Un article caustique de l'excellent Marc-Edouard Nabe, à lire et à relire. Le ton est démentiel et le diagnostic imparable... Délectez-vous.
J'en veux
à ces «Arabes» français (c'est «Arabes» qu'il faut mettre
entre guillemets, pas «français» !) qui pourraient ouvrir leur gueule et qui
la ferment. Plus ces lâches, colonisés dans l'âme au point de se laisser traiter
de «beurs», sont connus, plus ils se
taisent. Ils écoutent sans sourciller — et quelquefois sans moustacher
– leurs patrons répéter que les attentats en Irak et en Palestine sont inspirés
par la haine reliÂgieuse pour l'Occident, que ce sont les Musulmans d'abord
qui en font les frais et en particulier les femmes, et autres conneries démagocratiques...
Les Arabes intégrés sont des esclaves volontaires qui participent à l'entreprise
industrielle de dĂ©sislamisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Moins de Coran et repli identiÂtaire
sur des traditions injustifiées. Voilà pourquoi je les appelle désormais des
Collabeurs.
Les
Arabes, les Français ne les emploient que pour dire du mal de leurs frères.
C'est le seul boulot au fond qu'on daigne leur trouver. Faire de
la propagande contre les Musulmans. Chacun à son niveau y va de sa petite désolidarisation.
Avant, on exploitait les Arabes en leur mettant un marteau-piqueur entre les
mains pour qu'ils défoncent la chaussée. Maintenant, ils doivent eux-mêmes
être les marteaux-piqueurs qui défoncent l'islam véritable. C'est toujours
de la main-d'oeuvre, ni plus ni moins. Quel que soit le statut social auquel
on fait semblant de le laisser accéder, l'Arabe le plus lettré, le plus professoral,
le plus universitaire, se retrouve au service du LaĂŻc.
Non
seulement ils sont collabos, mais ils vantent les mérites de
la collaboration, ils savent très bien que sans ça ils resteraient de
pauvres Arabes humiliés. Ils préfèrent devenir de riches Arabes humiliants.
Et puis. sr «engagement» pour la «Paix» dans ce qu'ils osent encore
appeler la «Palestine» est un gage de plus de leur succès. Plus ils comprendront
Israël, moins Israël les prendra pour des cons. L'essentiel est qu'ils crachent
dans le bouillon du couscous. Alors, ils seront sĂ»rs de contiÂnuer Ă casser
la graine. Les collabeurs ont tous tellement peur de perdre leur place ! Au
moins, qu'ils expliquent pourquoi dire certaines choses les priverait
de leur boulot... MĂŞme pas.
On
l'a bien vu dans l'affaire Dieudonné. Seuls les plus naïfs ont avoué que ce
serait dangereux pour leur carrière de sou-tenir le Camerounais antisioniste.
Le voilà , l'antisémitisme inconscient qui passe aux aveux. Si on pense que
ne pas se démarquer de quelqu'un qui est accusé d'être antisémite est préjudiciable
à son emploi dans le show-biz, c'est qu'on admet que ce show-biz est dirigé
par des gens qui voient de l'antisémitisme partout. Les collabeurs révèlent
sans le vouloir le fond de leur pensée qui n'est autre que le fameux cliché
qu'ils font semblant de pourfendre et qu'ils alimentent par leur autocensure:
ce sont les Juifs qui dirigent le show-business et tout le monde dépend d'eux.
Les requins ricanent. Je suis persuadé que les plus malins des producteurs
préfèrent encore Dieudonné et sa grande gueule aux faux culs qui se désolidarisent
de lui par peur de per ' e leur croûte
Dans
le spectacle, il y en a un paquet de collabeurs à avoir désavoué leur camarade
! Fellag par exemple, le drolatique Kabyle a joué au dernier des chameaux en
reprochant à Dieudonné d'avoir «dépassé la limite». Evidemment, pour lui c'est
facile de faire marrer en racontant des histoires algériennes, bien dégagé
et pas seulement derrière les oreilles, dans de petits spectacles plus tendres
que cruels.
Et
le petit nouveau Tomer Sisley qui estime qu'« on ne peut pas rire de tout».
Lui ne prend aucun risque, il arrive sur scène et d'emblée il dit: «Je suis
juif et arabe.» Il est le seul – avec ceux qui ne sont pas arabes – à trouver
ça drôle. Tout va bien pour lui, qu'est-ce qu'il y a de marrant
? Vrai ou faux, le doute subsiste et il en bénéficie pour faire passer son
mes-sage de «rigolo» qui fait semblant de ne pas comprendre pourquoi il peut
tout dire désormais. A lui on ne reproche pas de faire des sketches pas drôles.
