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"Beurisme" et médiocrité raciste franco-maghrébine

"Beurisme" et médiocrité raciste franco-maghrébine

par antiphoiĂŞ, le 19/03/2007

 

Salam Ă”'AleĂŻkoom!


Ces temps ci, j'entends beaucoup de discours type du beur colonisé d'esprit qui ne sait que dire "mirci! mirci!" a la France et a la "Démagocratie". Ca devient plus que accablant.

Même des maghrébins qui se prétende "libéré" usent de la rhétorique populaire selon laquelle les arabes banlieusards sont des méchants congénitaux et qui faudrait les recadrer avec violence, d'ou le discours sarkozyste consensuel.

Le problème chez les maghrébins, a majorité berbère d'origine montagnard n'ayant pas eu une éducation solide, c'est juste l'éducation et que l'éducation mais il se peut qu'il y est des exemples qui échappe a la règle mais trés peu.

Il y a un facteur psychotique de colonialisibité trés important. On étiquette a tort "arabes voleurs" ou "arabes violents" ceci est une variante des stéréotypes francais fanatiquement anti-arabe qui trouve ses sources depuis la propagande de la pseudo-victoire de Charles Martel sur les sarrazins. Ce débat médiocre et plat est strictement franco-francais, au contraire dans les pays anglo-saxons, la diaspora arabe du Moyen-Orient (Liban, Syrie, Egypte...) est trés dynamique et surtout fait partie d'une couche sociale et intellectuelle trés haute, aux USA a part les teroristes du 11 septembre, les arabes sont quasi inconnu dans les prisons, résérvés aux noirs et aux latinos, les moyen-Orientaux font partie de la haute société.

Les "beurs" , les "beurettes" et autres nullités franco-beuresque sont un cahin-caca identitaire strictement français, encore une médiocrité bien française...Quand je voit comme je le mentionnait plus haut les diasporas arabes, libanaises, Egyptiennes, faire leurs places dans les pays anglo-saxons, les arabes Orientaux sont loin de ces broutilles cacaboudesque a la francaise, ils se moquerait bien de ces petites guéguerre mouloudienne marocco-algérienne, sans parler de cette frontière imaginaire tracé par le "beur" pseudo-integré dans le moule laÎciste et qui ne veut pas partager son privilège avec le "blédard" immigré post-mittérandien qui sent pas bon et qui fait rappeler honteusement au "beur intégré" ses origines campagnardes.

Le "blédard" est le mirroir horrible que le "beur intégré" veut a tout prix brisé pour plaire au de paternis "gaulois", mais le "gaulois" ne fait pas dans l'anthropologie maghrébine appliqué. Pour lui il y a l'autre, le barbare de Rome adapté a Paris-intra muros, blédard-beur, il n'en a cure ce n'est qu'un subterfuge inter-maghrébin, même si le beur intégré s'achète du gel a prix d'or pour aplatir sa chevelure crépue, le fashion Victim "gaulois" daignera accepter le "beur intégré" que si l'allégeance est significative.

Racisme ordinaire, bien francais, décaféiné...

La "beurette intégrée" dans tout ca fera tout pour être "intégré" même a servir d'objet exotique pour son patron, voir Rachida dati la sarkozyste ou les ni putes ni soumises, la "beurette intégré" devra satisfaire les désirs saugrenues du "Gaulois" quelques danses orientales et quelques couscous pour courroner le tout, et voila notre "beurette intégré" accepté dans la république, on pleurera son "sacrifice" et sa "libération" du joug paternel et islamo-oppressif.Ca méritera quelque larme de croodile. Je conseille a tous d'éviter la France, Médiocrité, néo-colonialisme présent dans tous les esprits, petites panoplies et petites blagues populaires dans les bistrots "Eh Rachida! kwa! kwa!" au boulot avec quelques franchouillards méditatif "toujours en retard le bougnoule!".

Un conseil a mes amis marocains, algériens et Tunisiens: Evitez la france et son fanatisme anti-arabe excité ces temps ci par l'Hongrois Sàrkozy.

Patientez mes chers frères! Je vous conseille inutilement, car vous n'êtes plus dupe, de stimuler toute votre matière grise au Canada ou en Angleterre, dans ces pays la mes frères, si votre anglais et châtié d'accent Kabyle ou Marrakchi ils ne se foutrons pas de votre gueule au contraire ils chercheront en a connaitre sur vous, Sabrû! Patientez mes frères de France qui vous faites humiliez et avilir a chaque fois que vous essayez de parler le Francais avec votre accent exotique. Le jour ou nos dictateurs tomberont on pourra tous revenir pour créer une nouvele Bayt-Al-Hikma et élever Baghdad au rang de Cité du savoir et des sciences! CE jour la viendra!

salam

De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni Putes Ni Soumises :

De la cĂ©rĂ©monie du dĂ©voilement Ă  Alger (1958) Ă  Ni Putes Ni Soumises :
l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes

Par Houria Bouteldja
mercredi 13 octobre 2004

 

1. Le dévoilement, une violence coloniale

13 mai 58 Ă  Alger, place du Gouvernement : des musulmanes montĂ©es sur un podium pour brĂ»ler leur voile. L’enjeu de cette mise en scène est de taille : il faut pour les autoritĂ©s coloniales que les femmes algĂ©riennes se dĂ©solidarisent du combat des leurs. Leur exposition sert de langage : celui d’une puissance coloniale qui oeuvre pour gagner les femmes Ă  l’émancipation et Ă  la pĂ©rennitĂ© de la "civilisation française". RĂ©action Ă©pidermique de la sociĂ©tĂ© algĂ©rienne : maintenir - et c’est vital - les femmes hors de l’invasion coloniale pour prĂ©server l’être algĂ©rien. "Certaines, dĂ©crit Franz Fanon, dĂ©voilĂ©es depuis longtemps reprennent le voile affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du GĂ©nĂ©ral de Gaulle".

Aujourd’hui, 40 ans après l’indépendance, les méthodes ont changé dans la forme, mais pas dans le fond, car l’esprit colonial, toujours vivace, continue d’imprimer l’inconscient français. Duplice, il invoque constamment les grands principes qui fondent la République, mais préside à toutes les entreprises politiques qui disqualifient les fils et filles d’indigènes et valorisent un républicanisme franco-français prétendument universaliste. Ainsi, le corps des musulmanes, écartelé au nom des nobles principes de la République, s’est peu à peu défiguré, perverti en banal objet médiatique, figure repoussoir d’une idéologie franco-centrée décidément incapable de penser l’altérité et de penser sa responsabilité dans ce qui fait l’autre et son identité contrariée.

2. Ni putes ni soumises : association fĂ©ministe ou appareil idĂ©ologique d’État ?

C’est d’ailleurs ce racisme post-colonial qui permet de comprendre l’omniprĂ©sence, dans le discours des dirigeants de Ni Putes Ni Soumises sur le voile, et plus largement sur les mĂ©faits de la "culture de citĂ©", du thème du "rappel" des règles ou de la "rĂ©-affirmation" des principes. En effet, comme l’a remarquĂ© Pierre TĂ©vanian, il est Ă  première vue paradoxal, si l’on reste sur le strict terrain de la laĂŻcitĂ©, qu’une loi nouvelle, marquant une rupture avec les textes de loi fondateurs de la laĂŻcitĂ© (en introduisant un devoir de laĂŻcitĂ© de la part des Ă©lèves), ait pu ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme un "rappel" ou un "retour" aux sources :

