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Ainsi était le « Che », par Ahmed Ben Bella

Ainsi Ă©tait le « Che Â»

Le 9 octobre 1967, dans une petite salle de l’école de La Higuera (Bolivie), Ernesto Che Guevara, fait prisonnier la veille, Ă©tait assassinĂ©. Celui que Jean-Paul Sartre qualifia d’« ĂŞtre humain le plus complet de notre Ă©poque Â» achevait ainsi une vie de rĂ©volutionnaire qui l’avait conduit, dans l’espoir gĂ©nĂ©reux de soulager les souffrances des pauvres, de l’Argentine au Guatemala, de Cuba au Congo, et finalement Ă  la Bolivie. Le prĂ©sident Ahmed Ben Bella l’a souvent rencontrĂ©, entre 1962 et 1965, Ă  Alger, qui Ă©tait alors une terre d’asile pour tous les anti-impĂ©rialistes du monde.
 

Par Ahmed Ben Bella

 

DEPUIS trente ans, Che Guevara interpelle nos consciences. Par-delĂ  le temps et l’espace, nous entendons l’appel du « Che Â» qui nous somme de rĂ©pondre : oui, seule la rĂ©volution peut parfois faire de l’homme un ĂŞtre de lumière. Cette lumière, nous l’avons vue irradier son corps nu, Ă©tendu quelque part au fond du Nancahuazu, sur ces photos parues dans les journaux des quatre coins du monde, alors que le message de son dernier regard continue de nous atteindre jusqu’au trĂ©fonds de l’âme.

Le « Che Â» Ă©tait un preux, mais un preux conscient, au corps affaibli par l’asthme. Je l’accompagnais parfois sur les hauteurs de ChrĂ©a, au-dessus de la ville de Blida, lorsque je voyais la crise arriver et qu’elle donnait Ă  son visage un teint verdâtre. Qui a lu son Journal de Bolivie (1) sait avec quelle santĂ© dĂ©labrĂ©e il a dĂ» faire face aux terribles Ă©preuves physiques et morales qui ont parsemĂ© son chemin.

Il est impossible de parler du « Che Â» sans parler de Cuba et des relations particulières qui nous unissaient tant son histoire, sa vie, sont liĂ©es Ă  ce pays qui fut sa seconde patrie avant qu’il ne se tourne vers lĂ  oĂą l’appelait la rĂ©volution.

Je fis la connaissance d’Ernesto Che Guevara Ă  la veille de la crise internationale de l’automne 1962 liĂ©e Ă  l’affaire des fusĂ©es et au blocus de Cuba dĂ©crĂ©tĂ© par les Etats-Unis. L’AlgĂ©rie venait d’accĂ©der Ă  l’indĂ©pendance, son premier gouvernement venait d’être constituĂ© et, en tant que chef de ce gouvernement, je devais assister, en ce mois de septembre 1962, Ă  New York, Ă  la session de l’ONU pour la levĂ©e symbolique du drapeau algĂ©rien au-dessus du siège des Nations unies ; cĂ©rĂ©monie qui consacrait la victoire de notre lutte de libĂ©ration nationale et l’entrĂ©e de l’AlgĂ©rie dans le concert des nations libres.

Le bureau politique du FLN avait décidé que ce voyage aux Nations unies devait être suivi d’une visite à Cuba. Plus que d’une visite, il s’agissait surtout d’un acte de foi marquant nos engagements politiques. L’Algérie souhaitait souligner publiquement sa totale solidarité avec la révolution cubaine, particulièrement en ces moments difficiles de son histoire.

InvitĂ© le 15 octobre 1962 au matin Ă  la Maison Blanche, j’eus de franches et chaudes discussions avec le prĂ©sident John Fitzgerald Kennedy Ă  propos de Cuba. A la question directe que je lui posai : « Allez-vous vers une confrontation avec Cuba ? Â», il ne laissa planer aucun doute sur ses intentions rĂ©elles et me rĂ©pondit : « Non, s’il n’existe pas de fusĂ©es soviĂ©tiques ; oui, dans le cas contraire. Â» Kennedy tenta de me dissuader avec insistance de me rendre Ă  Cuba par un vol direct Ă  partir de New York ; allant mĂŞme jusqu’à Ă©voquer l’éventualitĂ© d’une attaque de l’avion des forces aĂ©riennes de Cuba qui devait me transporter par l’opposition cubaine installĂ©e Ă  Miami. A ces menaces Ă  peine voilĂ©es, je lui rĂ©torquai que j’étais un fellaga et que les menaces des harkis algĂ©riens ou cubains ne m’intimidaient pas.

Notre arrivée à Cuba, le 16 octobre, se déroula dans une liesse populaire indescriptible. Le programme prévoyait des discussions politiques au siège du parti à La Havane dès l’arrivée de notre délégation. Mais les choses se déroulèrent tout autrement. A peine nos valises déposées dans le lieu où nous devions séjourner, bousculant le protocole, nous nous mîmes à discuter à bâtons rompus avec Fidel, Che Guevara, Raul Castro et les autres dirigeants qui nous accompagnaient.

Nous restâmes là à parler des heures et des heures durant. Bien entendu, je rapportai aux dirigeants cubains l’impression que m’avait laissée mon entrevue avec le président Kennedy. A la fin de ces débats passionnés, menés autour de tables que nous avions poussées bout à bout, nous nous aperçûmes que nous avions pratiquement épuisé le programme des questions que nous devions étudier et que notre rencontre au siège du parti n’avait plus d’objet. Et, d’un commun accord, nous décidâmes de passer directement au programme des visites que nous devions faire à travers le pays.

Cette anecdote donne une idée des rapports totalement dénués de protocole qui devaient ainsi, et dès le début, être la caractéristique essentielle, la norme des liens unissant la révolution cubaine et la révolution algérienne, et des liens personnels qui m’ont lié à Fidel Castro et à Che Guevara.

Cette solidaritĂ© se confirmera d’une manière spectaculaire lors de la première alerte grave qui menaça la rĂ©volution algĂ©rienne avec l’affaire de Tindouf en octobre 1963. Notre jeune armĂ©e, tout juste sortie d’une lutte de libĂ©ration, qui ne possĂ©dait encore ni couverture aĂ©rienne - puisque nous n’avions pas un seul avion - ni forces mĂ©canisĂ©es, fut attaquĂ©e par les forces armĂ©es marocaines sur le terrain qui lui Ă©tait le plus dĂ©favorable. Elle ne pouvait y utiliser les seules mĂ©thodes qu’elle connaissait et qu’elle avait Ă©prouvĂ©es lors de notre lutte de libĂ©ration : c’est-Ă -dire la guerre de guĂ©rilla.

Le désert et ses vastes étendues dénudées étaient loin des montagnes des Aurès, du Djurdjura, de la presqu’île de Collo ou de Tlemcen qui avaient été son milieu naturel et dont elle connaissait toutes les ressources et tous les secrets. Nos ennemis avaient décidé qu’il fallait briser l’élan de la révolution algérienne avant qu’elle devienne trop forte et entraîne tout sur son passage.