Dans
le genre «intello», il y a aussi Malek Chebel avec sa tête de cocu du Coran
! Il n'arrête pas de dire «merci, merci» aux Occidentaux qui daignent l'accepter
dans leur clan en tant que traître absolu, multipliant les manifestes et les
dicÂtionnaires sur un islam aseptisĂ© et intĂ©grationniste. Chebel se dit «radical
de la modération », un «prof beur» qui est pour la «concorde»! Malek Chebel
qui prône l'« islam des Lumières» ! Bientôt, il va nous dire que la Révolution
franÂçaise Ă©tait avant tout islamique, islamique modĂ©rĂ©e bien sĂ»r. Ce
collabeur se réjouit que des imams soient expulsés et attend que l'État
et les intellectuels se soudent davantage pour combattre les extrémistes de
son pays ! On rĂŞve ! C'est les mille et une saloperies !
Super-collabeurs
également, les commentateurs professionnels des problèmes du Proche-Orient...
Grandes gueules de l'antiterrorisme
! Tous ces spécialistes qui ne voyagent jamais ! «C'est tout
à fait symptomatique de ce qui se passe dans la région», disent-ils. On en
voit tous les jours dans l'émission C
dans l'air,
la bien nommée,
oĂą toujours les mĂŞmes thĂ©oriÂciens du carnage viennent faire du catastrophisme
sans jamais prendre parti. À côté d'une barbouze toujours habillé en Jacquard,
il y a deux anciens des forces libanaises: un à fine moustache très serveur
de soupe, et surtout un autre Ă proverbes avec une gueule de traviole. Sa bouche,
à force de se tordre pour mentir, va finir par passer de l'autre côté de sa
tête et se retrouver sur sa nuque ! Ça lui donne un air dégoûté, mais c'est
lui qui est dégoûtant... Lorsqu'ils ne se gourent pas sur les événements,
ces deux-lĂ noircissent le tableau face Ă un Yves Calvi dont le boulot est
de s'ébahir devant l'actualité et de traduire en langage journalistique leurs
topos erronés ! Gueule-Tordue est d'autant plus «collabeur» qu'il n'est pas
«beur»! Il dit toujours aux Blancs : «excusez-moi», ce qui veut dire: «Pardon,
mes frères arabes.»
Mais
le pire de tous, c'est Mohamed Sifaoui, dĂ©lateur proÂfessionnel, taupe des
occidentalistes, mouchard dans l'âme, infiltreur corrompu qui se fait passer
pour un héros parce qu'il traite Bush, Sharon et Ben Laden de «fascistes»...
Employé du pire journalisme, faux cul absolu, il espionne les imams avec des
caméras cachées. Sifaoui se présente comme enquêteur «au péril de sa vie» et
les médias le reçoivent les larmes aux yeux et les paumes pleines d'applaudissements.
Il faudrait récurer ses casseroles à celui-là aussi, parce qu'il doit en avoir
de belles Ă son cul !
Les
collabeurs sont prêts à tout pour entrer dans le cénacle médiatico-politique,
car ils adorent la politique. Il n'y a pas que Malek Boutih le Tom Pousse-au-crime,
celui que tous les banlieusards appellent «Malek Bounty» (noir dehors et blanc
dedans). Il y a aussi sa «soeur» Loubdna Méliane, l'héroïne de «Ni Putes Ni
Soumises», un titre de film non porno érigé en slogan féministo-laïc. «Ni Putes
Ni Soumises» devait forcé-ment s'associer à SOS Racisme et à Fun
Radio. Ni Putes Ni Soumises ! Quand on s'intéresse un peu à la dénégation on
sait ce que ça veut dire. Ça veut dire putes et soumises bien sûr. Attention,
pas «putes» au sens des Putains, arabes ou pas, qui se prostituent, avec ou
sans mac, pour plein de raisons que les «Ni Putes Ni Soumises» ignorent et
méprisent. Non, pute, au sens de «faire la pute» pour obtenir ce qu'elles veulent.
Les Putes sont des putes comme on est écrivain ou musicien de jazz, mais les
«Ni Putes Ni Soumises» font les putes, nuance.