"La question ne peut ĂŞtre Ă©ludĂ©e : si les textes fondateurs des annĂ©es 1880 et 1905 ne justifient pas l’interdiction du port de signes religieux par les Ă©lèves, qu’est-ce donc qui devait ĂŞtre "retrouvĂ©", "rĂ©affirmĂ©" ou "rappelĂ©" ? L’une des rĂ©ponses possibles est la suivante : ce qui, des annĂ©es 1880-1905, devait ĂŞtre "rĂ©affirmĂ©", c’est un certain ordre symbolique qu’on peut qualifier de colonial, dans lequel certaines populations, considĂ©rĂ©es comme sous-humanisĂ©es du fait de leur rĂ©fĂ©rence musulmane, sont vouĂ©es au statut de serviteurs dociles et invisibles ou Ă  celui de "cible" et de "bouc Ă©missaire". Un ordre symbolique dans lequel, de toute façon, les personnes de couleur ou identifiables comme "musulmanes" sont rĂ©duites au rang d’instrument au service de l’homme pleinement homme, autrement dit au statut d’objet parlĂ©, Ă©tudiĂ©, commentĂ© (et le plus souvent diffamĂ© et insultĂ©), et non de sujet parlant. On peut, si l’on garde Ă  l’esprit ce passĂ© colonial qui n’est pas passĂ©, comprendre l’intensitĂ© des grandes campagnes mĂ©diatiques et politiques qui ont Ă©tĂ© menĂ©es ces derniers mois sur le thème de la "restauration" de "la RĂ©publique" : la campagne centrĂ©e sur le voile, mais aussi celles menĂ©es sur le thème du sexisme et de l’antisĂ©mitisme en banlieue. Tout se passe comme si, au tournant du siècle, les classes dirigeantes (quel que soit le pĂ´le : PS ou UMP) avaient Ă©tĂ© prises de panique devant la mise en crise de cet ordre symbolique colonial, et devant l’émergence de diverses manifestations identitaires, religieuses, culturelles, sociales et politiques dont le point commun Ă©tait la rupture avec le devoir de "rĂ©serve" et d’"humilitĂ©" imposĂ©e aux descendants de colonisĂ©s. Parmi ces faits sociaux qui ont littĂ©ralement semĂ© la panique, figurent la visibilitĂ© grandissante de la pratique de l’islam, mais aussi les mobilisations contre la guerre en Irak ou contre la politique israĂ©lienne, mais aussi la popularitĂ© croissante qu’ont pris des combats politiques initiĂ©s par les immigrĂ©s eux-mĂŞmes, ou par leurs enfants, notamment les combats contre la double peine, le combat pour le droit de vote des Ă©trangers, et la lutte des sans-papiers. Il faut Ă©galement mentionner la rĂ©ouverture du "dossier" colonial, notamment en 2001, annĂ©e marquĂ©e par un long dĂ©bat sur la torture et par une importante manifestation commĂ©morant le crime d’octobre 1961."(1)

C’est dans ce contexte qu’apparaissent, les Ă” combien opportunes "Ni Putes Ni Soumises". Si l’on se souvient de la vĂ©hĂ©mence des rĂ©actions de l’UMP parisienne, mais aussi du courant chevènementiste, face Ă  ce dĂ©but de retour critique sur la pĂ©riode coloniale, on comprend mieux le rĂ´le qu’a jouĂ© ce " mouvement " courant 2002 : celui d’un appareil idĂ©ologique au service d’une classe dirigeante prise de panique face Ă  une remise en question grandissante de la lĂ©gitimitĂ© de l’État (notamment du fait de la montĂ©e d’une abstention massive), et face Ă  l’émergence d’une gĂ©nĂ©ration de "jeunes issus de la colonisation" affichant sans complexe leurs revendications et demandant de nouveau des comptes Ă  la RĂ©publique. Les Ni Putes Ni Soumises ont aidĂ© cette classe dirigeante Ă  s’emparer du voile islamique, mais aussi de la question du sexisme et de celle de l’antisĂ©mitisme, afin de littĂ©ralement remettre Ă  leur place ces "jeunes " trop " arrogants " : Ă  la place des accusĂ©s et non plus des accusateurs, Ă  la place des objets de discours et non plus des sujets parlants. Ce "rappel Ă  l’ordre colonial" constitue une espèce de revanche historique, un "on vous l’avait bien dit !", une "reconquĂŞte" de ces arabes "injustement" Ă©mancipĂ©s de la France.

3. Le retour de "l’Arabe" voleur, violeur et voileur

Souvenons-nous des images rapportĂ©es par des Ă©quipes de tĂ©lĂ©vision parties en expĂ©dition "visiter" les "territoires perdus de la RĂ©publique" après la mort de Sohane et les premières affaires de viols collectifs : de jeunes hommes (d’origine maghrĂ©bine ou d’Afrique noire) laissant transparaĂ®tre une hĂ©tĂ©rosexualitĂ© violente, une nature agressive et bestiale contre lesquelles des femmes, mi hĂ©roĂŻnes, mi victimes vont se dresser telles des amazones de citĂ©s : les ni Putes ni Soumises. Leur credo : la lutte contre le sexisme des banlieues et le "fascisme vert". Ces combats, convenons-en, sont plus que lĂ©gitimes (si tant est que l’on Ă©value Ă  sa juste mesure l’influence dudit fascisme, et qu’on dise clairement quels groupes peuvent ĂŞtre ainsi qualifiĂ©s, et sur la base de quels critères). Ce qui dĂ©range en revanche, c’est l’essentialisme de leur discours. Les extrapolations qu’il permet ne sont pas sans rappeler les constructions idĂ©ologiques du dĂ©but du 20ème siècle qui dĂ©crivaient l’indigène comme une bĂŞte, esclave des ses sens, dĂ©jĂ  violeur, voleur et bientĂ´t (avec la guerre d’indĂ©pendance algĂ©rienne) voileurs de femmes. C’est la qu’intervient le "gĂ©nie" politique de cette machine Ă  broyer les luttes sociales des quartiers qu’est SOS racisme : mettre dans la bouche mĂŞme de femmes issues de cette immigration post-coloniale, promues auxiliaires des classes dirigeantes comme le furent jadis les bachagas, les paroles racisantes, les mises Ă  l’index pĂ©remptoires et les propos islamophobes que le politiquement correct en vigueur chez les Ă©lites ne saurait souffrir ou assumer pleinement. Faites entrer l’accusĂ© ! c’est le père, le frère, le compagnon bientĂ´t le fils. Cette image pourrait prĂŞter Ă  sourire s’il elle ne suscitait chez nous, filles et fils de migrants post-coloniaux, une profonde amertume. Elle n’est, en effet, que le nouveau chapitre d’une longue sĂ©rie de manĹ“uvres politiques et idĂ©ologiques visant Ă  disqualifier les colonisĂ©s et leurs descendants immigrĂ©s ou "issus de l’immigration", pour la seule gloire d’une France dĂ©cidĂ©ment incapable de renoncer aux privilèges de la domination.

En effet, l’ordre colonial en AlgĂ©rie s’appuyait sur un système lĂ©gislatif rigoureux visant Ă  l’émiettement progressif du peuple algĂ©rien. La stratĂ©gie du "diviser pour mieux rĂ©gner" passait par la mise en concurrence des diffĂ©rentes composantes de la sociĂ©tĂ©. Ainsi, dès 1871, par le dĂ©cret CrĂ©mieux, les autochtones juifs se voyaient accorder le droit Ă  la pleine citoyennetĂ©, ce qui eut comme effet immĂ©diat, par les privilèges affĂ©rents, de les couper du corps social majoritaire et d’activer les tensions communautaires, quasi-inexistantes jusque lĂ . Ce funeste Ă©pisode, prĂ©lude Ă  une douloureuse amputation identitaire, non seulement privera l’AlgĂ©rie de la quasi-totalitĂ© de sa composante juive, mais trouvera dans le conflit israĂ©lo-palestinien un exutoire. Ironie de l’histoire : c’est sur le sol français, lieu du "pĂŞchĂ© originel" qu’est l’entreprise coloniale, que les communautĂ©s juives et musulmanes soldent les comptes d’une histoire enfouie mais toujours au bord de l’explosion. De la mĂŞme façon fut construit le mythe kabyle, groupe ethnique ontologiquement supĂ©rieur aux arabes car proche de "l’Occident chrĂ©tien", blond aux yeux bleus, etc. Dans le cadre de cette mĂŞme stratĂ©gie, la machine coloniale conçut ses supplĂ©tifs au sein mĂŞme du corps social. Ceux que l’on appellera Harkis feront ainsi le sacrifice de leur âme, plus sĂ»rement victimes de rapports de force dans le cadre de la guerre coloniale que pleinement consentants. Enfin, et sans doute trop tard pour en bĂ©nĂ©ficier pleinement la machine de propagande, comprit le bĂ©nĂ©fice qu’elle pouvait tirer d’une campagne de libĂ©ration de la gente fĂ©minine : atteindre le cĹ“ur mĂŞme de la rĂ©sistance algĂ©rienne en proposant comme ennemis aux femmes musulmanes, Ă©pines dorsales de la rĂ©sistance, leurs propres maris, pères ou frères afin de les dĂ©tourner de l’oppression coloniale. Cette entreprise de division du corps social est toujours en oeuvre dans la France de 2004. La sociĂ©tĂ© post-coloniale vivant en France en est Ă  la fois victime et tĂ©moin car c’est en son sein que se situe le vĂ©ritable ennemi. Ce sont les Ni Putes Ni Soumises qui l’affirment. La messe est dite !

