Depuis le 15 juillet le vrai Redbull est vendu en France, pourquoi?
par Beur / Beurette MaghrĂ©bine - Seddeya, mardi 29 juillet 2008 à 21:39 | SantĂ©
Red Bull a fait plier la France mardi 15 juillet 2008 | Le Parisien
Depuis mardi, la boisson énergisante à base de taurine est autorisée dans l'Hexagone.
Rien à boire. Le personnel de l'ambassade de France à Vienne en est encore tout dépité. Le 16 mai, Christine Lagarde a levé le veto français contre Red Bull.
Mais la ministre de l'Economie et le patron de la marque de boisson énergisante, Dietrich Mateschitz, n'ont pas pu trinquer au champagne. Ce jour-là , la capitale autrichienne est paralysée par d'épouvantables embouteillages. Le lieu de la cérémonie a dû être modifié au dernier moment et les bouteilles n'ont pas suivi.
Douze ans que Didi Mateschitz attendait ça : faire plier la France. En 1996, lorsqu'il a voulu y distribuer sa boisson, il savait que ce ne serait pas facile : il avait dû batailler trois ans pour obtenir l'autorisation de la commercialiser en Autriche, cinq ans avant de débarquer en Allemagne et au Canada. Mais l'Hexagone s'est montré particulièrement coriace. « Dix fois par an », il envoie des émissaires pour convaincre les autorités. A chaque fois, ils rentrent bredouilles. Entre-temps, la marque que les consommateurs de 140 pays s'arrachent, jusqu'à représenter 70%dumarchémondial des boissons énergisantes, se retrouve traitée comme un empoisonneur en puissance.
Red Bull a beau bétonner son dossier, l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) trouve toujours à y redire. Elle soupçonne une « toxicité rénale », pointe des « effets neurocomportementaux indésirables », décrit une expérience sur des rats qui, après avoir ingéré sa boisson à la taurine (un acide aminé), étaient tellement excités qu'ils se sont rongé les pattes jusqu'au sang. Des associations familiales, de leur côté, s'inquiètent de sa fréquente consommation mélangé avec de la vodka. « Que je sache, fulmine Mateschitz, personne n'est jamais parti en guerre contre le jus d'orange au motif que certaines personnes le boivent avec du Campari ! »
A Fuschl-am-See, près de Salzbourg, dans son siège en forme de volcanperduaumilieu des bois, l'Autrichien établit un nouveau plan de bataille. Premier acte : amadouer l'adversaire. En 2007, il dépose une nouvelle demande d'autorisation. Dans la composition, il remplace la taurine par de l'arginine (un autre acide aminé). Et présente sa boisson sous un faux nez : oublié Red Bull, voici Bullit. Cette fois-ci, les autorités françaises ne trouvent rien à y redire. Un terrain d'entente semble trouvé.
« Liberté, égalité, RedBullité ! »
Mais en coulisses, ses juristes ont trouvé la faille : passé presque inaperçu à l'époque, un décret du 16 octobre 2006 a changé les règles du jeu. « Désormais, si l'Etat refuse d'autoriser un produit pour des raisons sanitaires, c'est à lui de prouver sa nocivité », décrypte un conseiller de Christine Lagarde. Or, l'Afssa n'a jamais pu produire plus que des « soupçons ».
Après s'être vu notifier une nouvelle interdiction en juillet 2007, Red Bull attaque donc l'Etat français devant le tribunal administratif de Paris. Le rapport de force est inversé : la France risque d'être condamnée à payer plus de 300 millions d'euros d'indemnités. Pour un gouvernement qui se serre la ceinture, une telle amende ferait mauvais genre.
Ultime provocation, Mateschitz donne l'ordre de commercialiser du Bullit... dans des canettes Red Bull. En avril dernier, 150 Mini Cooper bleues et acier surmontées de canettes géantes envahissent les rues de Paris. Dietrich Mateschitz ricane : « Liberté, égalité, RedBullité ! »
A Bercy, la situation devient urgente. L'audience au tribunal, prévue en mai, se rapproche. Entre le cabinet de Christine Lagarde et le directeur juridique de Red Bull, les échanges d'e-mails s'intensifient. Dans la nuit du 15 au 16 mai, un accord est trouvé. Bercy lève son veto contre la recette à base de taurine. En échange, Red Bull retire sa plainte et s'engage à inscrire des messages de prévention sur ses canettes. Officiellement, Dark Dog (Karlsbrau), Burn (Coca-Cola) et les autres marques de boissons énergisantes sont très zens. Mais Dietrich Mateschitz qui, selon la légende, consomme une douzaine de ses canettes chaque jour, est sûr de lui : « Les gens veulent l'original, pas les copies. C'est comme pour les montres : personne ne veut d'une Rolex made in Taiwan ! »
Mathieu Deslandes
Qu'y a-t-il réellement dans cette boisson? Encore quelque chose qui va être difficile à gérer? Comme si on avait pas déjà du mal à gérer les gamins, ET les adultes...ça promet. Ce qui m'étonne dans cet article, c'est que la faille judiciaire permettant de faire entrer cette boisson en France semble avoir été trouvée par la France à moins que c'est moi qui ait mal compris... « Désormais, si l'Etat refuse d'autoriser un produit pour des raisons sanitaires, c'est à lui de prouver sa nocivité », décrypte un conseiller de Christine Lagarde.