Le prĂ©sident Ă©gyptien Nasser nous dĂ©pĂŞcha très rapidement la couverture aĂ©rienne qui nous faisait dĂ©faut, et Fidel Castro, Che Guevara, Raul Castro et les dirigeants cubains nous envoyèrent un bataillon de vingt-deux blindĂ©s et plusieurs centaines de soldats (2) qui furent dirigĂ©s vers Bedeau, au sud de Sidi Bel Abbès oĂą je leur rendis visite, et qui Ă©taient prĂŞts Ă  entrer en lice si cette guerre des sables s’était poursuivie.

Ces chars possĂ©daient un dispositif infrarouge leur permettant d’intervenir de nuit ; ils avaient Ă©tĂ© livrĂ©s Ă  Cuba par les SoviĂ©tiques Ă  la condition expresse de n’être mis en aucun cas entre les mains de pays tiers, y compris les Etats communistes, comme la Bulgarie. MalgrĂ© ces restrictions de Moscou, et passant par-dessus les tabous, les Cubains n’hĂ©sitèrent pas Ă  envoyer leurs chars au secours de la rĂ©volution algĂ©rienne en danger.

La main des Etats-Unis Ă©tait bien Ă©vidente derrière les Ă©vĂ©nements de Tindouf ; nous savions que les hĂ©licoptères qui transportaient les troupes marocaines Ă©taient pilotĂ©s par des AmĂ©ricains. Ce sont essentiellement les mĂŞmes raisons de solidaritĂ© internationale qui conduiront plus tard les dirigeants cubains Ă  intervenir au-delĂ  de l’ocĂ©an Atlantique, en Angola et ailleurs.

Les circonstances qui présidèrent à l’arrivée de ce bataillon blindé méritent d’être rapportées, car elles illustrent plus que tout autre commentaire la nature de nos rapports privilégiés avec Cuba.

En octobre 1962, lors de ma visite Ă  Cuba, Fidel Castro avait tenu Ă  honorer la promesse que son pays nous avait faite de fournir une aide de 2 milliards d’anciens francs (3). Compte tenu de la situation Ă©conomique de Cuba, elle devait nous ĂŞtre envoyĂ©e, non pas en devises, mais en sucre. MalgrĂ© mon refus, car je considĂ©rais qu’à ce moment Cuba avait encore plus besoin de son sucre que nous, il ne voulut rien entendre.

Environ un an après cette discussion, un navire battant pavillon cubain accosta au port d’Oran. Avec la cargaison de sucre promis, nous eûmes la surprise de trouver deux dizaines de chars et des centaines de soldats cubains accourus à notre secours. C’est sur une feuille arrachée d’un cahier d’écolier que Raul Castro m’envoyait un bref message pour annoncer ce geste de solidarité.

Bien sûr, nous ne pouvions laisser ce bateau repartir vide, aussi nous le remplîmes de produits algériens et, sur le conseil de l’ambassadeur Jorge Serguera, nous y ajoutâmes quelques chevaux barbes. Ainsi commença entre nos deux pays un troc à caractère non commercial, placé sous le sceau de la solidarité et qui, au gré des circonstances (et des contraintes), fut un élément original de nos relations.

CHE GUEVARA Ă©tait particulièrement conscient des restrictions innombrables qui entravent et affaiblissent une vĂ©ritable action rĂ©volutionnaire, de mĂŞme que des limites qui affectent toute expĂ©rience, fĂ»t-elle la plus rĂ©volutionnaire, dès l’instant oĂą elle est confrontĂ©e directement ou indirectement avec les règles implacables de la loi du marchĂ© et de la rationalitĂ© mercantile. Il les dĂ©nonça publiquement lors de la ConfĂ©rence afro-asiatique qui se tint Ă  Alger en fĂ©vrier 1965. En outre, les conditions affligeantes de la conclusion de l’affaire des fusĂ©es installĂ©es Ă  Cuba et l’accord passĂ© entre l’Union soviĂ©tique et les Etats-Unis avaient laissĂ© un goĂ»t d’amertume. J’eus d’ailleurs un Ă©change de propos très durs Ă  ce sujet avec l’ambassadeur soviĂ©tique Ă  Alger. Tout cela conjuguĂ© avec la situation qui prĂ©valait en Afrique laissait espĂ©rer d’immenses potentialitĂ©s rĂ©volutionnaires, et avait conduit le « Che Â» Ă  considĂ©rer que le maillon faible de l’impĂ©rialisme se trouvait sur notre continent et qu’il devait dĂ©sormais y consacrer ses forces.

J’essayais de lui faire remarquer que ce n’était peut- être pas la meilleure façon d’aider à la maturation révolutionnaire qui se développait sur notre continent. Si une révolution armée peut et doit trouver des soutiens étrangers, elle doit cependant créer ses propres ressorts internes sur lesquels s’appuyer. N’empêche, Che Guevara tenait à ce que son engagement fût total et physique. Il se rendit à Cabinda (Angola) et au Congo-Brazzaville à plusieurs reprises.

Il refusa l’avion particulier que je voulais mettre Ă  sa disposition pour assurer une plus grande discrĂ©tion Ă  ses dĂ©placements. J’alertai alors les ambassadeurs d’AlgĂ©rie dans toute la rĂ©gion pour qu’ils se mettent Ă  sa disposition. Je le revis Ă  chacun de ses retours d’Afrique noire et nous passions de longues heures Ă  Ă©changer nos idĂ©es. A chaque fois, il revenait impressionnĂ© par la fabuleuse richesse culturelle du continent, mais peu satisfait de ses rapports avec les partis marxistes des pays qu’il avait visitĂ©s et dont les conceptions l’irritaient. Cette expĂ©rience de Cabinda, conjuguĂ©e avec celle qu’il fera par la suite avec la guĂ©rilla qui se dĂ©roulait dans la rĂ©gion de l’ex-Stanleyville (4), l’avait beaucoup déçu. Parallèlement Ă  l’action du « Che Â», nous menions une autre action pour le sauvetage de la rĂ©volution armĂ©e de l’ouest du ZaĂŻre. En accord avec Nyerere, Nasser, Modibo Keita, N’Krumah, Kenyatta et Sekou TourĂ©, l’AlgĂ©rie apportait sa contribution en envoyant des armes via l’Egypte Ă  travers un vĂ©ritable pont aĂ©rien, tandis que l’Ouganda et le Mali Ă©taient chargĂ©s de fournir des cadres militaires. C’est au Caire, oĂą nous Ă©tions rĂ©unis sur mon initiative, que nous avions conçu ce plan de sauvetage et nous commencions Ă  l’appliquer lorsqu’un appel dĂ©sespĂ©rĂ© nous fut adressĂ© par les dirigeants de la lutte armĂ©e. Malheureusement, malgrĂ© nos efforts, notre action intervint trop tard et cette rĂ©volution fut noyĂ©e dans le sang par les assassins de Patrice Lumumba.