4. Un " féminisme du dominé "

Les NPNS ? un ersatz de fĂ©minisme excluant et les putes et les soumises (entendez : les voilĂ©es), valorisant ce faisant une fĂ©minitĂ© conforme aux normes dominantes et confortant les politiques de discrimination "rĂ©publicaines" Ă  l’endroit de ces deux catĂ©gories hĂ©rĂ©tiques de femmes (2). En d’autres termes, un fĂ©minisme bon marchĂ©, taillĂ© pour les femmes de quartiers. Ce qui le caractĂ©rise ? d’une part, l’essentialisme sexuel et la mollesse de ses positions philosophiques. Car les femmes de quartiers populaires, encastrĂ©es dans une « inoxydable fĂ©minitĂ© " (3), ne revendiquent que des droits minimaux, caractĂ©ristiques d’une citoyennetĂ© au rabais : l’intĂ©gritĂ© physique, le choix des tenues vestimentaires (ou plus exactement le droit de faire "le bon choix", celui de la jupe courte, car le choix de porter le voile sans ĂŞtre insultĂ©e ou dĂ©scolarisĂ©e ne fait pas partie de l’agenda des Ni putes ni soumises), et enfin la pacification des relations avec l’autre sexe. Tiens ! en parlant de sous-citoyennetĂ©, Chirac n’avait-il pas dit Ă  propos du peuple tunisien (ex-peuple colonisĂ©) que "le premier des droits de l’Homme, c’est de manger, d’être soignĂ©, de recevoir une Ă©ducation et d’avoir un habitat" ? et d’autre part, l’omerta (mot que FadĂ©la Amara affectionne) faite sur l’ensemble des violences sexistes qui traversent toutes les couches sociales de notre sociĂ©tĂ© et mises en Ă©vidence par l’excellent rapport sur les violences sexistes, « LibertĂ©, Ă©galitĂ©, sexualitĂ©s Â» (4), exemptant ainsi le sexisme des « autochtones Â» de toute auto-critique et validant l’idĂ©e d’un sexisme exogène et importĂ© par l’immigration musulmane.

Epilogue...

Le 7 février 2004, Fadéla Amara, présidente des Ni Putes Ni Soumises, et en lice avec Pierre Rosanvallon, Jean-Claude Guillebaud et Claude Nicolet (5), recevait des mains de Jean-Louis Debré, l’homme des coups de hache contre l’Église Saint Bernard et du durcissement des lois Pasqua sur le séjour des étrangers, le prix du Livre Politique de l’année.

Le week-end dernier, c’était au tour de ValĂ©rie Toranian (directrice de rĂ©daction du magazine « Elle Â», Corinne Lepage (ancienne ministre et laĂŻcarde acharnĂ©e), Bernard Stasi (ancien ministre et principal promoteur de la loi sur les signes religieux), Laure Adler (directrice de France Culture) et enfin Dominique de Villepin (ministre de l’intĂ©rieur) de lui rĂ©gler son pourboire en lui rendant hommage pour bons et loyaux services.

Toutes des salopes ?

Toutes des salopes ?

Par Fatima Aït Bounoua chroniqueuse pour le magazine Fumigène et pour Ressources urbaines.

Je croyais naïvement que «beurette» était simplement le féminin du terme argotique «beur», lui-même verlan d'«arabe». Mais ce suffixe «ette» change bien plus que le genre du nom. En effet, si vous tapez «beur» sur Google, vous trouverez Beur FM ainsi que des sites variés... Par contre, tapez «beurette», et là, vous aurez uniquement une liste de sites pornographiques...
Et alors ? me direz-vous. Alors ? Le problème n'est pas l'existence de ces sites porno (bien sûr que non) mais le fait qu'il n'y ait que ces sites. Autrement dit, la beurette est devenue, de fait, une catégorie sexuelle. Elle est classée parmi les autres catégories : «gros seins», «fétichiste», «partouze», etc. Etrange, non ? D'un point de vue pragmatique, on peut me répondre que les sites porno, en général, sont bien référencés. Ils apparaissent donc en premiers sans être les seuls pour autant. Seulement, je ne parle pas de la première page Google, mais des dix premières ! L'abondance des sites porno au sujet des beurettes est le résultat d'une demande reposant sur plusieurs clichés tenaces.
Tout d'abord, la recherche de l'exotisme, de la fille venue d'ailleurs. La beurette ayant cette particularité d'incarner l'exotisme à proximité. En effet, les sites parlent de l' «appart des beurettes», les «beurettes des banlieues» avec l'idée que cette fille typée peut habiter l'immeuble d'en face. On peut penser que c'est la même chose pour toutes filles dites «exotiques», mais pas exactement. En tapant «asiatiques», «femmes noires» ou «femmes des îles», le phénomène n'a pas la même ampleur.
En effet, pour la jeune femme d'origine maghrébine s'ajoute une dimension supplémentaire, toujours présente d'une façon implicite ou non: la transgression de l'interdit religieux. C'est cette transgression qui est mise en scène pour susciter désir et excitation. Ainsi de jeunes femmes voilées se font «baiser» avec comme sous-titre: «Leila n'est pas si coincée», en insistant sur les contrastes visuels. On notera que pour jouer la beurette, être brune et bronzée suffit, si le nom inventé «sonne arabe» comme Safia ou Fatima. Les sites jouent sur les fantasmes de la prude salope en utilisant des termes comme «dépravées» qui insistent sur des critères moraux dévoyés. Tout se passe comme si les beurettes étaient forcément des musulmanes, des musulmanes prisonnières et celles du site seraient celles qu'on est parvenu à «libérer» des contraintes religieuses. Les petites histoires racontées vont toutes dans ce sens et les pratiques, souvent la sodomie, les doubles pénétrations, sont en contraste avec les premières images où la jeune femme est présentée comme chaste et réservée. Les beurettes passent alors pour des femmes assoiffées de sexe qui, comme quelqu'un qui aurait été privé de nourriture depuis longtemps, se jetterait dessus dès que l'accès en serait permis. Ces sites seraient donc dans une certaine mesure le revers, la face cachée d'une représentation, caricaturale, de l'islam. Représentations qui reposent sur des clichés largement présents dans l'imaginaire collectif, lesquels se nourrissent en partie de réalités (la rigueur de l'islam) mais aussi et surtout de fantasmes créés par la peur et la méconnaissance de la communauté concernée.
Outre cette violation de l'interdit, s'ajoute une représentation post-coloniale de la femme arabe représentée comme soumise dans la vie et donc soumise sexuellement. A cela, se mêle une nouvelle représentation, apparemment opposée, celle de la jeune femme maghrébine essayant de «s'émanciper». Mais à la vraie émancipation qui serait sociale et intellectuelle, les sites substituent une émancipation factice qui n'est qu'une pseudo-libération sexuelle, comme le signalent les titres évocateurs des sites : «Beurette rebelle», «Beurette insoumise». L'omniprésence de ces sites finit même par être dangereuse car, paradoxalement, ils deviennent des arguments pour beaucoup d'intégristes. En effet, ils véhiculent l'idée que les femmes orientales vivant en Occident sont des femmes «perdues» car elles ont été laissées «trop» libres. Ces images porno sont alors utilisées pour effrayer les croyants sur l'avenir de leurs filles, en réveillant les clichés qu'ils peuvent avoir sur l'Occident comme lieu de débauche. Non seulement ces vidéos ne contribuent pas à la libération sexuelle mais seront plutôt facteurs de régression. Enfin, cette représentation souvent dégradante de la beurette participe de l'image de la femme dans les films pornographiques. La tendance étant la mise en scène de scènes de plus en plus violentes où le gang bang et autres pratiques de groupes sont devenus banals. Cette violence est à mettre en relation avec la misère sexuelle de beaucoup d'internautes (pas tous, bien sûr!). Leur frustration est tellement forte qu'elle engendre un désir de voir des scènes hard où l'homme ne subit pas son désir mais le maîtrise en dominant sa partenaire. Des scènes humiliantes où ils peuvent dominer par procuration ce qu'ils ne peuvent pas avoir: une femme qui les désire.
Le plus triste dans tout ça, c'est qu'une jeune fille de 12 ans qui se ferait appeler «beurette» et chercherait ce mot sur Internet ne trouverait comme réponse que ces images porno... Ce terme a priori neutre est devenu une insulte. «A priori neutre»... car dès le début, les termes de beur et de beurette en désignant d'une façon spécifique ceux qui sont tout de même censés être avant tout français, étaient biaisés.
Ces mots méritent-ils encore d'être utilisés ? Ont-ils un sens ? Que représentent-ils vraiment ? Quel est le point commun entre une jeune femme d'origine algérienne ayant grandi à Niort, une étudiante de Mantes-la-Jolie au père ouvrier arrivé du Maroc en 1956, une minette de 14 ans ayant grandi à Lille élevée par une mère turque et une femme de 30 ans, avocate, n'ayant plus de lien avec sa famille ? Elles sont toutes appelées beurettes, alors qu'elles n'ont sans doute rien en commun, hormis le fantasme de ceux qui n'en connaissant aucune pensent les connaître toutes...

