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Le Projet Seddeya

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Qui est à la barre des accusés:le meurtrier ou la voilée?a vous de me dire...

Un foulard admis en Cour de cassation

HUGUES DORZEE
mercredi 25 juin 2008, 22:44
HAGAR défendait, voilée, son frère assassiné. Le tribunal l’a exclue. En cassation, la Cour a admis son foulard. Un symbole.

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Mardi, devant la Cour de cassation, Hagar s’est présentée voilée. Le tribunal n’y a vu aucun « manque de respect ». © Sylvain Piraux.



Ce jour-là, j’ai assisté à l’audience avec tout le respect dû. Je crois en la justice. Mais j’estime que mes droits ont été bafoués. » Sous les ors de la Cour de cassation, Hagar, 22 ans, s’exprime posément à la barre. Les juges l’écoutent, attentifs. Peu importe son foulard beige, islamique s’il en est. La jeune assistante sociale, étudiante à l’ULB, peut exprimer, sans crainte, sa « consternation ».



Un comble : elle qui, un an auparavant, le 20 juin 2007 exactement, a été priée, par la présidente de la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles, de se dévoiler ou de quitter le tribunal. Motif invoqué : l’article 759 du Code judiciaire. Qui stipule : « Celui qui assiste aux audiences se tient découvert, dans le respect et le silence ».

Hagar portait un foulard semblable à celui qu’elle affiche aujourd’hui. « Couvrant les cheveux et la nuque, tout en laissant le visage apparent et identifiable », insiste son avocat Me Réginald de Béco. Elle était partie civile dans une affaire de crime passionnel, où son frère a été abattu par l’ancien ami de sa compagne. « Sa présence était indispensable pour traduire les sentiments de sa famille », plaide son conseil. Hagar a attendu seule dans le couloir pendant une heure et demie. « Elle s’est sentie profondément humiliée. Elle a eu le sentiment d’être considérée comme une citoyenne différente des autres », ajoute Me de Béco, qui a décidé d’introduire un pourvoi « immédiat » en cassation, pour « irrégularités ».


Hagar n’a absolument pas manqué de « respect », au sens où l’entend l’article 759 du code judiciaire. Cette exclusion est « discriminante » et contraire à une série de textes légaux (Constitution, Convention européenne des droits de l’homme, Pacte International). Il y a une « insécurité juridique inacceptable : Aucun magistrat ne s’est permis, jusqu’ici, d’inviter une religieuse catholique, un juif portant la kippa ou un sikh muni de son turban à enlever un de ses attributs ».
Et de citer une série (non exhaustive) d’exemples : la présence de deux religieuses catholiques voilées au procès Rwanda ; le père Samuel et ses attributs en correctionnel à Charleroi ; des prêtes orthodoxes en vêtements sacerdotaux à Bruxelles, etc.


« Impartialité des tribunaux »

« J’attends une justice équitable », déclarait Hagar, ce mardi matin, au terme de l’audience.
Après examen, la Cour de cassation a pourtant jugé son pourvoi « irrecevable ». Le motif invoqué ? Purement technique. La chambre des mises en accusation devait se prononcer sur le renvoi en correctionnelle ou en assises du meurtrier présumé du frère d’Hagar. Mais cette décision n’était pas définitive, a rappelé la Cour. Qui a donc décidé de rejeter son pourvoi. « Quoi qu’il en soit, commente un magistrat. En autorisant la jeune fille à témoigner voilée, la plus haute juridiction du pays a appliqué différemment l’article 769 du code judiciaire. C’est une reconnaissance implicite du fait qu’elle n’a en rien manqué de respect au tribunal. » Me de Béco en fait une question de principe. Il portera l’affaire devant la Cour européenne de Justice. Au nom du « respect de l’égalité des citoyens devant la loi et de l’impartialité des cours et tribunaux ». Tout justiciable, estime-t-il, « a le droit de fréquenter les salles d’audience ». Peu importe la nature de son vêtement. Traditionnel, religieux ou philosophique.

