Le groupe considère qu'il est trop dangereux d'investir dans ce pays, qui connaît de fortes tensions avec Israël.

Total va se retirer d'Iran. Une annonce faite par le groupe pétrolier français au quotidien économique britannique The Financial Times, jeudi 10 juillet. Christophe de Margerie, le P-DG du groupe, estime en effet qu'il est trop dangereux aujourd'hui d'investir dans le pays, qui connaît actuellement de fortes tensions géopolitiques avec Israël: "aujourd'hui, il serait trop risqué pour nous d'investir en Iran parce que les gens se diraient: 'Total est prêt à n'importe quoi pour faire de l'argent'". Le patron s'est montré sévère par ailleurs sur les critiques exprimées par les Etats-Unis sur les investissements de compagnies pétrolières en Iran: "vous retirez deux grands pays -l'Iran et l'Irak- du système et après vous dites qu'il n'y a pas assez de pétrole et de gaz. Quelle surprise!". Lorsque, en octobre 2007, Paris avait invité les sociétés privées à ne plus investir en Iran et en Birmanie, Christophe de Margerie avait déclaré dans Le Monde “qu'aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut décider de façon unilatérale où une compagnie pétrolière peut investir“.

Total se retire du plus grand gisement de gaz au monde

Total, engagé dans des négociations avec l'Iran pour l'exploitation de ses réserves de gaz, devait normalement développer, en partenariat avec le malais Petronas, le champ de South Pars, dont se sont déjà retirés Shell et Repsol, qui ont cependant expliqué qu'ils pourraient revenir à moyen terme. Ce site, considéré comme le plus grand gisement de gaz au monde est partagé entre l'Iran et le Qatar, mais l'exploitation est très en retard du côté de Téhéran par rapport à celle de son voisin. Les multinationales occidentales justifient ce retard par la hausse des coûts d'investissement tandis que des experts du secteur expliquent ces délais par leurs réticences à s'engager dans un pays soumis à des sanctions internationales croissantes du fait de son programme nucléaire.