Source: Libération le 20/02/2007

Télé-réalité et religion, une tendance pour la saison 2007/2008

Après '30 Days as a muslim', voici 'Make me a muslim !' La première émission de télé-réalité a été diffusée durant l'année 2007 aux Etats-Unis, tandis que la seconde l'est actuellement en Grande-Bretagne. Quand la télé-réalité investit le champ religieux, ce sont tabous et autres non-dits qui tombent.



Dans un rapport datant de début avril, réalisé conjointement par la société Médiamétrie, qui assure la mesure scientifique d'audience des principaux médias audiovisuels, et l'International Media Consultants Associés (IMCA) et intitulé "Tendances TV internationales : nouveaux formats, nouveaux contenus - Saison 2007/2008", les auteurs soulignent le fait que "la spiritualité envahit l'écran avec une profusion d'émissions qui analysent les croyances et tentent de comprendre les différentes convictions religieuses de ce monde."

Islam, christianisme, bouddhisme, aucune croyance n'est épargné. Immersions et autres aventures mettent en scène les religions. "Ainsi, dans la série 'Are You Bouddha?' (France 4), une jeune femme cadre stressée par sa vie parisienne part en Asie à la recherche de Bouddha", raconte le rapport.

"Les téléspectateurs sont de plus en plus enclins à l'interactivité et à la mobilité", précise le rapport, qui estime que "pour répondre aux attentes de ces téléspectateurs 'nouvelle génération', les nouveaux contenus doivent être une combinaison habile entre valeurs traditionnelles et nouveaux usages."


'Make me a muslim !'

L'équipe d'encadrement de l'émission
L'équipe d'encadrement de l'émission
 
Dernière trouvaille, en Grande-Bretagne, c'est l'émission "Make me a muslim !", en français "Faîtes de moi un musulman !", diffusée par la chaîne Channel 4 qui est mise à l'honneur. Le concept ? Selon la chaîne de télévision, c'est "un groupe de bénévoles du Yorkshire qui accepte de vivre selon les principes islamiques dans le but de mieux comprendre cette religion et de voir ce qu'elle peut apporter à leur vie". Ils sont six au total et viennent de la ville de Harrogate, une commune du Yorkshire où les minorités ethniques sont très peu visibles.

Dans le premier épisode, on peut voir Karla, qui vit en couple depuis deux ans avec Ash, un jeune homme de culture musulmane, et qui espère qu'en se plongeant dans le mode de vie de la famille de son ami, pratiquante, elle pourrait les convaincre de l'accepter. Mais l'on s'aperçoit aussi que la rébellion gronde et que Phil, le chauffeur de taxi, s'est rendu au pub local afin d'y boire une bière. Enfin, désappointé, Ajmal Masroor, l'imam, ne verra se présenter à la prière du vendredi seulement trois personnes parmi les six.

"Va-t-il réussir, avec son équipe de mentors, à être en mesure de convaincre le groupe rebelle que l'Islam a vraiment quelque chose à leur offrir ?", peut-on lire sur le site de l'émission.

'30 Days as a muslim'

Dave en compagnie de Sadia et Shamael, le couple qui l'accueille
Dave en compagnie de Sadia et Shamael, le couple qui l'accueille
Dans la même veine, une émission diffusée aux Etats-Unis par la chaîne F/X et s'intitulant 30 Days fait plonger les candidats, 30 jours durant, dans un univers quotidien totalement inverse du leur. C'est ainsi que l'un des épisodes s'est intitulé 30 Days as a muslim.

Dave, un chrétien pratiquant en provenance de Virginie, a vécu pendant 30 jours chez Sadia et Shamael, des musulmans pratiquants vivant à Dearborn, dans le Michigan.

Invité peu après dans le célèbrissime talk-show américain de la tout aussi célèbre Oprah Winfrey, Dave a déclaré : "Avant, je ne savais vraiment rien sur l'islam. Je me suis marié le 15 septembre, soit quatre jours après le 11. J'étais tellement en colère après cet événement !" Et ce dernier d'ajouter : "Malheureusement, les gens les plus ignorants des autres religions sont souvent ceux qui ont le plus de voix à ce sujet."
 
Mercredi 23 Avril 2008
Assmaâ Rakho Mom
Saphirnews.com
 
 

Allemagne : cours de natation obligatoire, mĂŞme pour les musulmans

A Muslim woman watches her children swim. Photo: DPA

Le tribunal allemand a tranché : une fillette musulmane ne sera pas dispensée de cours de natation pour motifs religieux. La cour de Dusseldorf a déclaré que l’éducation de la jeune fille était plus importante que sa liberté religieuse. Les parents de l’enfant refusaient que leur fille apprenne à nager au motif qu’elle devait se découvrir le corps. L’école a également refusé, pour des raisons de personnel, de mettre en place des séances de natation séparant filles et garçons.

Miss Maghreb

Si ça ce n'est pas du Business... :

http://www.miss-maghreb.fr/




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La Mecque - 4000 pèlerins français portent plainte pour escroquerie

La Mecque/image d'archives - TF1CrĂ©dit Photo : TF1 
La Mecque/image d'archives
Ils estiment que les Français sont les pèlerins les plus maltraités de La Mecque "car on a laissé agir en France un réseau mafieux".

Le dernier pèlerinage fin décembre a rassemblé plus de 30.000 fidèles français. Les deux tiers se sont déclarés "très insatisfaits".
- le 23/04/2008 - 16h19












Plus de 4000 pèlerins s'apprêtent à déposer une plainte collective contre X pour "vols", "escroqueries" ou "abus de confiance" dans l'organisation de leur pèlerinage à La Mecque. Selon Zakaria Nana, président de SOS Pèlerins, la plainte sera déposée auprès du Procureur de Paris à l'issue de l'assemblée générale de l'association qui se déroulera jeudi après-midi à Paris.

Selon le président de l'association, les Français qui souhaitent partir en pélerinage à La Mecque sont souvent victimes d'arnaques en France de la part des organisateurs du pélerinage. Dans Le Parisien, il explique par exemple que certaines personnes font confiance à des "rabatteurs, des intermédiaires qui touchent entre 100 € et 1000 € sur le forfait". Parfois, le voyage est ensuite annulé au dernier moment et le pélerin n'a alors plus qu'à se battre de longs mois pour être remboursé.

"Les pèlerins français sont les plus maltraités des pèlerins de La Mecque car on a laissé agir en France un réseau mafieux (...) et qu'une autorité ne régule [le marché] en France", explique Zakaria Nana. A l'occasion du dernier pèlerinage à la Mecque fin décembre, qui a rassemblé plus de 30.000 fidèles français, 11.500 se sont déclarés "victimes d'arnaque" dans l'organisation du voyage et les deux tiers "très insatisfaits", selon l'association.

(D'après agence)

 

Reconnaissance identitaire ou caractère ethnocentrique?

Jusqu'où peut-on fédérer afin de défendre les intérêts d'une communauté?

C'est la question qui se pose actuellement au Maroc suite à la décision de la Cour administrative de Rabat de dissoudre le Parti Démocrate Amazigh marocain (PDAM) jeudi dernier.

Cette décision s'appuie sur la loi marocaine qui interdit tout parti politique fondé sur des critères ethnique ou linguistique.

Et c'est précisément là que se situe le problème pour le PDAM. En effet, cette formation défend la reconnaissance identitaire et statutaire berbère au Maroc qu'elle estime représenter 50% à 60% de la population marocaine.

S'il est vrai que de nombreux exemples passés montre qu'il n'est jamais bon de cloisonner des groupes ethniques (surtout au niveau politique), il n'en reste pas moins que la défense et la reconnaissance des communautés est un sujet qu'on ne peut éviter.

Or c'est bien la politique qui permet de régir les statuts et les droits de la population. Alors comment agir dans ces conditions?

Le débat du bien-fondé de la dissolution du PDAM n'est pas le sujet qui m'intéresse ici. Toutefois, c'est un exemple qui soulève surtout une question de fond supplémentaire.

Finalement, n'y-a-t-il pas un amalgame entre le repli sur un groupe ethnique ou linguistique et la défense des intérêts d'une communauté?

Jusqu'où peut-on aller, d'un point de vue politique, pour défendre une communauté sans apparaître comme une menace ethnocentrique?