Ce
mouvement est une insulte aux grandes Putains et aussi l'aveu que ces petites
mijaurées du parti socialiste, en mal de reconnaissance médiatique, sont totalement
soumises, et plus encore, se servent
de quelques exemples de malheureuses filles arabes persécutées par leur
frère ou leur père ignorants pour avoir un bon prĂ©texte de bouffer enfin Ă
tous les râteliers. La petite Méliane elle aussi veut sa part de gâteau. Collabeurette,
elle déteste au fond toute forme de révolte, surtout si celle-ci prend
l'aspect d'un voile. N'est-elle ni intelligente ni courageuse pour comprendre
et dire que la plupart des filles musulmanes le portent non pas par obscurantisme,
mais par signe ostentaÂtoire d'indignation contre la «modernité»
occidentale? Elles se radicalisent par provocation et goût enfantin de la liberté
contre leurs parents adeptes, par intérêt, d'un islam soluble dans la pseudo-démocratie
à l'occidentale : c'est ça la vérité.
Les
«Ni Putes Ni Soumises », il faut voir leur comité de parrainage : les «intellos»
les plus corrompus de ces vingt derÂnières annĂ©es, la brochette de connards
du monde «libre». Loubna Méliane, aussi vicieuse-présidente de SOS Racisme,
c'est la fille des cités, «française avant tout», et qui déteste
qu'on lui rappelle ses origines, mais qui a fait tout son beurre (sans jeu
de mots) sur elles. Elle veut être le nouveau visage souriant de l'intégration
militante ! Elle est surtout médiatisée parce que c'est une «bonne cliente»
depuis le lycée : elle a du bagout, la Méliane !
C'est
le grand truc des collabeurs, ça: la parlotte creuse. Ils enfilent des phrases
longues et «en colère» pour faire croire qu'ils ont quelque chose à dire. Et
quelle putasserie ! Dans le genre grande gueule qui vend bien sa salade, le
petit Rachid Djaïdani tient le pompon. Quel démago culotté ! Ce «bon client»
squatte tout ce qu'il peut comme talk-show, jusqu'Ă gĂŞner les plus
chevronnés médiateux qui ne peuvent pas le foutre à la porte sans risquer de
passer pour anti-beurs. Rachid, qui se veut «écrivain» et non rappeur, balance
sa vibes en free style pour mieux
pleurnicher de n'ĂŞtre pas encore assez vite une vedette du show-biz... Le complexe
des Blancs est tel qu'ils le laissent faire, alors qu'ils pensent
que DjaĂŻdani n'est qu'une petite frappe de plus aux dents longues
et aux couilles pas encore sorties. Parfait beubeur pour donner l'illusion
d'une rĂ©volte arabe Ă des assemblĂ©es d'antiracistes professionÂnels. Son discours
à ses «frères», c'est: «Existez, et la télé vous fera vivre ! »
Joli
programme révolutionnaire ! Ah, ils sont tous écoeurants. Il n'y a guère que
Djamel Bouras peut-ĂŞtre, le judoka chaoui, qui ose un peu l'ouvrir. Et Rachid
Taha qui avait fait jadis une parodie de Douce France de Charles Trenet Ă la
sauce arabe. Lui seul semble avoir bien compris. Quand je l'ai rencontré, il
m'a reconnu comme étant l'écrivain qui était allé en Irak.
«Je ne t'ai pas vu là -bas !» lui ai-je dit. «Les Arabes n'aiment pas
les rebeus... » m'a-t-il répondu, lucide. J'aime bien ce complexe franchement
avoué ! On est loin de Samy Nacéri embrassant Gérard Darmon avant de quitter
le plateau d'Ardisson. Comme il s'était cru obligé, chez le même, de jurer
sur le Coran (avec beaucoup de trémolos) qu'il épouserait sans problèmes une
Juive (séquence coupée)... Et les Cheb Mami, les Khaled, les Faudel... Tous
terrorisĂ©s Ă l'idĂ©e d'ĂŞtre associĂ©s Ă de vrais Arabes. Il faut renÂtrer dans
le lard de tous ces petits cochons !...
Les
Tariq Ramadan, les Mohamed Latrèche gênent les collabeurs car ils mettent en
pĂ©ril leur petit système anti-rĂ©voÂlutionnaire et lucratif de collaboration.
Le mot d'ordre des Arabes modérationnistes après le 11 septembre, c'est «Chut,
surtout ne nous faisons pas remarquer ! » Ils se plaignent ensuite que les
Blancs les considèrent tous plus ou moins comme des terroristes. Plus ils sont
collabos, plus ils grimacent quand on leur rappelle leurs origines, ils mettent
ça sur le dos de la lutte contre le racisme, mais c'est sous le poids de l'arriÂvisme
qu'ils croulent. Regardez d'ailleurs comme ils sont ployés. Toujours
alourdis par leur trahison alors que les autres sont droits.