Durant l’un de ses sĂ©jours Ă  Alger, Che Guevara me fit part d’une demande de Fidel. Cuba Ă©tant sous Ă©troite surveillance, rien ne pouvait ĂŞtre sĂ©rieusement organisĂ© en direction de l’AmĂ©rique latine pour acheminer des armes et des cadres militaires qui avaient Ă©tĂ© entraĂ®nĂ©s Ă  Cuba. L’AlgĂ©rie pouvait-elle prendre le relais ? La distance n’était pas un handicap majeur, bien au contraire, elle pouvait jouer en faveur du secret qui conditionnait le succès mĂŞme d’une opĂ©ration de cette importance. Ma rĂ©ponse fut bien sĂ»r un « oui Â» spontanĂ©. Et aussitĂ´t commença la mise en place des structures d’accueil pour les mouvements rĂ©volutionnaires d’AmĂ©rique latine, placĂ©es sous le contrĂ´le direct de Che Guevara. Rapidement, les reprĂ©sentants de tous ces mouvements rĂ©volutionnaires se transportèrent Ă  Alger, oĂą je les rencontrai Ă  maintes reprises en compagnie du « Che Â». Un Ă©tat-major regroupant les mouvements s’établit sur les hauts d’Alger dans une grande villa entourĂ©e de jardins que nous avions, symboliquement, dĂ©cidĂ© de leur attribuer. Cette villa Susini avait Ă©tĂ© un lieu cĂ©lèbre, dont le nom est passĂ© Ă  la postĂ©ritĂ©. Durant la lutte de libĂ©ration nationale, elle avait Ă©tĂ© un centre de torture oĂą de nombreux rĂ©sistants et rĂ©sistantes trouvèrent la mort. Un jour, Che Guevara me dit : « Ahmed, nous venons d’avoir un coup dur, des hommes entraĂ®nĂ©s Ă  la villa Susini se sont fait prendre Ă  la frontière entre tel et tel pays (je n’ai plus souvenance des noms) et je crains qu’ils ne parlent sous la torture. Â» Il s’inquiĂ©tait beaucoup et craignait que le secret du lieu oĂą se prĂ©paraient les actions armĂ©es ne soit Ă©ventĂ© et que nos ennemis ne s’aperçoivent de la vĂ©ritable nature des sociĂ©tĂ©s d’import-export que nous avions implantĂ©es en AmĂ©rique du Sud.

Che Guevara était parti d’Alger lorsque eut lieu le coup d’Etat militaire du 19 juin 1965 contre lequel, d’ailleurs, il m’avait mis en garde. Son départ d’Alger, puis sa mort en Bolivie et ma propre disparition pendant quinze années doivent être étudiés dans le contexte historique qui marqua le reflux ayant suivi la phase des luttes de libération victorieuses. Ce reflux qui sonna le glas, après l’assassinat de Lumumba, des régimes progressistes du tiers-monde et entre autres de ceux de N’Krumah, de Modibo Keita, Soekarno, Nasser, etc.

CETTE date du 9 octobre 1967 inscrite en lettres de feu dans nos mĂ©moires Ă©voque une journĂ©e incommensurablement sombre pour le prisonnier solitaire que j’étais, alors que les radios annonçaient la mort de mon frère et que les ennemis que nous avions combattus ensemble entonnaient leur sinistre chant de victoire. Mais plus nous nous Ă©loignons de cette date, quand s’estompent dans les mĂ©moires les circonstances de la guĂ©rilla qui prit fin ce jour-lĂ  dans le Nancahuazu, plus le souvenir du « Che Â» est prĂ©sent dans l’esprit de ceux qui luttent et qui espèrent. Plus que jamais, il s’insère dans la trame de leur vie quotidienne. Quelque chose du « Che Â» reste attachĂ© Ă  leur coeur, Ă  leur âme, enfoui tel un trĂ©sor dans la partie la plus profonde, la plus secrète et la plus riche de leur ĂŞtre, rĂ©chauffant leur courage, attisant leur Ă©nergie.

Un jour de mai 1972, le silence opaque de ma prison jalousement gardée par des centaines de soldats fut brisé par un grand brouhaha. Ainsi appris-je que, à quelques centaines de mètres seulement, Fidel était là, visitant une ferme modèle toute proche et ignorant sans doute que je me trouvais dans cette maison mauresque isolée sur la colline dont il pouvait apercevoir les toits au-dessus de la cime des arbres. C’est certainement pour les mêmes raisons de discrétion que cette même maison avait été naguère choisie par l’armée colonialiste comme centre de torture.

A ce moment, une foule de souvenirs remonta à mon esprit, une cohorte de visages, tel un film patiné par le temps, défila dans ma tête, et, jamais depuis que nous nous étions quittés, Che Guevara ne fut aussi vivant dans ma mémoire.

En vérité, son souvenir ne nous a jamais quittés, mon épouse et moi. Une grande photo du Che a toujours été épinglée sur les murs de notre prison et son regard a été le témoin de notre vie quotidienne, de nos joies et de nos peines. Mais une autre photo, une petite photo découpée dans un magazine et que j’avais collée sur un carton et protégée d’un plastique nous a toujours accompagnés dans nos pérégrinations. C’est la plus chère à nos yeux. Elle se trouve aujourd’hui à Maghnia, mon village natal, dans la maison de mes vieux parents qui ne sont plus et où nous avions déposé nos plus précieux souvenirs avant de partir en exil. C’est la photo d’Ernesto Che Guevara étendu, torse nu et dont le corps irradie tant de lumière. Tant de lumière et tant d’espoir.

Ahmed Ben Bella.

 

(1) Ernesto Guevara, Le Journal de Bolivie (préface de François Maspero), La Découverte, Paris, 1995.

(2) NDLR : ces soldats Ă©taient placĂ©s sous les ordres du commandant Efigenio Ameijeiras, un vĂ©tĂ©ran du Granma, compagnon de la première heure de Fidel et du « Che Â», et ancien chef de la police rĂ©volutionnaire cubaine.

(3) NDLR : correspondant Ă  20 millions de francs français.

(4) NDLR : actuelle Kisangani, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (ex-ZaĂŻre).