Et d'ailleurs, a-t-on jamais eu la réponse à cette question?

DISCOURS DE DAKAR toujours pas remise!!!

 
Le 26 Juillet 2007, Nicolas Sarkozy prononce à l'université de Dakar un discours dont la tonalité déchaine les passions. Le texte a été ecrit par Henri Guaino, son conseiller spécial, qui se serait vanté: " Le discours de Dakar, on en parlera encore dans dix ans."
 
Voici les grandes lignes:
 
Sur la traite négriére:
" Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d'autres Africains. "
 (PremiĂ©re version Ă©crite du discours distribuĂ©e aux journalistes)
 
Sur la colonisation et la repentance:
" Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s'efface pas. Je suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu fautes et crimes. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs péres. Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l'esclavage comme des crimes envers l'humanité. "
 
Sur l'homme Africain:
Pour le meilleur et pour le pire, la colonisation a transformé l'homme Africain et l'homme Européen. Je veux donc dire, à la jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen. Je suis venu vous dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconsilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires. "
 
Sur " La colonisation n'est pas responsable de..." :
" La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictatures. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspilages et de la pollution. "
 
Sur le paysan africain:
" Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connait que l'eternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire ou tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée du progrés. "
 
Sur l'homme africain " pas assez entré dans l'histoire ":
" Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énérgie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propore histoire. "
 
Sur la France et de devoloppement economique de l'Afrique:
" Jeunes d'Afrique, vous voulez le développement, vous voulez la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie. Mais le voulez-vous vraiment? Voulez-vous que cessent l'arbitraire, la corruption, la violence? Voulez-vous que la propriété soit respéctée, que l'argent soit investi au lieu d'être détourné? Voulez-vous que l'Etat se remette à faire sont métier, qu'il soit allégé de bureaucraties qui l'etouffent, qu'il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu'il domine les féodalités, qu'il domine les corporatismes? Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés pour l'exiger, mais personne ne le voudra à votre place. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est le codéveloppement, c'est à dire le développement partagé. "
 
Les réactions:
 
Boubacar Boris Diop ( journaliste et ecrivain sénégalais, Alternatives international du 01/10/07 )
" La phrase " ce sont des africains qui on vendu aux bégriers d'autres africains" est d'une colossale ineptie, elle est tout simplement indigne d'un président de la Republique. C'est une inslte à la mémoire des victimes et une infâme relativisation de la violence fondamentale du commerce triangulaire. Jamais dans toute l'histoire de l'humanité, une nation n'en a opprimé une autre sans avoir bénéficié, voire du zéle des élites du pays conquis. "
 
Alpha Oumar Konaré ( president de la commission de l'Union africaine UA, RFI le 27/07/07 )
" Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à la colonisation et cette réalité, je suis sur que le president la sait. Personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains. "
 
Achille Mbembe ( professeur d'histoire et de science politique au Wits Institute for social and economic Research ( Johannesburg) Site de la ligue des droits de l'homme de Toulon, le 01/08/07
" L'homme africain du president Sarkozy est surtout reconnaissable soit par ce qu'il n'a pas, ce qu'il n'est pas ou ce qu'il n'est jamais parvenu Ă  accomplir ( la dialectique du manque et de l'inachĂ©vement), soit par son opposition Ă  "l homme moderne" ( sous entendu " l'homme blanc") - opposition qui rĂ©sulterait de son attachement irrationnel au royaume de l'enfance, au monde de la nuit, aux bonheurs simples et Ă  l'âge d'or qui n'a jamais existĂ©. "
 
Véronique Tdjo ( poéte et romanciére ivoirienne, Libération 13/08/07
" Elle est responsable de quoi alors? Est ce vraiment la peine de rappeler le Rwanda, Elf, les diamants de Bokassa, la GuinĂ©e Ă©quatoriale, j'en passe et des meilleurs? "
 
Thomas Heams ( maître de conférence en génétique à Paris. Liberation 02/08/07
" Nous y voila. La chaleur, le rythme des saisons. Nicolas Sarkozy a oublié de concéder que, dans cet océan de médiocrité, l'Africain, au moins, avait le rythme dans la peau et courait vite. Le tableau aurait été parfait. Une typologie lamentable, qui n'est même pas du néocolonialisme mais du bon vieux colonialisme à l'anciennne à la Jules Ferry. "
 
Emmanuel Dongala ( écrivain congolais. Liberation 06/09/07
Je suppose que si vous vous battez pour maintenir vos grandes sociétes, entre autre Total au Congo, au Gabon, au Nigeria et en Angola, Bolloré dans les ports d'Abidjan et de Dakar, Areva dans les mines d'uranium du Niger et de la Centrafirque, cela ne participe que d'un Amour désinteressé et n'a rien à voir avec des interêts bassement mercantiles. "
 
 

Arthur : une amende de 7000 euros requise pour avoir insulté Dieudonné

Arthur : une amende de 7000 euros requise pour avoir insulté Dieudonné
Publié le 25 avril 2008

Une amende de 7000 € a été requise devant le tribunal correctionnel d’Aurillac à l’encontre du présentateur vedette de TF1 (et accessoirement “comique”) Arthur, pour avoir insulté Dieudonné.
En effet, le 29 novembre 2006, sur l’antenne d’Europe 1, Arthur avait traité l’humoriste de “dernières des pourritures“ que “même le Front National ne veut pas“.
Dieudonné avait alors tout de suite porté plainte avec constitution de partie civile.
Le jugement a été mis en délibéré au 12 juin prochain.

Barack Obama et le "vote juif" : l'ère du soupçon

L'image de Barack Obama est-elle ternie dans l'électorat juif américain au point de lui faire perdre l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis ? La question a rebondi après l'affaire Jeremiah Wright. Le sénateur de l'Illinois a rompu avec son révérend, mais ses relations passées avec un homme favorable aux Palestiniens et qui défend le mouvement noir Nation of Islam sont venues confirmer, pour nombre de juifs américains, des craintes sourdes alimentées par des cercles pour lesquels sa présidence serait "mauvaise pour les juifs et Israël".

"J'ai commencé à recevoir des courriels en janvier" explique J. J. Goldberg, éditeur du vieux journal juif de New York The Forward : tous clamaient que Barack Obama serait un "musulman caché" et que son "agenda" politique viserait à faire disparaître Israël. Des messages évoquaient un nommé "Barack Osama"... La campagne a pris une telle ampleur que, le 19 janvier, 7 des 13 sénateurs juifs américains ont, dans une "Lettre ouverte à la communauté juive", condamné ces "attaques ignominieuses".

Mais la campagne s'est poursuivie, relayée de manière plus sophistiquée par des intellectuels juifs ultraconservateurs. Elle vise beaucoup l'entourage du candidat, en particulier Zbignew Brzezinski, ex-conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, qui a pris le parti des auteurs d'un ouvrage critiquant l'influence du "lobby pro-israélien" (dit "Aipac") à Washington, et Robert Malley, ex-conseiller du président Bill Clinton sur le Proche-Orient, favorable à une négociation avec le Hamas palestinien. De fait, la plupart de ceux qui ont soutenu les efforts de paix des administrations Carter et Clinton au Proche-Orient se retrouvent du côté de M. Obama, mais aussi d'autres, plus vivement critiques de la politique israélienne.

Barack Obama a le soutien de nombreux intellectuels juifs, de financiers tel George Soros, de célébrités comme Steven Spielberg. Son porte-parole, David Axelrod, est également juif. Mais il a eu beau expliquer qu'il connaît "à peine" MM. Brzezinski et Malley et que son conseiller sur le Proche-Orient est Dennis Ross, un homme très proche de l'Aipac, jurer de son "inébranlable engagement pour la sécurité d'Israël", assurer qu'il ne "négociera pas avec le Hamas", désormais, dit M. Goldberg, "pour une partie de la communauté juive américaine, sa bonne foi est contestée".

L'ère du soupçon s'est ouverte. Chaque fois, un nouveau spectre surgit, comme cette déclaration de 2007 où M. Obama affirmait qu'"aucun peuple n'a récemment autant souffert" que les Palestiniens. Il explique qu'on "tronque" ses propos, peu importe, on ne retient qu'eux. Pour caractériser l'état d'esprit auquel il se heurte, M. Goldberg cite une plaisanterie juive : "C'est un télégramme qui dit : "Commencez à vous inquiéter, détails suivent...""