C'est
en refusant de s'appeler «beurs» que les Arabes se sentiront un peu plus «français
». Malgré ça, ils persistent à se revendiquer «beurs» comme si ça les protégeait
du racisme, et que ça leur donnait le passeport d'être «moins arabes»...
Zidane
est-il le plus grand collabeur ? Pas sûr... Au moins, le footballeur n'est-il
pas dupe de lui-même: «J'ai de beaux yeux, mais faut pas que je parle...» Zinedine
Zidane, le génie abruti ! Il y en a quelques-uns comme ça dans le jazz aussi...
Sa seule subversion, c'est, parmi les
onze, d'ĂŞtre le seul Ă ne pas chanter La Marseillaise pendant que l'hymne
national retentit dans le stade avant le coup d'envoi de chaque match. Est-ce
parce que le Kabyle Zizou aurait honte de chanter faux, ou bien parce qu'il
aurait honte, en chantant, d'être faux?... De toute façon, ça n'arrivera plus.
Zidane vient Ă l'instant de quitter les Bleus pour aller non pas
à Nadjaf, mais à Madrid. C'est déjà ça ! Non, le roi des «collabeurs
», aujourd'hui, tout le monde le connaît : Jamel Debbouze ! Plus qu'une
star, un exemple. L'ascension fulgurante du Maghrébin qui a réussi socialement,
c'est Jamel qui la représente. Et par le rire, le meilleur moyen de ne jamais
faire réfléchir. Et bien sûr le copinage show-biz tel qu'il existait avant
lui, du temps oĂą les Arabes n'avaient pas droit Ă la parole. Ils
croient l'avoir désormais grâce à Jamel, mais la seule parole qu'on
leur permet de lancer à la face du bourgeois «américano-sioniste» (comme dirait
l'autre), c'est celle de l'ironique petit débrouillard d'Agadir ou du ouistiti
d'Ouarzazate qui bondit de vanne en vanne et qui ne se sert surtout
pas de sa puissante notoriété pour dire des choses importantes sur son peuple.
Et qu'on ne me rétorque pas que les Arabes d'Irak ou
de Palestine ne sont pas son peuple !
En
secret, Jamel se sent coupable de ne jamais rien dire. Il
pourrait le faire, lui, dont le cauchemar très kafkaïen est qu'on
tape Ă sa porte un matin et
qu'on lui demande de tout rendre: «C'est
fini, on s'est trompé, c'était pas vous.» Bel aveu !
En effet, ce n'était pas lui le messie de la cause. Il a fait quelques vagues
pour cacher qu'il ne savait pas marcher sur l'eau. Il voulait trop en croquer
et plus il étale son rêve devenu réalité (avec
un arrivisme bon enfant), plus les esclaves qui s'appelÂlent eux-mĂŞmes
«Beurs» se réjouissent à l'idée que ça pour-rait leur arriver à eux
aussi: thunes, bagnoles et gonzesses. Exactement comme les comiques et les
acteurs blancs. C'est ça l'idéal? Devenir
une fripouille de plus, un alibi antiraciste supplémentaire pour les Négriers
du Spectacle !
Jamel
finira comme Coluche par raconter des histoires drĂ´les devant des salles hilares
d'avance. C'est le sort des faux subversifs,
à la base complexés socialement. On ne peut pas faire plus beurement correct.
Devant Dieudonné, la réaction spontanée de
Jamel sur le plateau a été : «T'es
le meilleur !» La reculade c'est pour après, quand il a pris
conscience non pas de l'ignominie du sketch, mais de ses
conséquences. Jamel fait le jeu
des disproportionnistes. Dans tous les magazines ensuite, il multiplie les
propos collabeurationnistes. Par exemple ceux rapportés par le petit
vilain YB qui lui aussi regrette d'avoir défendu Dieudonné dans
son «roman». Jamel: «Même ma mère, elle
m'en a voulu d'embrasser Dieudonné après ce qu'il avait dit.» Ils se foutent
de qui, ces Judas d'Allah ? YB fait la
pub de son livre au second degré parce qu'il n'a pas
eu le succès espéré et Jamel, entre deux léchages
de la couronne du roi du Maroc, renie le seul humoÂriste qui sacrifie sa carrière
de comique pour prendre la défense des Arabes
! On l'attend encore le
duo sur scène de
Jamel
avec Gad Elmaleh – chouchou fuyard – sur le conflit israélo-palestinien ! Jamel
ne s'en sortira pas toujours en ne faisant que le ramadan. Le spectacle
s'intitulera «Les Juifs et les Arabes, ils s'aiment bien ». Ce qui
veut dire, traduit du lacanien : «Ils se haïssent copieusement.»