Suite Ă  l’article d’Ahmed Ben Bella, « Ainsi Ă©tait le Che Â» (Le Monde diplomatique, octobre 1997), M. Lucio Lara, dĂ©putĂ© et membre du comitĂ© central du Mouvement populaire pour la libĂ©ration de l’Angola (MPLA), après s’être fĂ©licitĂ© de la publication de ce texte, prĂ©cise :

J’aimerais apporter une petite rectification Ă  l’article de M. Ahmed Ben Bella ,auquel j’ai eu la chance d’être prĂ©sentĂ© par feu Mario Pinto de Andrade, Ă  Alger, alors prĂ©sident du MPLA, lors de la cĂ©lĂ©bration du premier anniversaire de l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie. J’ai Ă©galement eu l’honneur de participer avec feu Agostinho Neto, prĂ©sident du MPLA, Ă  la rencontre que nous avons eue avec Ernesto Che Guevara en janvier 1965 Ă  Brazzaville, oĂą il s’était rendu avec l’ambassadeur de Cuba Ă  Alger, M. Serguera, et les pilotes de l’avion dans lequel il se dĂ©plaçait en Afrique.

A l’occasion de cette rencontre, nous avons prié Che Guevara de demander au Parti communiste cubain de nous envoyer quelques instructeurs, car nous avions déclenché des attaques au Cabinda et nous avions besoin de réussir nos embuscades contre les soldats portugais, notamment pour leur retirer leurs armes. Le Che a prononcé quelques mots d’encouragement, que nous avons retranscrits dans le bulletin du MPLA. Il a aussi manifesté le désir que lui et ses compagnons, l’ambassadeur et les pilotes puissent faire connaissance avec notre maquis.

Nous acceptâmes, et le commandant Iko Carreira fut dĂ©signĂ© par notre prĂ©sident pour accompagner les visiteurs. Mais le Che lui- mĂŞme n’a pas participĂ© Ă  cette visite - dont nous avons conservĂ© des photographies -, contrairement Ă  ce qu’affirme l’article de M. Ben Bella. (...) C’est Ă  tort qu’on a affirmĂ©, Ă  propos des activitĂ©s de Che Guevara en Afrique, qu’il avait Ă©tĂ© dans le maquis de Cabinda.

J’ajoute que le Parti communiste cubain a rĂ©pondu positivement Ă  notre demande d’instructeurs : nous en avons accueilli six, qui nous ont aidĂ©s Ă  amĂ©liorer nos embuscades.

Total va se retirer d'Iran

Le groupe considère qu'il est trop dangereux d'investir dans ce pays, qui connaît de fortes tensions avec Israël.

Total va se retirer d'Iran. Une annonce faite par le groupe pétrolier français au quotidien économique britannique The Financial Times, jeudi 10 juillet. Christophe de Margerie, le P-DG du groupe, estime en effet qu'il est trop dangereux aujourd'hui d'investir dans le pays, qui connaît actuellement de fortes tensions géopolitiques avec Israël: "aujourd'hui, il serait trop risqué pour nous d'investir en Iran parce que les gens se diraient: 'Total est prêt à n'importe quoi pour faire de l'argent'". Le patron s'est montré sévère par ailleurs sur les critiques exprimées par les Etats-Unis sur les investissements de compagnies pétrolières en Iran: "vous retirez deux grands pays -l'Iran et l'Irak- du système et après vous dites qu'il n'y a pas assez de pétrole et de gaz. Quelle surprise!". Lorsque, en octobre 2007, Paris avait invité les sociétés privées à ne plus investir en Iran et en Birmanie, Christophe de Margerie avait déclaré dans Le Monde “qu'aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut décider de façon unilatérale où une compagnie pétrolière peut investir“.

Total se retire du plus grand gisement de gaz au monde

Total, engagé dans des négociations avec l'Iran pour l'exploitation de ses réserves de gaz, devait normalement développer, en partenariat avec le malais Petronas, le champ de South Pars, dont se sont déjà retirés Shell et Repsol, qui ont cependant expliqué qu'ils pourraient revenir à moyen terme. Ce site, considéré comme le plus grand gisement de gaz au monde est partagé entre l'Iran et le Qatar, mais l'exploitation est très en retard du côté de Téhéran par rapport à celle de son voisin. Les multinationales occidentales justifient ce retard par la hausse des coûts d'investissement tandis que des experts du secteur expliquent ces délais par leurs réticences à s'engager dans un pays soumis à des sanctions internationales croissantes du fait de son programme nucléaire.

UAE : Vers plus d'investissements Emiratis?

Par Oualid CHINE

Le ministère de l'Economie des Emirats arabes unis a organisé, le 15 mai 2008, un "Forum tuniso-émirati de partenariat économique", à Madinat Jumeirah, à Dubaï. Un forum qui a eu lieu sous le haut patronage du ministre émirati de l’Economie, M. Sultan Bin Saeed Al Mansouri. Pour une action qui s'inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer les relations commerciales et économiques entre les EAU et la Tunisie. L'événement a réuni d’éminentes personnalités des deux pays, issues du monde des affaires, mais aussi de la politique. Etaient ainsi présents l'ambassadeur de Tunisie aux Émirats Arabes Unis, M. Mohammed El-Sdiri, un responsable auprès du ministère de l’Economie émirati,

La délégation tunisienne était conduite par de hauts responsables de l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) comme MM. Mohammed Al Sahraouis et Lazhar Satta, et des hommes d’affaires comme MM. Adel Boussarsar, Samir Majoul, Chedly Issa. Côté émirati, il y avait M. Salah Salem Bin Omeir Al Shamsi, président de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie FCCI), le président du Conseil de la Chambre de commerce et d'industrie d’Abu Dhabi (ADCCI), M. Otaiba Saeed Ahmed Al Otaiba, ainsi qu’une pléiade d’hommes d’affaires.

"Le Forum de partenariat économique tuniso-émirati est la plus récente initiative visant à renforcer les relations déjà importantes entre nos deux pays, qui se distinguent par leur rapide croissance économique. Les Émirats arabes unis, en fait, restent l’un des plus importants investisseurs en Tunisie», a déclaré le ministre émirati de l’Economie M. Al Mansouri.

"Le ministère de l'Economie a pour but de rehausser le niveau de la coopération dans tous les domaines, selon la stratégie du gouvernement fédéral définie en avril 2007 par le Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis, et gouverneur de Dubaï. Je suis convaincu que les résultats et les bénéfices économiques de nos pays doivent fournir une base pour consolider un partenariat économique qui contribuera à stimuler la réussite des projets de développement dans nos pays respectifs», a-t-il poursuivi.

Selon les données publiées par le ministère de l’Economie des Emirats arabes unis, les investissements émiratis en Tunisie ont dépassé les 20 milliards de dollars au cours des deux dernières années.

M. Al Mansouri a souligné que l'ordre du jour du Forum comprendrait diverses propositions concernant le développement et la coopération bilatérale dans les domaines de l'investissement et de la coopération industrielle. Il a insisté sur la nécessité de profiter des expériences des deux parties pour surmonter les obstacles, et trouver des solutions aux problèmes en suspens, et offrir plus d’opportunités pour favoriser la circulation d’encore plus d'investissements et d'échanges entre les deux pays.