Ses adversaires se chargent d'alimenter cette défiance. Le 25 avril, le candidat républicain John McCain a qualifié M. Obama de "candidat préféré du Hamas". L'équipe d'Hillary Clinton, sa concurrente démocrate, distribue les pamphlets d'Ed Lasky, un ultra-conservateur qui a consacré 10 de ses 25 dernières chroniques dans American Thinker au seul thème d'Obama et Israël. Lorsque ce dernier explique qu'il entend "combler le fossé croissant entre les musulmans et l'Occident", Daphna Ziman, conseillère de Mme Clinton, se dit "horrifiée" : "Il n'affirme pas le droit d'Israël à exister."

Quel peut-être l'impact de ce "buzz" ? "Si l'on agrège les facteurs richesse, éducation, plus un regard sur le monde fondé sur la peur d'un regain d'antisémitisme", explique Allan Silver, socio-politologue à l'université Columbia, l'électorat juif "devrait être républicain ; or il reste massivement démocrate". Selon la dernière étude annuelle de l'American Jewish Committee (décembre 2007), 58 % des juifs américains penchent du côté démocrate contre 15 % vers les républicains ; 67 % (contre 27 %) jugent aujourd'hui que leur pays n'aurait pas dû envahir l'Irak.

Cet électorat est aussi particulièrement âgé et vote massivement. Comparé aux Noirs américains, cinq fois plus nombreux mais plus jeunes et qui votent une fois et demi moins que la moyenne, le "vote juif" compte presque autant. Or ces électeurs juifs sont concentrés dans neuf Etats. Et le système électoral fait que le vainqueur dans un Etat rafle tous ses "grands électeurs" à l'élection présidentielle. Electoralement, estime M. Goldberg, 30 % de cet électorat "fluctuant", soit 1,2 million de voix, peuvent faire la différence dans certains Etats.

Ces électeurs sont-ils sensibles au facteur racial ? Question délicate... En 1945 s'était formée la Coalition noire-juive contre le racisme. Elle a commencé de se désagréger à la fin des années 1960, avec l'émergence d'un mouvement identitaire noir incluant des tendances antisémites.

Depuis, avec la référence croissante "Noirs américains-Tiers-mondisme" et l'idée qu'"antisionisme égale antisémitisme", nombre de juifs ont développé vis-à-vis des Noirs des sentiments de crainte, sinon d'hostilité, expliquent MM. Goldberg et Silver. "Candidat noir", M. Obama en souffre.

Jusqu'ici, lors des primaires démocrates, 54 % des juifs ont voté Hillary Clinton et 44 % Barack Obama. Il a emporté leurs suffrages dans le Massachusetts et le Connecticut, sa rivale à New York, dans le New Jersey et en Pennsylvanie. Ils ont fait jeu égal en Californie.

La crainte de perdre des voix juives lors de l'élection présidentielle si M. Obama est désigné pourrait amener certains "grands électeurs" démocrates à choisir Mme Clinton lors de la Convention. Car si le sénateur de l'Illinois était investi, un nombre difficilement quantifiable d'électeurs juifs basculerait en faveur de John McCain.



Sylvain Cypel
Article paru dans l'édition du Monde du 04.05.08.



L'Iran se plaint Ă  l'ONU de propos tenus par Hillary Clinton

L'Iran se plaint Ă  l'ONU de propos tenus par Hillary Clinton

L'Iran a formulé mercredi une plainte auprès des Nations Unies à la suite de propos tenus par la sénatrice américaine Hillary Clinton durant sa campagne électorale pour la Maison Blanche. Elle avait mis en garde Téhéran contre une attaque contre Israël.

La candidate démocrate à l'investiture de son parti avait déclaré la semaine dernière que si elle était élue présidente en novembre et que les dirigeants iraniens lançaient une attaque nucléaire sur Israël, les Etats-Unis seraient prêts à "totalement les réduire à néant". L'ambassadeur adjoint de l'Iran aux Nations unies a adressé une lettre au secrétaire général Ban Ki-moon et au président du Conseil de sécurité dans laquelle il exprime la condamnation iranienne "d'une telle déclaration, provocatrice, déplacée et irresponsable".

Mme Clinton avait tenu ces paroles sur la chaîne télévisée ABC. Elle entendait par là faire savoir à Téhéran ce qu'elle serait prête à décider en cas d'attaque nucléaire contre Israël, a-t-elle par la suite précisé.

"Je veux que les Iraniens sachent que si je suis présidente, nous attaquerons l'Iran (s'il attaque Israël)", avait-elle déclaré.

"S'ils tentent stupidement, lors de ces dix prochaines années, de lancer une attaque contre Israël, nous serons en mesure de les réduire à néant", avait-elle ajouté.

"C'est terrible de dire cela, mais ces gens qui dirigent l'Iran doivent le comprendre, car cela les dissuadera peut-être d'entreprendre quelque chose d'irréfléchi, de stupide et de tragique", avait-elle aussi poursuivi.

Dans sa lettre datée du 30 avril, l'ambassadeur adjoint Mehdi Danesh-Yazdi a indiqué vouloir réaffirmer le rejet par l'Iran de toutes les armes de destruction massive, y compris les armes nucléaires.

"De plus, je souhaite réaffirmer la position de mon gouvernement, selon laquelle la République islamique d'Iran n'a l'intention d'attaquer aucun autre pays", a-t-il ajouté.

"Néanmoins, l'Iran n'hésiterait pas à agir en légitime défense en répondant à toute attaque contre la nation iranienne et en prenant des mesures défensives appropriées pour se protéger", a-t-il encore dit.


SDA-ATS News Service

Des néo-nazis???


Profanation du cimetière de Notre-Dame-de-Lorette : des néo-nazis ? Version imprimable Suggérer par mail
Publié le 24 avril 2008
Profanation du cimetière de Notre-Dame-de-Lorette : Des néo-nazis ?
(c) Huguen/AFP
C
’est à juste titre que la profanation de 148 tombes dans le carré musulman du cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras, a scandalisé la France entière, y compris tous les nationaux qui n’oublient pas le nombre de musulmans qui se tinrent aux côtés des Français catholiques dans les moments les plus difficiles de notre histoire.

L’abjection et le scandale de cet acte est cependant encore renforcé par l’exploitation qu’en fait la propaganda staffel du système.

Ainsi a-t-on tenté de nous convaincre, dès l’annonce des faits, que leurs auteurs étaient membres de « groupuscules néo-nazis ». Cela sans plus de précisions, et pour cause : il y a en effet bien longtemps que les dits groupuscule ont disparu de la vie politique française, y compris de sa lunatic fringe…

Soyons clair, je n’exclue pas que cet acte immonde soit l’objet de quelques hilotes et QI à deux chiffres, skinheads ou assimilés.

Mais derrière les auteurs des faits, il faut voir ceux dont les écrits peuvent les avoir décidé à agir…

Et là, on cherche en vain la moindre trace de « néo-nazisme » !

En effet, qui a, peu avant les faits, diffusé sous le titre Fitna, un petit film appelant à la haine du musulman ?

Des néo-nazis ?

Pas le moins du monde… Un député hollandais, d’origine libérale, qui déclare être « très proche d’Israël la seule démocratie au Moyen-Orient», et dont la fréquentation est pour lui « un antidote qui le prémunit contre l’extrême droite européenne. »

De même on ne peut guère qualifier de néo-nazis Oriana Fallaci, Rober Redeker ou Magdi Allam… Par contre il est acquis qu’ils sont tous les trois de grands amis de l’entité sioniste et des dénonciateurs virulents de la religion musulmane.

Comme le sont tous les sites, qui d’Occidentalis à Islamovigilance en passant par celui de la Ligue de défense juive, exploitent le même filon, dans l’impunité la plus totale.

C’est ce qu’a très bien compris le Collectif Contre l’Islamophobie en France qui dans un communiqué a condamné « avec la plus grande fermeté cet acte odieux, mais également les propos et discours islamophobes dont ont pu s’inspirer les auteurs de ces méfaits, qui se tiennent sur Internet ainsi que dans certaines rencontres publiques, et qui ne relèvent pas exclusivement de l’idéologie d’extrême droite. »

Christian Bouchet

Source : http://www.voxnr.com

Musulmans et Occidentaux : une méfiance réciproque croissante

Musulmans et Occidentaux :  une méfiance réciproque croissante

Extraits d’un article de La Croix.
Soixante pour cent des Européens disent percevoir comme une menace l’interaction croissante entre Occident et monde musulman. Un chiffre qui résume bien les incompréhensions et les craintes qui s’affirment dans ces deux grandes aires culturelles. Ce constat est posé dans un rapport rendu public mardi 25 mars par le Forum économique mondial, organisateur, notamment, du forum de Davos.
(…)
Les habitants du ou des (…) sont parmi les Européens les plus méfiants envers l’islam : près de 80 % des Danois et 67 % des Néerlandais considèrent qu’une plus grande interaction entre les mondes musulman et occidental constitue une menace.