Enseignement effectif de l’histoire de la colonisation

Appel en faveur d’un enseignement effectif de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage

A l’occasion du 10 mai 2008, journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, SOS Racisme a initié un appel en faveur d’un enseignement effectif de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage. Vous trouverez ci-dessous le texte de l’appel ainsi que les signataires.




APPEL

Les plus hauts représentants de la République Française étaient présents à Fort-de-France pour célébrer un citoyen d’exception en la personne d’Aimé Césaire. Mais assister à des obsèques ne suffit pas à honorer l’œuvre d’un homme.

Aujourd’hui plus que jamais, il faut continuer le combat qui Ă©tait le sien : un combat contre les prĂ©jugĂ©s, contre le racisme et pour le vivre ensemble. AimĂ© CĂ©saire s’était, dans cette optique, rĂ©cemment exprimĂ© sur les risques liĂ©s Ă  un enseignement partiel de l’Histoire de France. Et de fait, en nĂ©gligeant l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage, on conduit un grand nombre de nos concitoyens Ă  se sentir exclus d’une Histoire nationale partagĂ©e et on crĂ©e le terreau favorable Ă  la « concurrence des mĂ©moires » attisĂ©e et exploitĂ©e par tel ou tel dĂ©magogue.

Mais surtout, ces lacunes dans l’enseignement de l’Histoire sont dommageables pour le temps présent. Car, en effet, si l’on veut qu’une place bien plus importante soit faite dans les programmes scolaires au traitement historique de la colonisation et de l’esclavage, de ses causes, de ses acteurs et de son fonctionnement, ça n’est pas pour le plaisir de la rétrospective. C’est bien plutôt dans le souci de mieux comprendre le présent et d’éviter la répétition de mécanismes qui ont conduit hier à des crimes perpétrés en toute bonne conscience. Etudier ces pages de notre Histoire, c’est donner les clefs d’analyse aux jeunes générations pour qu’elles puissent comprendre les dangers de ces systèmes de pensée fondées sur des visions essentialistes de l’être humain et sur l’exploitation de ce dernier.

Etudier ce passé, c’est également permettre de détruire des visions historiquement datées qui, encore aujourd’hui, expliquent les images dégradées et stéréotypées de certaines parties de la population frappées de ce fait par le fléau des discriminations.

Il ne faut cependant pas procĂ©der par injonction morale, ce qui risquerait de jeter un voile de suspicion sur une potentielle exploitation de faits historiques. Il faut au contraire faire de l’Histoire, permettre Ă  l’enfant de dĂ©velopper sa conscience citoyenne par une connaissance rigoureuse des faits. Il est aussi temps de sortir du faux dĂ©bat autour de la repentance. Les sociĂ©tĂ©s que l’on Ă©tudie, leurs actions appartiennent au passĂ©. Il n’y a pas d’un cotĂ© les descendants des faibles et des opprimĂ©s et de l’autre les descendants d’oppresseurs qui seraient frappĂ©s d’une honte hĂ©rĂ©ditaire : nous sommes tous les enfants de l’Histoire.

C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Ministre de l’Education nationale, le Haut Conseil de l’éducation et le Conseil supérieur de l’Education à donner enfin une place digne de ce nom dans les programmes scolaires à l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de celle de l’esclavage, parties intégrantes de l’Histoire de France.

Les signataires :