Les deux pays seraient en passe de signer un certain nombre de conventions concernant les échanges économiques, la douane, l'enseignement supérieur, la recherche scientifique et technologique. Un programme particulièrement ambitieux puisque selon certaines sources, les accords de coopération viseraient aussi les domaines culturels et éducatifs, les médias, et même le sport. Un forum a priori des plus encourageants, donc, pour l'économie tunisienne. Les Emiratis vont-ils investir (encore) plus en Tunisie?

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Echecs et scandales : Ehoud Olmert jette l'éponge

Ehoud Olmert jette l'éponge. Cerné par les affaires de corruption, étrillé par la presse et lâché par son parti, le premier ministre israélien renonce au pouvoir. Mercredi 30 juillet, le successeur d'Ariel Sharon a déclaré, dans une brève allocution, qu'il ne participerait pas aux primaires de son parti, Kadima, prévues le 17 septembre, et qu'il démissionnerait dans la foulée de cette consultation afin de permettre à son vainqueur de former un nouveau gouvernement.

Cette annonce attendue depuis plusieurs semaines met probablement un terme à la vie publique de M. Olmert, âgé de 62 ans, mais elle ne résout pas forcément la crise politique en cours. De nombreux analystes estiment que les tensions au sein de Kadima, entre la ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, favorite des militants et son rival, Shaul Mofaz, ministre des transports, pourraient entraîner la convocation d'élections anticipées. L'opposition de droite, emmenée par le Likoud de Benyamin Nétanyahou, en tête dans les sondages, a déjà commencé à faire campagne sur ce thème.




"Dans un Etat démocratique, quand le premier ministre démissionne, la nation doit se choisir un nouveau leader", a déclaré un député du parti russophone Israël Beitenou. De son côté, Tzipi Livni a salué du bout des lèvres le choix de M. Olmert, le qualifiant de "correct". "Kadima doit continuer à agir d'une façon qui préserve son unité et sa capacité à diriger", a-t-elle déclaré.

C'est un financier juif américain aux cheveux blancs, Morris Talanski, qui a déclenché, en mai, le processus qui a abouti au retrait d'Ehoud Olmert. L'ancien maire de Jérusalem, intronisé premier ministre en mars 2006, avait fait preuve jusque-là d'une endurance peu commune. Ni le rapport de la commission Winograd qui a pointé son "échec sévère" dans la conduite de la guerre au Liban durant l'été 2006, ni les enquêtes de la police dans une demi-dizaine de dossiers dans lesquels il est accusé de favoritisme et d'abus de position, ni encore les agissements controversés de deux de ses plus proches collaborateurs, l'avocat Uri Messner et la secrétaire Shula Zaken, n'avaient entamé sa carapace.

COMPTE À REBOURS

Mais le 27 mai, M.Talanski est entendu par la justice. Il explique comment il a versé 150000 dollars sur quinze ans à l'homme qui était alors un "baron" du Likoud. Des enveloppes de cash destinées à financer l'ascension de son poulain… et à régler quelques caprices aussi. Le septuagénaire évoque des boîtes de cigares haut de gamme, des séjours dans des palaces new-yorkais, des billets d'avion classe affaire et même des vacances familiales en Italie pour un montant de 30 000 dollars.

Pots-de-vin ? Infraction Ă  la loi sur les transferts ? Le procureur n'a pour l'instant pas tranchĂ©. Mais pour les commentateurs politiques, la cause est entendue. Ehoud Olmert, le jouisseur sans scrupule, doit partir. Le lancement, quelques jours plus tĂ´t, de nĂ©gociations indirectes avec la Syrie ne lui vaut aucune indulgence. Pas plus que le processus de paix dĂ©jĂ  enlisĂ© avec les Palestiniens.

Du coup, Tzipi Livni s'enhardit. Elle avait hésité après le rapport Winograd, mais elle appelle, cette fois-ci, à la tenue de d'élections primaires. Si Ehoud Olmert ne plie pas, le Parti travailliste quittera la coalition et provoquera de nouvelles élections, dit Ehoud Barak, le ministre de la défense.

Le compte à rebours est alors lancé. Le contre-interrogatoire de Morris Talanski, à la mi-juillet, ne l'arrête pas. D'autant qu'entre-temps, le chef du gouvernement est mis en cause dans une énième affaire qui porte sur un système de double facturation lors de voyages à l'étranger.

Après quelques atermoiements, les dirigeants de Kadima entérinent donc le principe de primaires au sein du parti. Ehoud Olmert, qui avait assuré qu'il ne démissionnerait que s'il était officiellement inculpé, est obligé de se dédire. Parce qu'il n'a aucune chance de battre ses rivaux et parce que sa candidature pourrait fragiliser Kadima vis-à-vis du Likoud, il annonce qu'il ne se présentera pas aux primaires.

Son successeur aura jusqu'au mois de novembre pour former un nouveau gouvernement. Durant cette période, M. Olmert dirigera une équipe de transition, conformément à la législation israélienne.

Les Etats-Unis, tout comme la direction palestinienne, ont pris acte de ce développement sans émotion apparente. Affirmant qu'ils travailleraient avec le nouveau chef du gouvernement, quel qu'il soit, ils ont réaffirmé leur intention d'aboutir à un accord de paix d'ici à la fin de l'année. Dans les faits, il est peu probable que Tzipi Livni, chef de la délégation israélienne, parvienne à une percée dans les négociations. La sauvegarde de l'unité de Kadima et la conduite de sa propre campagne interne devraient occuper l'essentiel de son temps pendant les deux prochains mois.

Benjamin Barthe

L'OM se tourne vers le Maghreb

29/07/2008

L'Olympique de Marseille (L1) va ouvrir une boutique de produits dérivés à Alger en novembre, première étape d'un projet de développement de la marque OM au Maghreb. "Des études ont montré que l'OM était le club européen préféré au Maghreb, devant Barcelone. La décision d'ouvrir cette boutique à Alger correspond à notre souhait d'être présent sur ce marché naturel", explique Corinne Gensollen, directrice des opérations de l'OM, confirmant les informations du quotidien régional La Provence. Le magasin de 150 m2 devrait ouvrir dans le centre d'Alger et sera exploité par la société Massenet qui reversera des royalties à l'OM, comme elle le fait déjà en France pour certains produits dérivés qu'elle distribue. "L'objectif à terme est d'ouvrir d'autres points de vente au Maghreb et en Afrique", poursuit Mme Gensollen, qui table sur un chiffre d'affaires équivalent à 25% de celui d'une boutique OM à Marseille. Les produits dérivés, notamment la vente de 360.000 maillots, ont généré 7 millions d'euros de marge brute pour l'OM lors du dernier exercice. Il y a trois boutiques OM à Marseille, exploitées par des concessionnaires. D'autres devraient ouvrir "dans les prochaines semaines", à Marseille et en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

source: www.lefigaro.fr

Une boutique en Algérie

L'OM et Lyon ne sont pas si opposés que ça. L'OL, septuple champion de France, éprouve toutes les peines du monde à s'imposer sur la scène continentale. De son côté, l'OM a beau être champion de France des produits dérivés, son développement international est quasi nul, comparé aux grands clubs que sont Manchester, Chelsea, Barcelone, le Bayern Munich ou l'AC Milan. "Notre objectif est de se développer dans la France entière. Il reste encore quelques endroits où les supporters n'arrivent pas à trouver des produits labellisés OM. Mais nous visons également l'étranger", explique Corinne Gensollen, la directrice des opérations.