Le pas entre méfiance envers l’islam et critique radicale est vite franchi : au , une personne sur deux estime que l’islam est incompatible avec la démocratie. Cette opinion est calquée sur le discours des nouveaux pourfendeurs de l’islam, issus souvent de l’extrême droite, qui condamnent la religion musulmane au nom de la liberté d’expression et des Lumières.
(…)
L’intégration des enfants d’immigrés, qui vont parfois chercher une solution à leur crise identitaire dans un islam plus démonstratif que celui de leurs parents, est un phénomène qui inquiète les Occidentaux.

Pourquoi Césaire ne sera pas étudié dans les classes

Edito - Caraïbes - France - Pan Afrique - Education - Littérature

Pourquoi Césaire ne sera pas étudié dans les classes
Une tribune de l’historien François Durpaire, président de l’Institut des Diasporas Noires Francophones

Des centaines de Parisiens ont rendu hommage, samedi, à Aimé Césaire, à la veille des obsèques nationales du dimanche 20 avril. Mais dans la classe politique française, beaucoup de ceux qui voudraient le voir au Panthéon, pressés d’édulcorer sa pensée, ne seront pas prêts à ouvrir les programmes scolaires à sa littérature.

lundi 21 avril 2008, par François Durpaire

 

AimĂ© CĂ©saire Ă©tait un combattant de la libertĂ©. LibertĂ© politique, contre toute forme de domination. Et en premier l’esclavage : engagement subversif, Ă  une Ă©poque qui nie qu’il y ait des victimes de l’histoire. LibertĂ© spirituelle, car l’homme devait pour lui « marcher sans prĂ©cepteur sur les chemins de la pensĂ©e Â».

AimĂ© CĂ©saire tĂ©moignait que l’universalisme pouvait ĂŞtre caribĂ©en. AndrĂ© Breton disait de sa littĂ©rature : « Ce qui rend cette dernière sans prix, c’est qu’elle transcende Ă  tout instant l’angoisse qui s’attache, pour un Noir, au sort des Noirs dans la sociĂ©tĂ© moderne et qu’elle embrasse […] la condition plus gĂ©nĂ©ralement faite Ă  l’homme par cette sociĂ©tĂ©. Â»

Et pourtant, AimĂ© CĂ©saire devait se dĂ©fendre d’être anti-français, devant sans cesse rappeler que la nĂ©gritude « n’était pas un racisme noir, mais la rĂ©action au racisme blanc Â». Il ne cessait de dĂ©noncer le complexe de supĂ©rioritĂ© d’un occident qui lui rend aujourd’hui hommage, fustigeant le grand Hugo, qu’il aimait tant mais dont il dĂ©nonçait les propos : « Le Blanc a fait du Noir un homme. Au XXe siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde Â».

« AimĂ© CĂ©saire pourrait aujourd’hui ĂŞtre taxĂ© de communautarisme Â»

Parlant de « groupes opprimĂ©s Â», de « groupes marginalisĂ©s Â», Noir dĂ©fendant des Noirs, AimĂ© CĂ©saire pourrait aujourd’hui ĂŞtre taxĂ© de communautarisme - ou accusĂ© d’être pro-victimaire - par ceux-lĂ  mĂŞme qui l’encensent. Il dĂ©nonçait « l’instinctive tendance d’une civilisation prestigieuse […] Ă  penser l’universel Ă  partir de ses seuls postulats et Ă  travers ses catĂ©gories propres Â» [1].

MalgrĂ© les hommages, l’œuvre de CĂ©saire ne sera pas Ă©tudiĂ©e dans les classes, car elle est par essence rĂ©volutionnaire, par essence contestante. Philosophie de l’identitĂ©, elle pose qu’il n’y a pas d’universel sans respect et Ă©galitĂ©. Philosophie de l’identitĂ©, elle pose qu’ « il y a des Noirs et des Blancs Â», comme il l’écrit dans La tragĂ©die du roi Christophe. Philosophie trop subversive pour une sociĂ©tĂ© oĂą le mĂ©tissage Ă©rigĂ© en idĂ©al s’accommode d’une rĂ©alitĂ© faite de discriminations racistes.

Antillais, CĂ©saire se sentait « essentiellement africain Â». La nĂ©gritude Ă©tait pour lui refus, refus de l’oppression, combat, combat contre l’inĂ©galitĂ©. Chaque jour Ă©tait pour lui un combat. « Nègre je suis. Nègre je resterai. Et le Nègre vous emmerde Â». Il y a quelques temps, un ministre de l’éducation estimait que son Discours sur le colonialisme Ă©tait trop violent pour ĂŞtre Ă©tudiĂ© Ă  l’école...

AimĂ© CĂ©saire nous donnait des leçons d’humilitĂ©. Comme beaucoup d’entre nous, j’ai eu la chance de le rencontrer, car il avait ce sens de la dĂ©mocratie dans l’échange intellectuel ou tout simplement humain. Et je me souviendrai de son regard sincèrement inquiet alors qu’il venait d’offrir Ă  l’un des visiteurs ce chef d’œuvre du XXe siècle qu’est le Cahier d’un retour au pays natal : « Vous serez indulgent avec moi. C’est une Ĺ“uvre de jeunesse Â»â€¦

[1] Discours prononcé aux États-Unis le 26 février 1987, dans le cadre de la Conférence hémisphérique des peuples noirs de la diaspora.

Révélations sur le financement de RSF

RĂ©vĂ©lations sur le financement de RSF

Marie-Christine Tabet
21/04/2008
 
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Depuis le début de l'année, les ventes de tee-shirts sur lesquels les menottes ont remplacé les anneaux olympiques ont dépassé le million d'euros (ici, Robert Ménard et Vincent Brossel devant le siège du comité d'organisation des JO 2008, à Pakin, en 2007).
Depuis le début de l'année, les ventes de tee-shirts sur lesquels les menottes ont remplacé les anneaux olympiques ont dépassé le million d'euros (ici, Robert Ménard et Vincent Brossel devant le siège du comité d'organisation des JO 2008, à Pakin, en 2007). Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
 

L'association dirigée par Robert Ménard, qui a pris la tête de l'opposition aux JO de Pékin, bénéficie du soutien financier de chefs d'entreprise.

Si l'activisme humanitaire Ă©tait une discipline olympique, cet Ă©tĂ© Ă  PĂ©kin, les trois lettres de Reporters sans frontières brilleraient sur la plus haute marche du podium. MĂŞme un juge de la RĂ©publique populaire de Chine serait obligĂ© de reconnaĂ®tre la performance de l'organisation qui s'est jurĂ© de gâcher les Jeux des Chinois. Cette semaine, les militants de RSF se sont rendus Ă  l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des actionnaires de Coca-Cola, dans l'État du Delaware aux États-Unis. Sous le regard abasourdi et bienveillant des petits porteurs amĂ©ricains, les dirigeants du principal sponsor du relais de la torche, ont dĂ» rĂ©pondre aux questions comminatoires de Lucie Morillon, la reprĂ©sentante Ă  Washington de RSF. Elle a intimĂ© Ă  Neville Isdelle, le PDG de la firme, de prendre position en faveur des libertĂ©s en Chine et de crĂ©er un fonds de soutien aux familles de prisonniers politiques. Ce dernier, visiblement embarrassĂ©, a Ă©ludĂ© en rappelant les valeurs de l'olympisme et de sa compagnie. La bataille contre les marques qui se sont associĂ©es aux JO vient de commencer. Prochaines cibles : McDonald's toujours aux États-Unis, Adidas en Allemagne, Omega Ă  Genève, Atos Origin Ă  Paris… «Chaque fois nous allons leur proposer de signer une charte sur les droits de l'homme en Chine, prĂ©cise Lucie Morillon, ils doivent prendre position. Sinon nous irons jusqu'Ă  demander aux consommateurs de boycotter leurs produits.»

RSF, qui s'oppose depuis 2001 Ă  l'attribution des JO aux Chinois, veut Ă©galement obtenir des chefs d'État occidentaux qu'ils refusent de participer Ă  la cĂ©rĂ©monie d'ouverture du 8 aoĂ»t prochain. Les hostilitĂ©s ont Ă©clatĂ© le 30 mars dernier sur le mont Olympie, près d'Athènes, le jour du dĂ©part de la flamme. Robert MĂ©nard, le fondateur de l'association, et deux comparses ont dĂ©roulĂ© derrière un officiel chinois une banderole sur laquelle des menottes avaient remplacĂ© les cĂ©lèbres anneaux. Quelques jours après ce premier coup d'Ă©clat, Ă  l'occasion du catastrophique passage de la flamme dans la capitale française, le mĂŞme MĂ©nard a escaladĂ© de nuit la façade sud de Notre-Dame pour y hisser son emblème et le drapeau tibĂ©tain. En fin de semaine, il tiendra une confĂ©rence de presse Ă  Tokyo qui accueillera la torche Ă  son tour puis il devrait se rendre Ă  Nagano pour manifester aux cĂ´tĂ©s de militants japonais.

