L’UOIF et les bonbons halal
par Beur / Beurette MaghrĂ©bine - Seddeya, mardi 29 juillet 2008 à 21:35 | Associations
L’article « L’UOIF et les bonbons halal » publié sur le site Al-Kanz dénonce la contradiction qui existe entre l’avis du Conseil Européen de la Fatwa et la position de « Halal Services », organe de certification de l’UOIF, sur la question de la gélatine animale, et conclut ainsi sur une touche ironique : En clair, l’UOIF considère que l’on peut consommer sans gêne un aliment contenant de la gélatine, ou tout autre composant d’origine animale, et, dans le même temps, l’UOIF considère qu’il n’existe aucune gélatine halal. Ce paradoxe prêterait à sourire si personne n’avait été lésée par cette prise de position difficile à comprendre ». Nous estimons qu’il est de notre devoir d’éclaircir le consommateur musulman à ce sujet.
Il existe deux approches du halal : celle du consommateur et celle du producteur. Le consommateur dépend entièrement des produits qui se trouvent sur le marché ; son pouvoir d’agir sur la nature des produits qui lui sont offerts est donc très limité et résulte d’un travail de lobbying très complexe. S’il doit éviter tous les produits qui font l’objet de doutes quant à leur licéité, le poids de la contrainte serait tel que les difficultés deviendraient insurmontables, surtout lorsqu’il s’agit d’un responsable de famille qui doit subvenir aux besoins variés de ceux dont il a la charge, et qui consomme des produits qui utilisent ce genre d’ingrédients de base. Pour tous ces consommateurs musulmans, l’appel à la dérogation fondée sur des avis juridiques authentiques est une nécessité qui leur permet de se conformer à leur religion sans difficulté ni gêne. L’avis du Conseil Européen de la Fatwa fondé sur des recherches sur la gélatine animale est un exemple de dérogation que nous respectons et défendons. C’est là l’esprit de la religion, et recourir à la dérogation en cas de difficulté est un fondement de notre jurisprudence (fiqh). Cependant, il convient de rappeler qu’une fatwa ne change pas la règle ni le statut de l’élément en question, mais offre seulement un allégement et une facilité d’application.
La logique des producteurs du Halal (dont les organismes de certification Halal font partie) et des professionnels de l’agroalimentaire est totalement différente. La fatwa ne les concerne pas et c’est une grave erreur que d’y recourir. Un organisme de certification est tenu de fournir le maximum d’efforts pour exiger des professionnels de l’agroalimentaire de n’utiliser que des ingrédients totalement Halal. Les exigences de rentabilité ne permettent en aucun cas de se prévaloir d’une fatwa destinée aux consommateurs afin de certifier halal des produits contenant des ingrédients à base de gélatine animale qui peuvent être remplacés par d’autres ingrédients tout à fait licites.
Notre objectif est d’éviter de recourir à la fatwa en exigeant du producteur de fabriquer des produits qui satisferont tous les musulmans, y compris ceux qui ne sont pas convaincus par cette fatwa, ou qui, tout simplement, ne souhaitent pas qu’un dérivé de porc, même transformé et juridiquement Halal, fasse partie de leur alimentation et, par la suite de leurs tissus, organes et cellules.
En conclusion, un consommateur musulman a le droit de se baser sur une fatwa pour consommer de la gélatine animale, mais un organisme de certification ne doit certifier que les produits Halal par nature et non pas les produits rendus tel par le truchement d’une fatwa.
Boukhzer El Bachir Président de Halal Services