On
dirait que le seul but des Arabes français, c'est de sur-tout ne pas être considérés
comme des voyous. Pour les colla-beurs, les deux ennemis sont Sarkozy et Ben
Laden. Le premier les pousse Ă devenir des voyous et l'autre les en disÂsuade.
Ils veulent être des gentils garçons qui aiment tout le monde, qui piquent
gentiment les filles, qui ne sont surtout pas fanatiques (sauf du fric), qui
aiment bien les Français, qui supportent le racisme avec le sourire et qui
vont « colpi» en boîte de nuit le samedi soir. Des bons gars ! Finalement ce
qu'ils aiment, c'est la Play Station et l'abbé Pierre. Tout ce qu'il
y a de plus francaoui avec juste une «culture arabe» qui s'est réduite au thé
Ă la menthe et Ă la danse du ventre, et un peu de repentance aussi, sans oublier
un grand amour de la jeunesse...
Jamel
est pour le voile, mais comme c'est dit en déconnant personne ne le lui reproche.
Les bien-pensants du Monde, de Télérama et du Nouvel Observateur y retrouvent
leur compte. Ils essaient de faire le coup du comique politique et social,
le bouffon grave qui dit des vĂ©ritĂ©s avec l'Ă©lĂ©gance de l'arleÂquinade
mais les fourberies de Scapin, on connaît. Grâce à Dieudonné, il avait l'occasion
de devenir vraiment un Arabe subversif. Au lieu de ça, il a reculé, tellement
effrayé à l'idée de retourner à Trappes, de revendre sa Ferrari
noire et de ne pas être à l'affiche d'Astérix 14. Il faut qu'il
donne des gages sinon il est foutu. Jamel ne peut rien dire. Un mot à côté,
et il risque tout.
La
devise de Jamel, la vraie, pas l'officielle anti-lepeniste, anti-riches, anti-flics,
non, sa vraie direction dans la vie, son moteur personnel, c'est la phrase
qu'il marmonne parfois dans sa barbe, pas trop près du micro, et qui résume
bien toute son idéologie: «L'amour de ma mère et la chatte des meufs.»
Pas
de pot, c'est dans le numéro de Paris Match où Saddam était exhibé
comme un singe que Jamel a fait l'ouverture. Le gorille et le macaque. Un numéro
de Paris Match particulière-ment abject. Entre l'édito d'Alain Genestar (Ô
Roger Théron où es-tu?), vantant la «victoire» américaine et une série de photos
dénonçant les massacres de Saddam pour bien l'achever au moment de sa capture,
Jamel Debbouze en plein triomphe ! Que pense-t-il, Jamel, au cabinet en feuilletant
son numéro de Match, où sur une pleine page, on voit un pauvre Irakien abattu
«glorieusement» par les GI à côté de sa photo à lui, l'« acteur
français le mieux payé» ? Ça ne lui gâche pas un peu sa fierté ? C'est à ça
que collaborent le plus les Arabes d'ici, à cette perpétuelle propagande de
dénigrements, de négations, d'insinuations, de désinformations, toujours dans
le même sens du désengagement politique et religieux (donc artistique).
Jamel
présente comme un exploit d'avoir le Coran dans la boîte à gants de sa Ferrari
mais d'autres Arabes l'avaient sur le tableau de bord
d'un Boeing 747. Ça semble ça, le boulot des collabeurs, surtout dissiper l'amalgame.
«Vade retro Al-Qaida!» Ils sont tous à vouloir un islam de France, propre et
digne, anti-terroriste, friqué et cultivé. Désolé, ça ne suffit pas de lancer
une marque de chaussures et d'en savater tous les plaÂteaux de tĂ©lĂ©vision entre
deux gaudrioles, ou de retourner au Maroc pour renforcer encore la politique
culturelle et cinĂ©maÂtographique de ce «grand festival» (base arrière des requins
maghrébo-américains), et lancer au passage des lunettes aux pauvres comme des
bonbons.