En quelques mois, RSF, ONG française de 25 salariĂ©s Ă  Paris, avec seulement 5 bureaux Ă  l'Ă©tranger et une dizaine de sections Ă  travers le monde, est devenu la bĂŞte noire du gĂ©ant chinois.

La facilitĂ© avec laquelle l'association spĂ©cialisĂ©e dans la dĂ©fense de la libertĂ© de la presse a pris la tĂŞte de l'opposition aux JO de PĂ©kin a ravivĂ© les rumeurs qui circulent depuis plusieurs annĂ©es sur son compte. Créée en 1985 Ă  Montpellier, elle serait dit-on financĂ©e aujourd'hui par les anticastristes, l'extrĂŞme droite amĂ©ricaine, infiltrĂ©e et manipulĂ©e par les agents de la CIA. Des centaines d'articles lui sont consacrĂ©s sur Internet et le sujet anime nombre de forums de discussion aux relents conspirationnistes et antiamĂ©ricains. Les sources d'information proviennent majoritairement de mĂ©dias cubains. Maxime Vivas, un romancier toulousain, actuellement en villĂ©giature en Chine cela ne s'invente pas , vient de publier un ouvrage chez l'Ă©diteur belge Aden, qui reprend cette thĂ©orie. Mais la dĂ©monstration de celui qui se prĂ©sente comme le «rĂ©fĂ©rent littĂ©raire» du groupe altermondialiste Attac n'est guère concluante. Parmi les dĂ©tracteurs de RSF, on retrouve Ă©galement Thierry Meyssan, l'homme qui prĂ©sente les attentats du 11 Septembre comme un complot interne aux États-Unis et nie le crash d'un avion sur le Pentagone.

Bureau de style et techniques marketing

En rĂ©alitĂ©, RSF perçoit depuis 2005 une subvention de quelque 35 000 euros de la National Endowement for Democracy (NED), association amĂ©ricaine de promotion de la dĂ©mocratie dans le monde. La somme allouĂ©e Ă  Reporters sans frontières est destinĂ©e Ă  l'aide aux journalistes en Afrique. Depuis 2002, le Center for a Free Cuba, fondĂ© par les anticastristes de Miami, lui verse quelque 64 000 euros. Ces deux subventions reprĂ©sentent moins de 2,5 % du budget total de l'association. L'argent des deux fondations amĂ©ricaines n'en a pas moins provoquĂ© des remous chez certains militants de RSF. Les sections allemande et espagnole ont notamment plaidĂ© pour un abandon de ces subsides. «En y renonçant nous donnerions du crĂ©dit Ă  ces calomnies fondĂ©es sur un antiamĂ©ricanisme nausĂ©abond et une sympathie incomprĂ©hensible pour le rĂ©gime castriste. Ce pays arrive juste après la Chine par le nombre de journalistes incarcĂ©rĂ©s dans ses geĂ´les», s'insurge Robert MĂ©nard. «Pourtant nous pouvons vivre très largement sans cet argent…», poursuit-il.

C'est un fait indĂ©niable. RSF dispose d'un confortable budget de près de 4 millions d'euros qu'il finance avant tout par ses activitĂ©s Ă©ditoriales. Si Robert MĂ©nard n'est pas un homme d'argent, ce fils de commerçant a un vrai sens du business. La vente de calendriers et de trois livres de photographie assure près de 60 % de ses revenus annuels. Les albums, gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©s par de grands artistes qui abandonnent leurs droits, sont distribuĂ©s gratuitement par les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) et les kiosquiers. Du coup, les 9,90 euros du produit de la vente de chaque exemplaire vont intĂ©gralement dans les caisses de RSF. Des opĂ©rations spĂ©ciales comme des ventes aux enchères ou la diffusion de produits dĂ©rivĂ©s amĂ©liorent encore l'ordinaire. En 2008, RSF pourra par exemple compter sur la vente des tee-shirts noirs PĂ©kin 2008 avec les menottes en guise d'anneaux. Depuis le dĂ©but de l'annĂ©e, les commandes se sont envolĂ©es et le chiffre d'affaires rĂ©alisĂ© dĂ©passe le million d'euros… Un coup de chance ? Pas vraiment. Ils ont Ă©tĂ© dessinĂ©s par un bureau de style, et les tissus choisis avec soin… Robert MĂ©nard a d'ailleurs dans son Ă©quipe une ancienne de chez Price Waterhouse, rompue aux techniques du marketing, qu'il paye presque aussi bien que lui, soit un peu moins de 5 000 euros.

Les dons d'entreprises et de fondations privĂ©es apportent plus de 20 % des ressources. Sanofi-Aventis est le plus gĂ©nĂ©reux mĂ©cène de l'association. Chaque annĂ©e la direction de la communication du groupe pharmaceutique lui signe un chèque de quelque 400 000 euros. Le PDG de Sanofi, Jean-François Dehecq, a rencontrĂ© Robert MĂ©nard Ă  Montpellier oĂą la firme possède l'un de ses plus importants sites de production. Et lui est restĂ© fidèle.

«Aider près de 1 500 journalistes»

En 2007, François Pinault a fait son entrĂ©e parmi les «amis» de RSF. L'ancien patron de PPR a en effet permis Ă  Robert MĂ©nard d'acquĂ©rir 180 mètres carrĂ©s de bureaux rue Vivienne Ă  Paris, Ă  quelques mètres des Grands Boulevards de la capitale. Outre une aide financière, Pinault a Ă©galement demandĂ© Ă  un de ses conseillers de gĂ©rer l'ensemble de l'opĂ©ration immobilière d'un montant total de 2,5 millions d'euros. RSF peut Ă©galement compter de façon plus ou moins occasionnelle sur le soutien de la Fondation de France, de l'Open Society Institute de George Soros, du Sigrid Rausing Trust ou encore de Benetton. Les subventions publiques comptent pour moins de 10 % du total des recettes, un niveau Ă©quivalent Ă  celui des dons des particuliers. «Les journalistes ne suscitent pas la gĂ©nĂ©rositĂ© du public», explique Fanny Dumont, ancienne responsable des finances de RSF. Ă€ cĂ´tĂ© de ces gĂ©nĂ©reux mĂ©cènes, Robert MĂ©nard s'appuie sur son carnet d'adresses pour relayer ses combats. De la comĂ©dienne Carole Bouquet Ă  Patrick Poivre d'Arvor, Christine Ockrent en passant par le photographe Yann Arthus-Bertrand, les people n'hĂ©sitent jamais Ă  lui venir en aide. StĂ©phane Courbit, fondateur d'Endemol France, va participer Ă  l'augmentation de MĂ©dias, une revue d'analyse dont RSF dĂ©tient 20 % du capital et que dirige Emmanuelle Duverger, l'Ă©pouse de Robert MĂ©nard.

Mais cette exposition permanente a un coĂ»t. En 2007, les opĂ©rations de mobilisation des mĂ©dias ont englouti près de 20 % des dĂ©penses de l'association. Avec l'opĂ©ration PĂ©kin, la note devrait ĂŞtre encore plus salĂ©e en 2008. «Cette visibilitĂ© nous permet d'aider près de 1 500 journalistes chaque annĂ©e et de soutenir financièrement les familles. Personne ne vient m'interviewer lorsque je veux parler des problèmes des journalistes Ă©rythrĂ©ens», justifie Robert MĂ©nard. C'est en effet dans les cortèges des manifestations pour la libĂ©ration d'Ingrid Betancourt, les tractations pour celle des journalistes pris en otages en Irak, Chesnot, Malbrunot et Aubenas, que MĂ©nard a imposĂ© l'image de Reporter sans frontières. Plus que par la diffusion de ses rapports sur l'Ă©tat de la presse dans le monde. Au Qatar, RSF vient de prendre en charge pour le compte de Sheikha Moza, la mère du prince hĂ©ritier, la crĂ©ation d'un Centre international de la presse, entre Villa MĂ©dicis et mĂ©morial de la presse du monde arabe. Une nouvelle diversification pour cette singulière PME de l'humanitaire devenue spĂ©cialiste en Ă©vĂ©nementiel.