Dès novembre, une boutique officielle ouvrira donc ses portes en Algérie, un pays qui compte des milliers d'inconditionnels de l'OM. "Le lien entre Marseille et Alger est évident et ce marché était naturel. La classe moyenne algérienne est lassée de la contrefaçon et c'est un symbole fort. C'est une première pour un club français", se réjouit pour sa part Sylvain Vachier, le responsable des produits dérivés. Cette ouverture n'est que le début de l'expansion marseillaise qui vise, à terme, un développement en Asie et au Proche et Moyen Orient.



source: www.laprovence.com

Problème pour SOS racisme en Suisse

Privée de subventions, SOS Racisme refuse d'abdiquer

Suite à une crise interne de l'association, Genève n'a pas reconduit son aide en 2008.

Créée en 1995 dans la foulée de l'adoption de la norme pénale antiraciste, ACOR SOS Racisme est aux soins intensifs. L'association ne reçoit tout simplement plus un sou des pouvoirs publics depuis le 1er janvier. Elle a dû licencier il y a quelques semaines son dernier salarié: Karl Grünberg, le secrétaire général. Ce dernier veut encore y croire, alors que le délégué à l'intégration ne ferme pas la porte.

De fait, personne ne pense que la lutte contre le racisme n'a désormais plus d'objet. ACOR, qui est une très petite structure, s'était spécialisée dans la défense des victimes et offrait une permanence téléphonique. Elle cherchait aussi à imposer un large débat sur le racisme et la xénophobie en Suisse.

«Le combat contre le racisme est aujourd'hui quasi une page blanche», commente de son côté André Castella, le délégué à l'intégration du canton de Genève. Celui-ci n'écarte du reste pas l'éventualité de travailler à nouveau avec cette association: «Mon objectif est de réunir tous les acteurs actifs dans la prévention du racisme, y compris SOS Racisme, et d'examiner ce qu'on pourra faire ensemble.»

Mais en ce cas, pourquoi avoir coupé les ailes de cette association? Visiblement, le Conseil d'Etat a estimé l'année dernière qu'il n'en avait plus pour son argent. En clair, la prestation offerte n'était plus suffisante pour justifier une subvention de 100 000 francs par an. Un audit est en cours

L'histoire est en réalité un peu plus complexe. L'association a traversé fin 2006 une très grosse crise interne, provoquée par des désaccords et (déjà) des soucis financiers, qui s'est soldée par le départ de quatre de ses salariés. S'en est suivi un certain laisser-aller dans la présentation du bilan 2006.

Un audit sur le fonctionnement de l'association vient du reste d'être lancé par le Bureau de l'intégration.

Toutefois, selon Karl Grünberg, les difficultés rencontrées par ACOR avec ses subventionneurs ne sauraient se résumer à cela: «La complexité de la lutte contre le racisme et la xénophobie fait qu'elle est expérimentale et peu compréhensible. A l'exception de la norme pénale antiraciste, il n'existe aucun outil juridique sur lequel s'appuyer.»

En résumé, une partie du travail effectué est difficilement quantifiable.

Or, comme l'autorité entend de plus en plus subventionner uniquement des prestations vérifiables, cela pose problème.

Karl Grünberg reste malgré tout optimiste: «Je suis assez confiant car nous partageons avec le Bureau de l'intégration la conviction que la lutte contre le racisme est essentielle.»

Depuis le 15 juillet le vrai Redbull est vendu en France, pourquoi?

Red Bull a fait plier la France mardi 15 juillet 2008 | Le Parisien

Depuis mardi, la boisson énergisante à base de taurine est autorisée dans l'Hexagone.

Rien à boire. Le personnel de l'ambassade de France à Vienne en est encore tout dépité. Le 16 mai, Christine Lagarde a levé le veto français contre Red Bull.

Mais la ministre de l'Economie et le patron de la marque de boisson énergisante, Dietrich Mateschitz, n'ont pas pu trinquer au champagne. Ce jour-là, la capitale autrichienne est paralysée par d'épouvantables embouteillages. Le lieu de la cérémonie a dû être modifié au dernier moment et les bouteilles n'ont pas suivi.

Douze ans que Didi Mateschitz attendait ça : faire plier la France. En 1996, lorsqu'il a voulu y distribuer sa boisson, il savait que ce ne serait pas facile : il avait dĂ» batailler trois ans pour obtenir l'autorisation de la commercialiser en Autriche, cinq ans avant de dĂ©barquer en Allemagne et au Canada. Mais l'Hexagone s'est montrĂ© particulièrement coriace. « Dix fois par an », il envoie des Ă©missaires pour convaincre les autoritĂ©s. A chaque fois, ils rentrent bredouilles. Entre-temps, la marque que les consommateurs de 140 pays s'arrachent, jusqu'Ă  reprĂ©senter 70%dumarchĂ©mondial des boissons Ă©nergisantes, se retrouve traitĂ©e comme un empoisonneur en puissance.

Red Bull a beau bĂ©tonner son dossier, l'Afssa (Agence française de sĂ©curitĂ© sanitaire des aliments) trouve toujours Ă  y redire. Elle soupçonne une « toxicitĂ© rĂ©nale », pointe des « effets neurocomportementaux indĂ©sirables », dĂ©crit une expĂ©rience sur des rats qui, après avoir ingĂ©rĂ© sa boisson Ă  la taurine (un acide aminĂ©), Ă©taient tellement excitĂ©s qu'ils se sont rongĂ© les pattes jusqu'au sang. Des associations familiales, de leur cĂ´tĂ©, s'inquiètent de sa frĂ©quente consommation mĂ©langĂ© avec de la vodka. « Que je sache, fulmine Mateschitz, personne n'est jamais parti en guerre contre le jus d'orange au motif que certaines personnes le boivent avec du Campari ! »

A Fuschl-am-See, près de Salzbourg, dans son siège en forme de volcanperduaumilieu des bois, l'Autrichien Ă©tablit un nouveau plan de bataille. Premier acte : amadouer l'adversaire. En 2007, il dĂ©pose une nouvelle demande d'autorisation. Dans la composition, il remplace la taurine par de l'arginine (un autre acide aminĂ©). Et prĂ©sente sa boisson sous un faux nez : oubliĂ© Red Bull, voici Bullit. Cette fois-ci, les autoritĂ©s françaises ne trouvent rien Ă  y redire. Un terrain d'entente semble trouvĂ©.