Isabelle Adjani, ComĂ©dienne ; Akhenaton et AĂŻcha, Chanteur et productrice ; GĂ©rard Aschieri, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FSU ; Dove Attia, Musicien ; Josiane Balasko, ComĂ©dienne ; CĂ©line Balitran, PrĂ©sentatrice ; Delphine Batho, DĂ©putĂ©e ; Yamina Benguigui, RĂ©alisatrice, Adjointe au Maire de Paris chargĂ©e de la lutte contre les discriminations ; Jean Luc Benhamias, DĂ©putĂ© europĂ©en ; Pierre BergĂ©, Fondation BergĂ©-YSL ; Dominique BesnĂ©hard, Producteur et acteur ; Serge BilĂ©, Journaliste et Ă©crivain ; Booder, Comique ; Michel Boujenah, ComĂ©dien ; Malek Boutih, SecrĂ©taire National PS chargĂ© des questions de sociĂ©tĂ© ; Stomy Bugsy, Chanteur ; Michel Cantal-Dupart, Urbaniste ; Cartouche, Comique ; Abdou Chaoui, PrĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration nationale des Maisons des Potes ; Elie Chouraqui, RĂ©alisateur ; Didier Daenninckx, Ecrivain ; Phil Darwin, Humoriste ; Geneviève de Fontenay, PrĂ©sidente du comitĂ© Miss France ; Marcel Desailly, Footballeur ; Harlem DĂ©sir, DĂ©putĂ© europĂ©en ; Philippe Doucet, Maire d’Argenteuil ; FrĂ©dĂ©ric Encel, GĂ©opolitologue ; Bruno Etienne, Professeur Ă©mĂ©rite des universitĂ©s ; Jean Fabbri, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral SNESUP-FSU ; Laurent Fabius, Ancien Premier Ministre ; Tiken Jah Fakoly, Chanteur ; Dan Franck, Ecrivain ; Christophe Girard, Adjoint au maire de Paris chargĂ© de la culture ; Sihem Habchi, PrĂ©sidente de Ni putes ni soumises ; Marek Halter, Ecrivain ; Clara Halter, Artiste plasticienne ; Farid Hamana, PrĂ©sident de la FCPE ; Pierre Henry, Directeur gĂ©nĂ©ral de France Terre d’Asile ; Anne Hidalgo, Première Adjointe au Maire de Paris ; Bruno Julliard, Adjoint au maire de Paris chargĂ© de la jeunesse ; Ibrahim KeĂŻta Sorel, PrĂ©sident de Banlieues du Monde ; Rachida Khalil, Humoriste ; Jean-François Klein, Historien ; ValĂ©rie Lang, Actrice ; Disiz la peste, Chanteur ; Yvan Le Bolloch, ComĂ©dien ; GaĂ«l Le Forestier, PrĂ©sentateur ; Olivier LĂ©onhardt, Maire de Sainte-Geneviève-des-Bois ; Serge Letchimy, maire de Fort-de-France ; Elikia M’Bokolo, Historien ; Tristan Mendès France, Assistant parlementaire et blogueur ; Gilles Moindrot, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du SNUipp ; Benjamin Morgaine, Acteur ; Alix Nicolet, PrĂ©sidente de la FIDL ; Safia OtokorĂ©, SecrĂ©taire national PS chargĂ©e du Sport ; Patrick Pelloux, MĂ©decin urgentiste ; Alda Pereira-LemaĂ®tre, Maire de Noisy-le-sec ; SĂ©bastien Pietrasanta, Maire d’Asnières-sur-Seine ; Jean-Baptiste Prevost, PrĂ©sident de l’UNEF ; Princesse Agnès, Chanteuse ; FrĂ©dĂ©ric RĂ©gent, Historien ; Thierry Rey, Judoka ; Anne-GaĂ«lle Riccio, PrĂ©sentatrice ; Firmine Richard, Actrice ; Yves Simon, Ecrivain, chanteur ; Singuila, Chanteur ; Dominique Sopo, PrĂ©sident de SOS Racisme ; Amanda Sthers, Ecrivain ; Benjamin Stora, Historien ; FodĂ© Sylla, Membre du Conseil Economique et Social ; Rachid Taha, Chanteur ; Christiane Taubira, DĂ©putĂ©e ; Niels Tavernier, RĂ©alisateur ; Louis-Georges Thin, Porte parole du CRAN ; Lilian Thuram, Footballeur ; Patrick Weil, Historien

Publié le 10/05/2008 à 03:14 SOS Racisme