Au
fond, Jamel ne s'en remet pas d'avoir été pauvre à Trappes. Mais Trappes n'est
pas la bande de Gaza, et bien qu'il se balade maintenant avec sa bande de gasous
dans les beaux quartiers zazous, il le sait très bien, car il est tout sauf
con, Jamel. Mais il n'est rien d'autre que «pas con ». Car si ne pas être con,
c'est d'accepter de travailler avec des salauds, c'est qu'on est un peu salaud
soi-mĂŞme. Avoir ainsi droit Ă la parole, souvent en direct, dans les meilleures
occasions tĂ©lĂ©viÂsuelles et faire toujours le mĂŞme numĂ©ro de clown perturbaÂteur,
c'est impardonnable. Son père était agent d'entretien, lui aussi finalement.
Jamel est un agent du système d'Enculerie Générale et il a été engagé (à condition
qu'il ferme bien sa gueule en ayant l'air de l'ouvrir) pour entretenir le public,
lui nettoyer la tĂŞte.
C'est
dans le néologisme que Jamel est le meilleur. J'espère qu'il
sait ce qu'il dit quand il fait du Lacan marocain : «Je suis consécramé.» En
effet... Sa déformation de mots, son humour est comme celui de tous ses confrères,
c'est-à -dire une mise en boîte des autres et de lui-même. Il y en a marre de
la mise en boîte. On aimerait bien que les pros de la dérision trouvent autre
chose. Qu'ils sortent de leurs boîtes ! Résurrection ? Mais ils
n'y croient pas assez... Le tchatcheur n° 1 de France sera toujours en banlieue
dans sa tĂŞte. Hamdullilah ! Sa
gloire, c'est de prendre la parole pour dire qu'il y
a trop de cafards dans les cités. Toujours Kafka. Et s'il les métamorphosait
en ce qu'ils sont vraiment, ces cloportes ? En Palestine, il n'y en a pas des
cafards? Qu'il voyage un peu, Jamel. D'ailleurs, je l'ai rencontré
Ă la veille de la guerre en Irak...
C'est
là que je suis tombé dessus l'après-midi, rue du Four. Il y avait Jamel Debbouze
avec ses gardes du corps et Abdel-Kader Aoun aussi... Kader Aoun, c'est le
bras droit de Jamel, si j'ose dire. C'est lui sa conscience politique. Juste
ce qu'il faut, pas trop quand mĂŞme. Il m'aime bien Kader, il me l'a dit. Seulement,
il trouve que je manque de «finesse» (sic!). «Il faut y aller petit à petit,
pas aussi frontalement que toi.» Kader me dit aussi que son idole, c'est Mohamed
Ali. C'est peut-ĂŞtre parce qu'il tremble... Trente ans de retard
! Moi, ce serait plutôt Mohamed Atta. Jamel nous écoute, il porte une espèce
de jaquette rouge en feutrine et une casquette orange. — Toi, tu saignes de
la littérature.
On
est mardi 18 mars 2003. Je sors
de l'agence de voyage avec mon billet pour Damas. Je pars demain et j'ai
mon visa pour l'Irak dans la poche. Je fais comme si ça me venait à l'es-prit,
moi aussi je suis le roi de l'impro. Je dis à Jamel: «Tiens, ça serait une
bonne idée d'aller en Irak ! Tu devrais y aller, au lieu d'être contre la guerre,
tu y vas pendant ! Tu pars avec Zidane. Tous les deux, vous vous installez
à l'hôtel Palestine... Les deux Arabes préférés des Français, ça aurait un
certain effet ! » Le comique hésite: «Bagdad c'est pas con. Mais Zidane il
faudrait d'abord lui greffer un veaucer.» Il ne va quand même pas
me dire qu'il a des galas à honorer comme tous les autres «engagés» du show-biz,
qu'il doit enregistrer avec Juliette Gréco comme Miossec ou bien
que ses petites filles lui ont demandé de ne pas partir à la guerre comme l'a
avouĂ© Francis Lalanne. Ah ! Les enfants utilisĂ©s comme bouÂcliers humains pour
avoir un bon prétexte de ne pas risquer sa peau !... Non, Jamel est libre.
Seulement, il n'est pas trop chaud...
Arborer
un tee-shirt «No War in Irak» dans
le quartier Mabillon lui suffit comme acte de résistance... Alors, qui y va
? Ah non, pas encore bibi ! D'accord. Jamel et Kader me regardent un peu incrédules
mais ils savent bien que j'en suis cap'. Je fais comme si je me décidais
là , à l'instant, devant eux, grâce à eux... Salut les mecs, vous m'avez convaincu,
je pars demain pour Bagdad !
13
août 2004