« LibertĂ©, Ă©galitĂ©, RedBullitĂ© ! »

Mais en coulisses, ses juristes ont trouvĂ© la faille : passĂ© presque inaperçu Ă  l'Ă©poque, un dĂ©cret du 16 octobre 2006 a changĂ© les règles du jeu. « DĂ©sormais, si l'Etat refuse d'autoriser un produit pour des raisons sanitaires, c'est Ă  lui de prouver sa nocivitĂ© », dĂ©crypte un conseiller de Christine Lagarde. Or, l'Afssa n'a jamais pu produire plus que des « soupçons ».

Après s'ĂŞtre vu notifier une nouvelle interdiction en juillet 2007, Red Bull attaque donc l'Etat français devant le tribunal administratif de Paris. Le rapport de force est inversĂ© : la France risque d'ĂŞtre condamnĂ©e Ă  payer plus de 300 millions d'euros d'indemnitĂ©s. Pour un gouvernement qui se serre la ceinture, une telle amende ferait mauvais genre.

Ultime provocation, Mateschitz donne l'ordre de commercialiser du Bullit... dans des canettes Red Bull. En avril dernier, 150 Mini Cooper bleues et acier surmontĂ©es de canettes gĂ©antes envahissent les rues de Paris. Dietrich Mateschitz ricane : « LibertĂ©, Ă©galitĂ©, RedBullitĂ© ! »

A Bercy, la situation devient urgente. L'audience au tribunal, prĂ©vue en mai, se rapproche. Entre le cabinet de Christine Lagarde et le directeur juridique de Red Bull, les Ă©changes d'e-mails s'intensifient. Dans la nuit du 15 au 16 mai, un accord est trouvĂ©. Bercy lève son veto contre la recette Ă  base de taurine. En Ă©change, Red Bull retire sa plainte et s'engage Ă  inscrire des messages de prĂ©vention sur ses canettes. Officiellement, Dark Dog (Karlsbrau), Burn (Coca-Cola) et les autres marques de boissons Ă©nergisantes sont très zens. Mais Dietrich Mateschitz qui, selon la lĂ©gende, consomme une douzaine de ses canettes chaque jour, est sĂ»r de lui : « Les gens veulent l'original, pas les copies. C'est comme pour les montres : personne ne veut d'une Rolex made in Taiwan ! »

Mathieu Deslandes

Qu'y a-t-il rĂ©ellement dans cette boisson? Encore quelque chose qui va ĂŞtre difficile Ă  gĂ©rer? Comme si on avait pas dĂ©jĂ  du mal Ă  gĂ©rer les gamins, ET les adultes...ça promet. Ce qui m'Ă©tonne dans cet article, c'est que la faille judiciaire permettant de faire entrer cette boisson en France semble avoir Ă©tĂ© trouvĂ©e par la France Ă  moins que c'est moi qui ait mal compris... « DĂ©sormais, si l'Etat refuse d'autoriser un produit pour des raisons sanitaires, c'est Ă  lui de prouver sa nocivitĂ© », dĂ©crypte un conseiller de Christine Lagarde.

L’UOIF et les bonbons halal

L’article « L’UOIF et les bonbons halal » publiĂ© sur le site Al-Kanz dĂ©nonce la contradiction qui existe entre l’avis du Conseil EuropĂ©en de la Fatwa et la position de « Halal Services », organe de certification de l’UOIF, sur la question de la gĂ©latine animale, et conclut ainsi sur une touche ironique : En clair, l’UOIF considère que l’on peut consommer sans gĂŞne un aliment contenant de la gĂ©latine, ou tout autre composant d’origine animale, et, dans le mĂŞme temps, l’UOIF considère qu’il n’existe aucune gĂ©latine halal. Ce paradoxe prĂŞterait Ă  sourire si personne n’avait Ă©tĂ© lĂ©sĂ©e par cette prise de position difficile Ă  comprendre ». Nous estimons qu’il est de notre devoir d’éclaircir le consommateur musulman Ă  ce sujet.

Il existe deux approches du halal : celle du consommateur et celle du producteur. Le consommateur dĂ©pend entièrement des produits qui se trouvent sur le marchĂ© ; son pouvoir d’agir sur la nature des produits qui lui sont offerts est donc très limitĂ© et rĂ©sulte d’un travail de lobbying très complexe. S’il doit Ă©viter tous les produits qui font l’objet de doutes quant Ă  leur licĂ©itĂ©, le poids de la contrainte serait tel que les difficultĂ©s deviendraient insurmontables, surtout lorsqu’il s’agit d’un responsable de famille qui doit subvenir aux besoins variĂ©s de ceux dont il a la charge, et qui consomme des produits qui utilisent ce genre d’ingrĂ©dients de base. Pour tous ces consommateurs musulmans, l’appel Ă  la dĂ©rogation fondĂ©e sur des avis juridiques authentiques est une nĂ©cessitĂ© qui leur permet de se conformer Ă  leur religion sans difficultĂ© ni gĂŞne. L’avis du Conseil EuropĂ©en de la Fatwa fondĂ© sur des recherches sur la gĂ©latine animale est un exemple de dĂ©rogation que nous respectons et dĂ©fendons. C’est lĂ  l’esprit de la religion, et recourir Ă  la dĂ©rogation en cas de difficultĂ© est un fondement de notre jurisprudence (fiqh). Cependant, il convient de rappeler qu’une fatwa ne change pas la règle ni le statut de l’élĂ©ment en question, mais offre seulement un allĂ©gement et une facilitĂ© d’application.

La logique des producteurs du Halal (dont les organismes de certification Halal font partie) et des professionnels de l’agroalimentaire est totalement différente. La fatwa ne les concerne pas et c’est une grave erreur que d’y recourir. Un organisme de certification est tenu de fournir le maximum d’efforts pour exiger des professionnels de l’agroalimentaire de n’utiliser que des ingrédients totalement Halal. Les exigences de rentabilité ne permettent en aucun cas de se prévaloir d’une fatwa destinée aux consommateurs afin de certifier halal des produits contenant des ingrédients à base de gélatine animale qui peuvent être remplacés par d’autres ingrédients tout à fait licites.

Notre objectif est d’éviter de recourir à la fatwa en exigeant du producteur de fabriquer des produits qui satisferont tous les musulmans, y compris ceux qui ne sont pas convaincus par cette fatwa, ou qui, tout simplement, ne souhaitent pas qu’un dérivé de porc, même transformé et juridiquement Halal, fasse partie de leur alimentation et, par la suite de leurs tissus, organes et cellules.

En conclusion, un consommateur musulman a le droit de se baser sur une fatwa pour consommer de la gélatine animale, mais un organisme de certification ne doit certifier que les produits Halal par nature et non pas les produits rendus tel par le truchement d’une fatwa.




