebdo : fini de rire !
Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo, qualifie d'antisémite un article publié dans son propre journal. Entre autres joyeusetés…
Quand Charlie fait son auto-procès
Jeudi donc, gros malaise à la rédaction de Charlie. Finie la joyeuse impertinence et la belle unité du procès des caricatures, on oscille entre murmures réprobateurs et embarras. « Siné a peut-être été un peu trop loin… », reconnaît, off, un dessinateur. « Le problème, c'est qu'on est obligés de se protéger, concède un autre. Le texte de Siné n'est pas défendable devant un tribunal… » Pour Charb, autre figure charliesque, « il est évident que Siné n'est pas antisémite, mais son texte peut être mal interprété ». Le tronçon qui fait débat est assez court, nous le reproduisons ici :
Hara-kiri général
Mais évidemment, Siné, 80 ans de provoc' au compteur, trouve « tout ça complètement con » : « Si Jean Sarkozy se convertissait à l'islam pour épouser la fille d'un émir ou à l'hindouisme pour épouser une fille de maharadja, je l'aurais écrit aussi. Quant à faire des excuses à Sarkozy et à Darty, autant me couper les couilles tout de suite. » A propos de couilles, il estime d'ailleurs qu'à Charlie, on en manque sérieusement et que ses confrères sont des « lâches » qui ploient devant Val, patron despotique. Pouêt, pouêt, qu'est-ce qu'on se marre...
Pour continuer dans la franche rigolade, Siné contre-attaque en accusant Val d'avoir allumé un contre-feu pour se débarrasser d'une autre polémique qui enflamme la rédaction en ce début d'été. Dans un précédent édito, le directeur de publication a en effet pris fait et cause pour Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo et de Clearstream, contre Denis Robert, le journaliste indépendant qui s'est attaqué au grand groupe financier luxembourgeois. Plusieurs piliers du journal, Cavanna, Michel Polac et Siné, ont alors désavoué Val dans leurs chroniques. Et comme si ça ne suffisait pas, on vient d'apprendre que Patrick Pelloux, chroniqueur et syndicaliste hospitalier, menace de démissionner parce que Michel Polac l'a attaqué dans les pages de Charlie au sujet d'un article sur le cancer. Patrick Pelloux a réagi en envoyant un texto à ses copains de la rédaction, ainsi libellé : « Amis, suite à l'article de Polac de cette semaine je vais suivre son conseil et je quitte le journal pour rester aux urgences. » Décidément... Si ça continue, bientôt, on se poilera autant à Charlie qu'au Figaro. Pourvu que la ressemblance s'arrête là .