Boukhzer El Bachir Président de Halal Services

Algérie : Bac 2008, un très bon cru

Plus de 50% des candidats inscrits ont obtenu leur diplĂ´me

Les rĂ©sultats du baccalaurĂ©at 2008 ont Ă©tĂ© « exceptionnels » en AlgĂ©rie. Cette performance peut ĂŞtre liĂ©e aux rĂ©formes engagĂ©es en 2003 dans l’Education nationale.

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Ingrid Betancourt, un succès médiatico-commercial

La libĂ©ration de madame Betancourt est en soi un fait anecdotique et ne concerne rĂ©ellement que la personne elle-mĂŞme et son entourage. Le reste est pur matraquage mĂ©diatique de la population. Cette histoire n’aurait jamais dĂ» concerner les millions de lobotomisĂ©s tĂ©lĂ©visuels mais exclusivement les gens qui Ă©taient dans la partie : famille, amis, proches politiques. Un roman-feuilletons créé par de vaniteux journalistes.

Il ne s’agit pas des funérailles de Hugo ici, juste d’une épopée médiatico-pseudo-politique, voire simplement mondaine. Un roman-feuilletons créé par de vaniteux journalistes.

Les médias ont pris en otage des millions de personnes qu’ils ont captivées artificiellement avec leurs méthodes habituelles de manipulations des esprits. Après le grand matraquage des masses, ce sera l’adoucisseur larmoyant qui incitera à faire écouler un pavé relatant les six ans de captivité de Betancourt, pavé publié en centaines de milliers, voire en millions d’exemplaires.

Bref, un excellent coup d’édition que les petits Machiavels de la presse devaient préparer depuis longtemps. Sa libération devait être attendue, commercialement parlant, depuis des années. Plus sa captivité durait, plus l’affaire prenait de la valeur. Le vin a bien vieilli depuis six ans, il n’en sera que meilleur en “produit-culturel” star des supermarchés.

Ce sont les médias et les médias seuls qui avec patience et perversité (saupoudrées d’une bonne dose de gravité étudiée) ont fait entrer dans le crâne de qui le voulait bien des vérités unilatérales, uniformes, univoques et racoleuses. Ils ont réussi à faire croire à des millions de gens qui étaient au départ parfaitement étrangers à cette affaire que Madame Betancourt était leur cousine, leur camarade de classe, leur voisine de palier.

Sous prĂ©texte d’humanisme les “crĂ©ateurs d’actualité” ou “dĂ©cideurs d’évĂ©nements” monopolisent un fait, le mĂ©diatisent Ă  l’échelle mondiale pour mieux niveler les sensibilitĂ©s, les opinions et finalement faire converger les vues vers un seul horizon : celui choisi par eux, les mĂ©dias.

Fatalement vendeur.

Aujourd’hui Betancourt, Ă  qui le tour demain de servir de prĂ©texte au “mĂ©dia-marketing” ?

La libĂ©ration de madame Betancourt est un immense soulagement, je ne le conteste pas. Mais uniquement pour les gens concernĂ©s : otages, familles, amis. Pas pour les Marcel Dupont se croyant investis d’une mission dupontesque largement orchestrĂ©e par les mĂ©dias avides de pouvoir, d’actualitĂ©s Ă  leur avantage, de vision du monde Ă  sens unique…

Je n’ai aucune haine, juste une rage saine contre les manitous de la manipulation médiatique qui ont l’art de créer des événements à la mesure de leur intérêts mercantilo-vaniteux.

Je refuse de me faire lobotomiser par un groupe de prĂ©tendus journalistes-humanistes Ă  la solde des marchands de lessive. Madame Betancourt est une invention mĂ©diatique Ă  but lucratif en sens large du terme : faire tourner la machine Ă  “news”.

L’exploitation éhontée de l’affaire Betancourt à l’avantage de faire bêler les populations dociles, de détourner leur attention, de leur faire penser à autre chose qu’à l’essentiel. Les journalistes sont des charognards prêts à toutes les manipulations pour se sentir exister, tirant profit des causes les plus “flatteuses” pour ennoblir la profession à bon compte.

Certains prétendent que c’est l’opinion publique qui a libéré l’otage…

Faux !

Et quand cela serait vrai, est-ce une raison suffisante pour prendre en otage des millions d’esprits Ă  des fins strictement privĂ©es, artificiellement montĂ©es en affaire d’Etat ?

Cette prise d’otage est à l’origine une affaire policière et non politique.

Ce sont les médias qui ont fait de cette histoire une priorité nationale. Ce sont eux qui ont “réquisitionné” l’opinion, créé l’événement à des fins journalistiques. Bref, tout ceci n’est rien qu’une opération médiatique parfaitement arbitraire, savamment ciblée pour servir les intérêts d’une corporation.

Les français dupes, pauvres moutons conditionnés par les médias, se réjouissent de la libération de celle qui il y a six ans encore était une parfaite inconnue…

Vaste mascarade !

On fait pleurer dans les chaumières pour cette histoire mondaine pendant que le clochard du coin n’a droit à aucune attention médiatique, lui qui est pourtant pris en otage économique depuis, 10, 15, 20 ans par la société parfaitement indifférente sur son sort. Evidemment, Dédé Lacloche le SDF du quartier qui fait la manche à la sortie des magasins, c’est moins vendeur, moins romantique, moins à la mode que Ingrid Betancourt, otage de “qualité, faire-valoir de la “pensée de référence” au visage bien photogénique et femme nécessairement “courageuse”.

Bref, Betancourt est un otage tĂ©lĂ©gĂ©nique susceptible d’être reçu avec le tapis rouge. A quand la lĂ©gion d’honneur pour Betancourt ? Les mĂ©dias, pervers, manichĂ©ens, sĂ©lectifs, ont fait insidieusement passer Betancourt pour une hĂ©roĂŻne par le simple fait de son statut d’otage. En six annĂ©es d’habiles manĹ“uvres journalistiques quasi subliminales, le fait est Ă©tabli dans les esprits.

(Que l’on ne se mĂ©prenne pas sur mon discours : il n’est nullement question ici de remettre en cause la lĂ©gitimitĂ© de la libĂ©ration de l’otage mais de dĂ©noncer la prise d’otage mĂ©diatique, subtile celle-lĂ , de millions d’esprits inaptes Ă  la critique pour mieux les instrumentaliser.

Si le but est louable, le procédé est malhonnête, anti démocratique, et même définitivement immoral.

D’ailleurs on prétend fort judicieusement que sans les médias, la captive aurait été libérée plus tôt. L’effet pervers de l’écho médiatique de cette affaire est que plus on parlait de l’otage, plus il prenait de la valeur entre les mains de ses geôliers…)

L’affaire Betancourt est un pur produit médiatique. Qu’on me laisse au moins la liberté de ne pas penser selon les normes de cette “presse émotive”.

On existe en pensant comme un lion. Et surtout pas un âne, encore moins un mouton.

Source : Betancourt-story